Lille: un appareil capable de détecter le cancer broncho-pulmonaire dans l’haleine dévoilé

7 décembre 2022 Mis à jour: 7 décembre 2022
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Il est « comparable à la truffe d’un chien renifleur »: un consortium européen de recherche a dévoilé mardi 6 décembre à Lille un prototype de « nez électronique » devant permettre d’ici « quelques années » de dépister précocement les cancers broncho-pulmonaires en analysant l’haleine des patients.

« Imaginez un nez électronique relié à un téléphone portable: les gens souffleraient dedans » et leur médecin verrait apparaître « un feu vert, signifiant « pas de risque de cancer », ou un feu rouge », signalant la nécessité d’un dépistage par scanner, a résumé le pneumologue Régis Matran, lors d’une conférence de presse au CHU de Lille.

Le « premier prototype » présenté par ce coordinateur scientifique du projet européen « Pathacov » consiste en une machine transparente garnie de capteurs et équipée d’un large « nez » bleu pour recueillir des haleines humaines.

Identifier la signature olfactive des pathologies

« Toutes les cellules humaines libèrent des composés organiques volatils » (COvs), formant des odeurs. « Lorsqu’un organe devient cancéreux, les COVs libérés changent », « on parle alors de la signature moléculaire d’une maladie », a expliqué M. Matran.

À la manière des chiens renifleurs capables de détecter la présence « de cancers du sein comme ceux de l’Institut Curie », l’appareil s’appuie sur des capteurs « développés pour détecter certains COVs », a-t-il détaillé.

Depuis 2018, une équipe pluridisciplinaire a mené une étude sur 750 patients sains et près de 500 patients atteints de cancers broncho-pulmonaires, pour « identifier précisément la signature » olfactive de ces pathologies.

Retardée par l’épidémie de Covid-19, elle livrera ses premiers résultats « début 2023 », constituant « la plus large » étude menée à ce jour au niveau mondial.

Un dépistage « simple, non invasif »

Parallèlement, d’autres scientifiques ont développé et testé le prototype en laboratoire. Le signal, « envoyé vers une base de données à distance », est « analysé grâce à une intelligence artificielle », et « rendu lisible » facilement sur une interface, a détaillé Justin Martin, doctorant à l’Université de Liège.

Si le nez a prouvé son efficacité sur des « haleines artificielles », il doit désormais être testé en milieu hospitalier, sur des patients, a-t-il ajouté.

L’appareil devra également être miniaturisé, pour pouvoir être testé et déployé. « Notre espoir est de fournir des cabinets de médecine générale, notamment », en vue d’un premier dépistage « simple, non invasif » des patients à risque, avant l’apparition de symptômes, a avancé le professeur Arnaud Scherpereel, chef du service de pneumologie-oncologie thoracique au CHU de Lille.

Selon le CHU, l’espérance de vie d’un patient diagnostiqué au stade précoce est de 90% à 5 ans, contre moins de 20% lorsqu’il l’est tardivement.

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