Virus: à Barcelone, réunion de famille face à la mer pour un patient en soins intensifs

6 mars 2021 Mis à jour: 6 mars 2021
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Il est encore intubé sur son lit d’hôpital mais le visage épuisé d’Ibrar Ahmed Iftikhar s’illumine quand ses médecins l’emmènent voir la mer, après 48 jours en soins intensifs à Barcelone

Sur le front de mer, devant la plage, sa famille, qui ne l’a pas vu depuis son admission à l’Hôpital del Mar, le retrouve enfin et lui prodigue caresses et baisers.

Des marques d’affection auxquelles cet homme de 52 ans, qui ne peut émettre de sons en raison d’une trachéotomie, répond par des sourires tendres ou en bougeant ses lèvres pour tenter de sortir des mots.

Son fils Hussnain, 18 ans, le quitte à peine des yeux

Sa femme lui tient constamment la main, son frère et sa sœur lui caressent le visage. Son fils Hussnain, 18 ans, le quitte à peine des yeux et remonte ses draps lorsque se lève une brise marine.

« Je n’avais jamais été séparé aussi longtemps de mon père. Nous nous entendons très bien, nous avons une très bonne connexion et tant de jours sans le voir, sans lui parler ou qu’il me parle, ça a été difficile », confie Hussnain dont le père est arrivé il y a 30 ans à Barcelone du Pakistan.

« Nous attendions l’appel du médecin, 24 heures sur 24, sept jours sur sept, pour qu’il nous donne des nouvelles. Mon père a une très grande famille et nous étions tous en train d’attendre », se souvient-t-il.

Ne pas manquer l’occasion de le voir

Malgré les milliers de kilomètres qui séparent l’Espagne du Pakistan, la famille d’Ibrar Ahmed ne voulait pas manquer l’occasion de le voir.

Connectés par appel vidéo, sa mère, ses sœurs et d’autres membres de sa famille défilent devant lui sur l’écran d’un téléphone, tandis qu’il les salue de la main.

-Une patiente du COVID-19, caresse son chien « Luna » est sortie de l’hôpital et prend l’air au bord de la mer, à Barcelone le 4 mars 2021. Photo de Lluis Gene / AFP via Getty Images.

Sur le front de mer qui, avant la pandémie voyait défiler touristes et jeunes gens en train de s’amuser, le lit médicalisé, entouré de soignants en blouses blanches et vertes, attire l’attention des passants.

Humaniser les séjours en soins intensifs

Cette sortie d’un malade en soins intensifs s’inscrit dans le cadre d’un programme lancé par cet hôpital pour « humaniser » les séjours en soins intensifs et « favoriser le bien-être physique et émotionnel des patients », explique la Dr Judith Marin, du service de soins intensifs.

Pour pouvoir sortir sur le front de mer, le patient doit déjà avoir été testé négatif au Covid-19 et avoir fait des progrès significatifs dans son rétablissement.

-Le personnel médical de l’hôpital Del Mar emmène un patient de l’hôpital pour prendre l’air au bord de la mer, et rencontrer sa famille à Barcelone le 4 mars 2021. Photo de Lluis Gene / AFP via Getty Images.

Et une telle sortie est très surveillée. Le patient reste branché à un respirateur avec un équipement de réanimation d’urgence au pied du lit.

Retrouver physiquement les membres de la famille

Le programme, qui prévoit même à terme l’accès des animaux de compagnie dans l’unité de soins intensifs, a vu le jour avant la pandémie mais cette dernière l’a rendu plus nécessaire que jamais en raison de l’isolement total des patients.

« Il ne s’agit pas seulement de quitter les quatre murs de l’unité de soins intensifs, mais aussi de le faire dans un environnement naturel comme le front de mer et de retrouver physiquement les membres de la famille », résume la médecin.

 

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