Un fichier de la police ayant fuité révèle que le régime chinois a condamné une femme à six ans et demi de prison pour un SMS

25 juillet 2022 Mis à jour: 25 juillet 2022
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Un fichier provenant d’une base de données de la police chinoise ayant fait l’objet d’une fuite montre que le régime a arrêté et incarcéré une femme de 61 ans pour avoir envoyé un SMS contraire à la propagande du régime.

Bai Gendi est décédée le 15 juin 2017, à 65 ans. Quatre ans et neuf mois auparavant, le document ayant fuité révélait le contenu d’un SMS envoyé par elle.

Dans la dernière période de sa vie, Mme Bai a raconté plusieurs fois à sa famille comment elle avait été torturée et empoisonnée en prison parce qu’elle refusait d’abandonner sa foi ou d’admettre qu’elle était une criminelle. « Ils [les gardiens de prison] veulent que je meure », est la dernière phrase que Mme Bai a dite clairement à ses proches avant de s’éteindre. Le régime, a‑t‑elle signalé, ne voulait pas qu’elle raconte aux gens les faits concernant le Falun Dafa.

Le Falun Dafa, également connu sous le nom de Falun Gong, est une pratique spirituelle associant des enseignements moraux à une série de cinq exercices méditatifs. Les pratiquants suivent les principes de vérité, de compassion et de tolérance. En 1999, le régime chinois a initié une persécution à l’encontre de cette discipline. Elle se poursuit encore aujourd’hui.

Un SMS préservé dans les registres de la police de Shanghai

Fin juin, un lot de données concernant un milliard de ressortissants chinois a été mis en vente sur le dark Web. Toutes ces informations auraient été piratées sur la base de données de la police de Shanghai. Le hacker est disposé à les vendre. Opérant sous le nom de « ChinaDan », il a posté un échantillon contenant 750.000 enregistrements pour attirer les acheteurs.

Bien que l’authenticité de près de 24 téraoctets (24 To) de données n’ait pas été vérifiée et qu’aucun gouvernement n’ait fait de commentaires à ce sujet, plus d’une dizaine de personnes dont l’identité figurait dans l’échantillon ont confirmé l’exactitude des données.

Epoch Times a examiné cet échantillon et a constaté qu’un enregistrement dans l’ « Index des données de dossiers judiciaires » correspond à une affaire qu’Epoch Times a couvert en 2016.

« À 18 h 00 le 10 septembre 2012, le citoyen Xie Zhengkai s’est rendu dans un poste de police et a signalé qu’il avait reçu un SMS sur le Falun Gong qui avait été envoyé par le numéro de téléphone 15921522491 », peut‑on lire dans le dossier judiciaire piraté.

Le registre indique que la police a identifié le numéro de téléphone comme appartenant à Bai Gendi. Quelques heures plus tard, Mme Bai était arrêtée au niveau du tunnel de Chenjiazhai sur le chemin de Longwu dans le district de Xuhui à Shanghai.

Des pratiquants de Falun Dafa font la démonstration des cinq exercices de la pratique lors d’un rassemblement visant à sensibiliser le public à la persécution du Falun Dafa par le Parti communiste chinois, à Santa Monica, en Californie, le 17 juillet 2022. (Debora Cheng/Epoch Times)

« Aucune loi en Chine n’interdit de pratiquer le Falun Dafa. Au contraire, [en réalité] les lois protègent la liberté de croyance et d’expression de la population, ainsi que le soutien du régime », déclare l’ancien juge chinois Wang Chongming, autrefois en poste dans un tribunal à Pékin, pour l’édition en langue chinoise d’Epoch Times le 15 juillet. « Il est légal pour les Chinois de pratiquer le Falun Dafa. Selon la loi, les Chinois ont le droit de promouvoir leurs croyances et de révéler les persécutions qu’ils ont subies en raison de leurs croyances. »

Une arrestation fatale

« Mme Bai a été arrêtée le 10 septembre 2012 et condamnée à la prison le 3 mai 2013 », rapporte Minghui.org, un site Web qui documente la persécution du PCC contre le Falun Dafa. « La famille de Bai Gendi soupçonne que sa mort est due au fait qu’elle a été droguée et torturée en prison. »

Avant que les données piratées ne révèlent son SMS, Mme Bai et son entourage ne savaient pas pourquoi cette dernière avait été arrêtée par la police sur une voie publique. Ils pensaient simplement qu’elle avait été arrêtée et condamnée pour un crime fabriqué de toutes pièces par le tribunal du district de Xuhui, car elle pratiquait le Falun Dafa.

« Mme Bai a été détenue dans une petite cage en fer après son transfert à la prison [des femmes de Shanghai] au milieu de l’année 2013, où elle ne pouvait ni se tenir debout ni s’allonger », relate Minghui.org en citant un codétenu de Mme Bai. « Les gardiens de prison ne l’ont autorisée à porter que des manches courtes et des pantalons courts, alors que nous portions des doudounes en hiver, car elle ne renonçait toujours pas [à sa foi]. »

 

Illustration d’un détenu dans une petite cage en fer, une méthode utilisée par le Parti communiste chinois pour persécuter les pratiquants de Falun Dafa en Chine. (Minghui.org)

Au printemps 2013, Mme Bai a été déplacée dans une cellule de prison ordinaire. Toutefois, les gardiens de prison la torturaient continuellement.

Le 24 août 2016, la prison a informé la famille de Mme Bai qu’elle était tombée d’une chaise et avait perdu connaissance. Lorsque les membres de sa famille sont arrivés à l’hôpital Renmin de Songjiang, ils ont constaté que le crâne de Mme Bai était blessé et que l’entaille saignait. Elle était extrêmement amaigrie et perdait conscience par intermittence.

La famille a remarqué que l’entaille sur la tête de Mme Bai ressemblait plus à une incision chirurgicale qu’à une blessure due à un accident. Les gardiens de la prison n’ont pas pu expliquer l’entaille et ont refusé de montrer la vidéo de surveillance. Peu après, un médecin a annoncé que Mme Bai avait une tumeur aux poumons.

Après sa libération conditionnelle pour raisons médicales, début septembre 2016, Mme Bai a raconté à sa famille tout ce qui s’était passé. La veille de son transfert à l’hôpital, les gardiens ont déplacé tous ses compagnons de cellule dans un autre endroit. Le lendemain matin, elle a pris son petit‑déjeuner seule. Peu après, elle a commencé à avoir des vertiges et s’est évanouie. Lorsqu’elle a repris connaissance le soir même, elle était à l’hôpital.

Selon Mme Bai, les gardiens de prison avaient ajouté un médicament inconnu à la nourriture qu’on lui donnait, début 2016. Elle vomissait après avoir mangé. Réalisant que la nourriture pouvait contenir une sorte de poison, elle refusait de consommer les plats préparés pour elle seule uniquement. Elle ne mangeait que la nourriture que ses compagnons de cellule avalaient également.

Mme Bai a aussi déclaré que les gardiens de prison utilisaient un bâton en bois pour lui frapper fréquemment la tête.

La torture est couramment utilisée sur les pratiquants de Falun Dafa détenus en Chine. Dans la scène représentée sur ce dessin, les policiers frappent la victime. (Minghui.org)

Il semblait à la famille de Mme Bai que cette dernière se rétablissait. Toutefois, le 30 septembre 2016, Mme Bai a eu gravement mal à la tête. Ses maux de tête se sont poursuivis et elle avait du mal à communiquer.

Mme Bai est décédée le 15 juin 2017. Selon ses proches, les agents de la police d’État de Shanghai traînaient autour de sa maison et de l’hôpital lorsqu’elle était en liberté conditionnelle médicale.

Cadre persécutée

Mme Bai était cadre dans un bureau de la société publique China National Offshore Oil Corporation Donghai Company & Caltex. « Elle est optimiste, enthousiaste, gentille, sincère, compréhensive, attentionnée et prévenante. Elle se comportait en bonne personne avec tout le monde », écrit Wang Youqun, chroniqueur et commentateur des affaires chinoises, dans son article d’opinion sur la persécution des pratiquants de Falun Dafa par le PCC à Shanghai le 26 avril.

Mme Bai a eu une vie heureuse après avoir commencé la pratique du Falun Dafa. Cependant, le régime a soudainement interdit la pratique le 20 juillet 1999.

Pour forcer Mme Bai à renoncer à ses croyances, le régime l’a emprisonnée au camp de travail de Shanghai Qingsong ainsi qu’à la prison pour femmes de Shanghai Songjiang, pendant près de 14 ans.

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