Un candidat à la mairie de Toronto reprend les mots de Xi Jinping pour justifier sa candidature

26 octobre 2022 Mis à jour: 26 octobre 2022
FONT BFONT SText size

Un candidat à la mairie de Toronto a déclaré qu’il se présentait parce qu’il voulait « bien raconter l’histoire de la Chine », cette expression, a été introduite par le dirigeant chinois Xi Jinping pour diriger le travail des médias d’État visant à promouvoir les messages du Parti communiste chinois (PCC) dans le monde.

Lors d’une conférence de presse tenue le 3 mai, Tony Luk a annoncé qu’il se présentera aux élections municipales de Toronto, prévues le 24 octobre. Il a également révélé ses motivations pour entrer dans la course.

« Le temps passe vite. L’année dernière, je me suis présenté comme conseiller municipal. C’était il y a moins d’un an. Cette année, je me présente à nouveau, mais pour un poste encore plus élevé : celui de maire de Toronto », a déclaré M. Luk, s’exprimant en chinois mandarin. « Certaines personnes m’ont demandé par curiosité : ‘Pourquoi vous présentez-vous à la mairie ?’ Ma réponse est la suivante : pour bien raconter l’histoire de la Chine, pour exercer l’influence de notre peuple chinois. »

L’expression « bien raconter l’histoire de la Chine » est un des concepts fondamentaux du « travail de propagande externe » du PCC, tel qu’explicité par Xi Jinping en août 2013 dans un discours prononcé lors de la Conférence nationale sur le travail de propagande et d’idéologie, où le chef d’État chinois a exposé sa stratégie concernant l’image internationale de la Chine.

« [Nous] devons mener méticuleusement et correctement la propagande extérieure, innover les méthodes de propagande extérieure, travailler dur pour créer de nouveaux concepts, de nouvelles catégories et de nouvelles expressions qui intègrent le chinois et l’étranger, pour bien raconter l’histoire de la Chine, pour bien communiquer la voix de la Chine », a déclaré Xi Jinping à l’époque.

Xi Jinping, qui vient de s’assurer un troisième mandat sans précédent à la tête de la Chine (un degré de pouvoir inégalé depuis l’époque des premiers dirigeants du PCC, Mao Zedong et Deng Xiaoping) restera au pouvoir pendant encore cinq ans. Lors du XXe Congrès national du PCC, le conclave d’une semaine qui s’est terminé le 22 octobre, Xi Jinping a réitéré la phrase « bien raconter l’histoire de la Chine, bien communiquer la voix de la Chine », ajoutant un autre objectif : « montrer une image crédible, agréable et respectable de la Chine. »

Epoch Times a contacté M. Luk pour une demande de commentaires mais celle-ci est restée sans réponse.

Soutien à la loi sur la sécurité nationale

M. Luk est né à Hong Kong et est arrivé à Toronto en 1974, à l’âge de 16 ans. Le site Web de sa campagne le décrit comme le fondateur et président de CanHome Group, une société de conseil spécialisé sur les questions d’immigration.

En 2021, M. Luk est arrivé en cinquième position à l’élection partielle de Toronto pour le poste de conseiller dans le quartier 22 de Scarborough-Agincourt. Sur le site Web de sa campagne électorale partielle, tonyluk.ca, la description en chinois du parcours de M. Luk indique qu’il occupe des « postes importants » dans plus de 50 associations à travers la Chine. La page mentionne également qu’il a occupé le rôle de représentant de l’étranger à la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC).

La CCPPC est dirigée par un membre de la plus haute autorité décisionnelle de la Chine, le Comité permanent du Politburo du PCC, et définit la stratégie plus large du Front uni de la Chine, qui fournit une orientation au Département du travail du Front uni (DTFU) du Parti. Un rapport de 2018 de la Commission d’examen de l’économie et de la sécurité entre les États-Unis et la Chine détaille les activité du DTFU. Le DTFU est chargé de coordonner les opérations d’influence pour étouffer l’opposition potentielle tant en Chine qu’à l’étranger, indique le rapport.

M. Luk a été « honoré » de servir cinq fois depuis 2013 en tant que représentant à l’étranger de la CCPPC à différents échelons du gouvernement chinois, selon un article de 2019 sur le site Web de The Legends Media, un média en langue chinoise au Canada.

De multiples médias en langue chinoise, y compris les médias d’État chinois, soutiennent M. Luk sur diverses questions, telles que la répression par le PCC du mouvement pro-démocratique de Hong Kong, le différend entre le Canada et la Chine concernant l’arrestation de Meng Wanzhou, la directrice financière de Huawei, ou le boycott diplomatique international des Jeux olympiques d’hiver de 2022 à Pékin.

Selon un rapport publié en mai 2020 par TCN News, un média canadien en langue chinoise, M. Luk, ainsi que trois autres dirigeants de la communauté chinoise, ont exprimé un fort soutien à l’application de la loi sur la sécurité nationale de Pékin à Hong Kong. Cette loi est largement considérée comme une violation de l’accord international qui accordait à l’ancienne colonie britannique une autonomie relative après son retour sous domination chinoise en 1997.

Les trois autres dirigeants de la communauté chinoise étaient Weng Guoning, président de la Confederation of Toronto Chinese Canadian Organizations ; Zhu Jiang, président exécutif du Council of Newcomer Organizations ; et Chen Bingding, président de Chinese Canadians for China’s Reunification (GTA) – une branche torontoise du China Council for the Promotion of Peaceful National Reunification du PCC.

Le 3 juillet 2020, M. Luk a publié une annonce sur le site chinanews.org sous le titre « Célébration chaleureuse du 23e anniversaire du retour de Hong Kong à la mère patrie, soutien ferme à la promulgation de la loi sur la sécurité nationale de Hong Kong ».

Les encouragements

Le 8 décembre 2021, le premier ministre Justin Trudeau a annoncé que le Canada se joignait à ses alliés dans un boycott diplomatique des Jeux olympiques d’hiver de Pékin 2022 en raison des violations des droits de l’homme par la Chine, en n’envoyant aucune représentation diplomatique à l’événement sportif international.

Quelques semaines plus tard, en janvier 2022, M. Luk a organisé un événement pour célébrer le compte à rebours de 20 jours avant les Jeux olympiques d’hiver de Pékin, a rapporté Takungpao.com, un site Web ayant ses sièges principaux à Hong Kong et à Pékin. Il a déclaré à l’époque qu’il allait promouvoir activement les Jeux olympiques d’hiver de Pékin par le biais des médias chinois au Canada, a rapporté Takungpao.

M. Luk a également été président d’un comité qui a célébré en ligne les JO chinois le 20 février 2022. Plus de 130 représentants de la communauté canadienne et des responsables politiques canadiens, des athlètes, des entraîneurs, des professionnels du sport et des représentants d’entreprises se sont joints à la célébration, a rapporté The Legends Media.

« Heureux » de la libération de Meng Wangshou

Les relations entre le Canada et la Chine se sont envenimées après qu’Ottawa a arrêté la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, pour fraude en décembre 2018, à la suite d’une demande d’extradition des États-Unis. Peu de temps après, Pékin a détenu deux citoyens canadiens (Michael Kovrig et Michael Spavor) dans ce qui a largement considéré comme une « diplomatie de l’otage » contre le Canada.

Le 25 septembre 2021, les deux hommes, dits les « deux Michael », ont été libérés et sont rentrés au Canada après avoir passé plus de 1000 jours dans des prisons chinoises. Meng Wangzhou a été libérée un jour plus tôt et autorisée à retourner en Chine après avoir admis son rôle dans la fraude financière et avoir conclu un accord de poursuites différées avec le département de la Justice des États-Unis.

M. Luk a déclaré à Takungpao le 26 septembre 2021 qu’il était « très heureux » d’apprendre que Meng Wangzhou avait été libérée, notant également que les Chinois d’outre-mer au Canada étaient également « très enthousiastes » à propos de la libération et ressentaient « le fort soutien de la mère patrie ».

Soutenez Epoch Times à partir de 1€

Comment pouvez-vous nous aider à vous tenir informés ?

Epoch Times est un média libre et indépendant, ne recevant aucune aide publique et n’appartenant à aucun parti politique ou groupe financier. Depuis notre création, nous faisons face à des attaques déloyales pour faire taire nos informations portant notamment sur les questions de droits de l'homme en Chine. C'est pourquoi, nous comptons sur votre soutien pour défendre notre journalisme indépendant et pour continuer, grâce à vous, à faire connaître la vérité.

Recommandé