Un loup a été aperçu pour la première fois dans la Loire – les éleveurs inquiets après des attaques

À travers un communiqué publié le 6 mars dernier, la préfecture de la Loire a officialisé l’arrivée du loup dans le département dans la nuit du 26 au 27 février. Une situation inédite qui inquiète la plupart des éleveurs locaux.

Les analyses de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (Oncfs) sont sans appel : c’est bien un loup solitaire qui a attaqué un mouton sur la commune de Saint-Pierre-de-Bœuf dans la nuit du 26 au 27 février.

Une confirmation dont n’avait visiblement pas besoin Kevin Tijou, propriétaire du premier mouton attaqué :

« J’ai été dresseur animalier dans l’événementiel pendant un an. Je sais distinguer un loup d’un chien. Ce qui me fait parler de loup, ce sont ses pattes plus hautes et les endroits des plaies sur le mouton, qui sont caractéristiques de l’attaque par un loup. »

Alerté par le remue-ménage, cet éleveur a pu observer le loup quelques instants avant que l’animal ne prenne la fuite :

« Le 27 février vers 5 h 30, avant le lever du jour, j’ai entendu mes moutons tourner dans tous les sens autour de la maison. Je suis sorti et, au centre de cette ronde, j’ai vu l’une de mes brebis attaquée par le loup. La bête sauvage, éclairée par ma frontale, m’a jaugé quelques secondes avant de prendre la fuite. Malgré le gel extrême de cette nuit-là, je suis resté dehors jusqu’à 6 h 30, sans que le loup ne revienne. Puis j’ai donné l’alerte aux autorités », a raconté Kevin Tijou au journal Le Progrès.

Quelques jours plus tard, le 12 mars, la préfecture faisait état d’une deuxième attaque à Périgneux, une commune située à une cinquantaine de kilomètres de Saint-Pierre-de-Bœuf. Cette fois-ci, le loup s’est attaqué à un chevreuil. Enfin, une troisième attaque est en cours d’analyse à Malleval, dans le Pilat – un massif montagneux sur les contreforts du Massif central – où une brebis a également été victime d’un raid.

Un coup dur pour les éleveurs

L’arrivée du loup dans le département a été très mal accueillie par les éleveurs ligériens qui appréhendent désormais le retour de leurs bêtes dans les pâtures. Pour l’instant, les troupeaux sont encore dans les étables ou en bergeries, mais d’ici le début du mois d’avril, bon nombre devraient se retrouver dans la nature.

Une situation qui préoccupe particulièrement Benoît Odouard, éleveur de brebis à Saint-Romain-les-Atheux, dans le Pilat :

« Savoir qu’il est là… c’est une remise en question de nos systèmes d’élevage. [… ] Il y a des avortements, des bêtes qui ne font plus d’agneaux dans les mois qui suivent les attaques », a affirmé le jeune homme au cours d’une interview réalisée par nos confrères de France Bleu, avant d’ajouter avec émotion :

« Il y a la valeur marchande d’une bête, mais aussi une valeur affective. »

Un point de vue que partage Christiane Lambert – présidente de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) :

« L’arrivée du loup dans un département c’est très préoccupant pour les éleveurs. […] Les éleveurs sont à cran, très inquiets. Et on ne comprend pas qu’aujourd’hui le loup soit préféré au pastoralisme. Nous militons pour qu’à chaque fois qu’il y a une attaque, on puisse tuer le loup et ainsi le repousser et préserver les troupeaux », a déclaré la responsable à nos confrères de France Bleu.

Pas d’inquiétude à avoir

De son côté, Évence Richard, préfet de la Loire, se veut rassurant :

« Il n’y a pas de raison de s’alarmer, la semaine dernière, certains me disaient qu’ils ne voulaient plus se promener sur les chemins du Pilat. Le loup ne s’attaque pas à l’homme. »

Afin de répondre aux attentes des différents acteurs locaux et de prendre les mesures adaptées, le préfet réunira le comité départemental loup – une instance de concertation et d’information entre administrations, monde politique, agricole et environnemental – le 26 mars prochain.

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