Seine-Saint-Denis : un policier suspendu à titre conservatoire après une bagarre lors d’une interpellation

12 septembre 2019 Mis à jour: 13 septembre 2019
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Sur les réseaux sociaux une vidéo a été diffusée où l’on aperçoit une violente bagarre entre un policier et un autre homme. La préfecture de Police a saisi l’Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN) ce jeudi. Le fonctionnaire a été immédiatement suspendu.

Un fonctionnaire de police a été suspendu au lendemain de la diffusion d’une vidéo sur les réseaux sociaux dans laquelle on le voit frapper à plusieurs reprises un homme lors d’une interpellation à Sevran en Seine-Saint-Denis, a annoncé jeudi soir la Préfecture de police.

Dans un communiqué la Préfecture de police (PP) a annoncé : « Afin d’établir les circonstances exactes de cette interpellation, le préfet de Police Didier Lallement a demandé la saisine administrative de l’Inspection Générale de la Police Nationale et ordonné la suspension immédiate du fonctionnaire de police ».

Les éléments ont également été transmis au parquet de Bobigny « pour appréciation », précise la préfecture de police.

Selon la Préfecture de police, l’altercation a eu lieu « mercredi à 18H25 lorsqu’un équipage de la circonscription de sécurité de proximité d’Aulnay-sous-Bois a procédé à l’interpellation, pour outrage, d’un individu », avenue Youri Gagarine à Sevran.

La vidéo de l’interpellation a suscité l’indignation sur les réseaux sociaux.

On y voit un échange verbal entre un policier et un jeune homme noir avant que le fonctionnaire se jette dans les jambes de l’individu pour le plaquer au sol. Repoussé, le policier revient à la charge à plusieurs reprises en assénant des coups de poing, auxquels l’homme répond également par des coups de poing dans une position de défense.

L’individu est ensuite interpellé après l’intervention d’un policier qui fait usage d’un pistolet à impulsion électrique de type taser.

Sa garde à vue a été levée mercredi soir pour des raisons médicales et il a été hospitalisé, a indiqué le parquet, sans plus de précision.

Suspension du policier par le préfet

D’après Le Parisien, la préfecture de police explique que : « La suspension est toujours demandée, mais elle n’a pas été notifiée au fonctionnaire qui est en arrêt maladie ». Elle précise qu’elle a une valeur « conservatoire », et que « ce n’est pas une sanction ». Il appartiendra donc ensuite au directeur général de la police nationale, et non au préfet, de prononcer ou non la suspension.

Protestation des policiers  contre la suspension « injustifiée »

Mercredi soir, une quinzaine de policiers se sont rassemblés devant le commissariat d’Aulnay-sous-Bois, la ville voisine, a indiqué à l’agence France Presse (AFP) la préfecture de Seine-Saint-Denis. Ils étaient entre 70 et 90, selon Grégory Goupil, secrétaire régional du syndicat Alliance 93.

Ils se sont rassemblés en signe de protestation contre la suspension « injustifiée » du fonctionnaire, a dit M. Goupil. Le policier « a fait son boulot, il a tenté d’interpeller un individu et a été outragé », a-t-il déploré.

« On attend quoi, que ce soit le 50e ? », a-t-il ajouté en référence à la vague exceptionnelle de 49 suicides dans la police depuis le début de l’année.

« Il s’agit, une fois encore, d’une décision scandaleuse et qui démontre l’absence de soutien de l’administration a l’égard de ses fonctionnaires », a également réagi Unité SGP Police 93.

Le 2 octobre une « marche de la colère » doit être organisée à Paris, à l’appel de l’ensemble des syndicats policiers, qui, sur fond de vague de suicides, accroissent la pression sur l’exécutif avant les échéances des retraites et de la loi de programmation.

C’est une « décision incompréhensible », a aussi déclaré à l’AFP Frédéric Lagache, délégué général du syndicat Alliance. « Avant de connaître les faits exacts l’administration agit sur pression de Twitter. Une nouvelle preuve de la déshumanisation du système policier qui amènera une réponse forte dans la rue le 2 octobre. »

L’IGPN (Inspection générale de la police nationale) a été saisie. Elle n’a pas encore rendu ces conclusions. Une source proche de l’enquête met en garde : « Les images peuvent être piégeuses. La grande erreur est de ne pas avoir le contexte global ».

 

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