Xi Jinping obtient un troisième mandat à la tête du PCC, une situation sans précédent

23 octobre 2022 Mis à jour: 23 octobre 2022
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Le dirigeant chinois Xi Jinping restera au pouvoir pendant cinq années supplémentaires, prolongeant son règne de 10 ans jusqu’en 2028.

Xi Jinping, 69 ans, sera le secrétaire général du Parti communiste chinois (PCC) pour un troisième mandat brisant ainsi la norme de deux mandats établie par ses prédécesseurs.

Le régime chinois a dévoilé sa nouvelle direction le 23 octobre, en nommant Xi Jinping et les six autres membres du Comité permanent du Politburo, la plus haute instance décisionnelle du régime.

Li Qiang, 63 ans, actuellement secrétaire du Parti à Shanghai, occupe la deuxième place au sein du Comité permanent du Politburo. Li Qiang devrait être nommé Premier ministre du régime chinois en mars de l’année prochaine. Il remplacera l’actuel Premier ministre Li Keqiang.

Li Qiang est un proche allié de Xi Jinping. De 2004 à 2007, il était en contact direct avec lui en tant que chef de cabinet du Comité du Parti de la province du Zhejiang. Li Qiang a été promu secrétaire du Parti de Shanghai en 2017. Il s’est illustré cette année en imposant les confinements de Shanghai extrêmement stricts.

Le n°3 est est Zhao Leji, 65 ans, actuellement à la tête de la Commission centrale d’inspection disciplinaire, l’organe anticorruption du régime.

Vient ensuite Wang Huning, 67 ans, théoricien bien connu du Parti, qui entame son deuxième mandat de cinq ans en tant que membre du Comité permanent du Politburo.

Les trois derniers membres du comité sont Cai Qi, 66 ans, l’actuel secrétaire du Parti de Pékin ; Ding Xuexiang, 60 ans, le chef de cabinet de Xi Jinping ; et Li Xi, 66 ans, l’actuel secrétaire du Parti de la province du Guangdong, dans le sud de la Chine.

L’annonce faite dimanche confirmant le nouveau mandat quinquennal de Xi Jinping est loin de créer la surprise. Deux des rivaux politiques d’envergure de Xi Jinping, dont Li Keqiang, le Premier ministre, n’ont pas même réintégré le Comité central de 205 membres.

La sortie du Comité central du Premier ministre Li Keqiang était en revanche tout à fait inattendue, étant donné qu’il n’a que 67 ans – un an de moins que l’âge de la retraite (informel) du Parti. En général, les cadres du régime qui ont 67 ans ou moins au moment d’un Congrès national du Parti peuvent être promus, tandis que ceux qui ont 68 ans ou plus prennent leur retraite. Cette règle informelle est connue sous le nom de « sept en haut, huit en bas ».

Xi Jinping (à dt.) regarde l’ancien chef d’État Hu Jintao (à g.) toucher l’épaule du Premier ministre Li Keqiang (à dt.) alors qu’il quitte la cérémonie de clôture du XXe Congrès du Parti communiste chinois au Grand Hall du Peuple à Pékin, le 22 octobre 2022. (Noel Celis/AFP via Getty Images)

Hu Jintao escorté hors du Congrès

Samedi, le mentor de Li Keqiang, l’ancien secrétaire général du Parti Hu Jintao, a été escorté de manière incongrue hors de la cérémonie de clôture du congrès. Hu Jintao s’est montré confus, réticent. Ne comprenant pas la situation, il a finalement été emmené par des assistants.

Le média chinois Xinhua a ensuite déclaré sur Twitter (inaccessible en Chine), que Hu Jintao avait insisté pour être présent à la session de clôture du XXe Congrès national du Parti malgré des problèmes de santé.

« Il ne se sentait pas bien pendant la session, son personnel, pour sa santé, l’a accompagné dans une salle à côté de l’assemblée pour se reposer. Maintenant, il va beaucoup mieux », a écrit Xinhua sur Twitter.

Mais d’autres voient dans cet incident le signe d’une guerre de pouvoir.

La sénatrice Marsha Blackburn (Parti Républicain‑Tennessee), qui siège à la Commission des Forces armées du Sénat américain, a pris la parole sur Twitter pour dire que Xi Jinping démontrait sa force politique en faisant évacuer Hu Jintao.

« Il est clair que Xi Jinping contrôle le Congrès du Parti et a voulu montrer ses muscles au monde en humiliant Hu Jintao devant la presse étrangère », a écrit la sénatrice.

« C’est dangereux et profondément inquiétant », a écrit le sénateur Ted Cruz (Parti républicain‑Texas) sur Twitter le 23 octobre. Ted Cruz est membre de la Commission des Affaires étrangères du Sénat. « Xi Jinping est en train de consolider son pouvoir et d’éliminer par la force son prédécesseur. Personne ne bronche. La tyrannie ne se termine jamais bien. »

L’avenir de la Chine

L’économie chinoise ne va pas s’améliorer sous Xi Jinping, estime Li Hengqing, expert de la Chine du Washington Institute for Information and Strategy, dans une interview accordée à l’édition chinoise d’Epoch Times.

Selon lui, les données économiques chinoises du troisième trimestre, que Pékin devait initialement publier le 18 octobre mais qui ont été retardées, ne montreront rien de positif.

« Je pense que les données économiques du quatrième trimestre seront encore pires. Les défis économiques vont s’amplifier d’année en année, et l’économie va empirer. »

Selon lui, ce sont les luttes politiques intestines qui ont propulsé Xi Jinping à sa position actuelle. Par conséquent, il prévoit davantage de luttes politiques à l’avenir, ce qui pourrait soumettre la Chine à une nouvelle ère de mouvements politiques massifs.

Kenneth Roth, ancien directeur exécutif de Human Rights Watch, a déclaré sur Twitter que Xi Jinping avait réussi à constituer une équipe qui ne le défiera pas.

« L’homme qui a peur du débat et qui choisit une équipe dirigeante qui ne le contestera pas : Xi Jinping », a écrit Kenneth Roth. « Une formule pour plus de répression et de mauvaise gestion ».

Amnesty International a déclaré que le maintien du règne de Xi Jinping est un désastre pour les droits de l’homme.

« La confirmation du troisième mandat de Xi Jinping est un moment inquiétant non seulement pour les millions de citoyens chinois qui ont subi de graves violations des droits de l’homme sous son règne, mais aussi pour les personnes du monde entier qui ressentent l’impact de la répression du gouvernement chinois », a déclaré Hana Young, directrice régionale adjointe d’Amnesty International, dans un communiqué.

« Les politiques et les pratiques du gouvernement sous la direction de Xi constituent une menace pour les droits non seulement dans le pays, mais aussi dans le monde entier », a poursuivi Hana Young. « De la campagne du gouvernement pour réduire au silence et rapatrier de force les Ouïghours à l’étranger à ses tentatives de redéfinir la signification même des droits de l’homme aux Nations unies, le bras de la répression étatique chinoise s’étend de plus en plus au‑delà des frontières de la Chine. »

« Alors que les militants chinois, les avocats spécialisés dans les droits de l’homme, les journalistes indépendants et les autres défenseurs des droits de l’homme se préparent à subir la même chose, voire pire, la communauté internationale doit redoubler d’efforts pour que les cinq prochaines années soient différentes », a‑t‑elle ajouté.

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