Trump sanctionne le chef de Hong Kong et 10 autres fonctionnaires pour subversion de l’indépendance de la ville

Par Cathy He et Eva Hu
8 août 2020 Mis à jour: 8 août 2020
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Le 7 août, l’administration Trump a sanctionné le leader de Hong Kong Carrie Lam et dix autres fonctionnaires de Hong Kong et de Chine pour avoir porté atteinte à l’autonomie et aux libertés de la ville.

Outre Mme Lam, six autres fonctionnaires de Hong Kong ont été sanctionnés, dont les chefs de police de Hong Kong actuels et précédents, ainsi que les secrétaires à la Sécurité et à la Justice de la ville. Quatre fonctionnaires chinois ont également été visés, dont le chef du bureau de liaison, le bureau de représentation de Pékin dans la ville, et le chef d’un bureau du gouvernement central chargé de gérer les affaires de Hong Kong à Pékin.

Les sanctions comprennent un gel de tous les avoirs américains que ces fonctionnaires possèdent et une interdiction à l’ensemble des Américains de faire des affaires avec eux.

Ces mesures ont été imposées en réponse à la mise en œuvre par Pékin d’une loi sur la sécurité nationale pour la ville, qui a conduit à l‘intensification du contrôle autoritaire sur la ville, a déclaré l’administration Trump.

« Cette loi, prétendument promulguée pour ‘sauvegarder’ la sécurité de Hong Kong, est en fait un outil de répression du PCC [Parti communiste chinois] », a déclaré le secrétaire d’État Mike Pompeo dans une déclaration vendredi, ajoutant qu’elle violait la promesse de Pékin de maintenir l’autonomie du territoire lors de son transfert de souveraineté de la Grande-Bretagne à la Chine en 1997.

Au cours du mois qui a suivi l’entrée en vigueur de la loi, le gouvernement de Hong Kong a multiplié les tentatives pour restreindre les libertés de la ville. Les autorités ont reporté d’un an les élections législatives prévues en septembre, en invoquant les craintes de Covid-19, et ont disqualifié 12 candidats pro-démocratie qui avaient remporté des voix lors d’une primaire non officielle.

Les slogans de protestation populaire ont également été interdits.

Le 6 août, le gouvernement a inculpé 24 partisans de la démocratie qui avaient participé à une veillée en mémoire des victimes de la répression brutale par Pékin des manifestations de la place Tiananmen en 1989, les accusant de « participer sciemment à une assemblée non autorisée ». La police avait interdit la veillée cette année en raison de la pandémie, bien que de nombreux Hongkongais se soient quand même présentés au lieu prévu, au mépris des règles.

Un certain nombre de partisans de la démocratie, y compris ceux qui résident en dehors de Hong Kong, ont également été accusés d’avoir violé la nouvelle loi.

M. Pompeo a déclaré que Carrie Lam et six membres de son administration ont été sanctionnés pour leur rôle dans l’élaboration et la mise en œuvre de la loi sur la sécurité nationale, ainsi que pour avoir « contraint, arrêté, détenu ou emprisonné des individus » en vertu de cette loi.

Il a déclaré que des fonctionnaires chinois qui sont les principaux responsables du PCC pour la mise en œuvre des politiques de Hong Kong ont été sanctionnés pour s’être engagés dans des actions qui « menacent la paix, la sécurité, la stabilité ou l’autonomie de Hong Kong ».

Parmi les personnes sanctionnées se trouve Zheng Yanxiong, nommé par Pékin pour diriger un nouveau bureau de sécurité nationale dans la ville. Ce bureau a été créé en vertu de la nouvelle loi et dépend directement de Pékin. Le bureau est exempté de la juridiction du gouvernement de Hong Kong et exerce un contrôle sur l’application de la loi.

Autre cible, Zhang Xiaoming est directeur adjoint du bureau des Affaires de Hong Kong et de Macao, la principale agence de Pékin chargée de gérer les affaires du territoire. Il a défendu à plusieurs reprises la politique de Pékin concernant Hong Kong et la loi sur la sécurité nationale, qu’il appelle les « affaires intérieures » de la Chine.

En annonçant les sanctions, le secrétaire au Trésor Steven T. Mnuchin a déclaré : « Les États-Unis sont aux côtés du peuple de Hong Kong, et nous utiliserons nos outils et nos autorités pour cibler ceux qui sapent son autonomie. »

La police anti-émeute sécurise une zone à l’intérieur d’un centre commercial lors d’un rassemblement à Hong Kong, le 21 juillet 2020. (Anthony Kwan/Getty Images)

Les sanctions ont été mises en œuvre après un décret du président Donald Trump du 16 juillet, qui a mis fin au statut spécial de Hong Kong avec les États-Unis, après que l’administration a jugé que le territoire n’était plus suffisamment autonome par rapport à la Chine continentale. Ce jour-là, Donald Trump a également signé un projet de loi qui sanctionnerait les fonctionnaires et les banques ayant agi pour saper les libertés de la ville.

L’administration Trump a récemment intensifié ses actions pour contrer les menaces de Pékin. En juillet, les États-Unis ont sanctionné plusieurs responsables du Parti communiste chinois pour leur rôle dans les violations des droits de l’homme dans la région du Xinjiang. Le 7 août, M. Trump a publié des décrets pour interdire les transactions américaines avec les propriétaires chinois de TikTok et WeChat, ByteDance et Tencent Holdings, respectivement. L’interdiction prendra effet dans 45 jours.

Les législateurs américains ont salué ces sanctions. Dans une déclaration, le sénateur Marco Rubio (républicain, Floride) a déclaré que C. Lam a « montré au monde à plusieurs reprises qu’elle est un pion volontaire du gouvernement chinois et du Parti communiste plutôt qu’une protectrice de l’autonomie de Hong Kong ».

Gordon Chang, expert de la Chine et auteur de The Coming Collapse of China (l’écroulement imminent de la Chine), a déclaré que ces fonctionnaires ont probablement réorganisé leurs affaires de sorte que les sanctions n’auront pas d’effet pratique sur eux.

Malgré cela, la nature symbolique de cette décision est significative : « Ce que nous avons montré, c’est que les États-Unis vont se tenir aux côtés du peuple de Hong Kong », a-t-il déclaré.

« Pékin déteste absolument cela », a déclaré M. Chang à NTD, une filiale d’Epoch Times, dans une interview le 7 août. « Nous devons nous rappeler que pour les dirigeants communistes, le symbolisme est parfois plus important que la substance, et c’est le cas ici. »

Lors d’une conférence de presse tenue le 31 juillet, Mme Lam a déclaré qu’elle n’avait pas de biens aux États-Unis et qu’elle n’avait pas l’intention de s’y rendre.

Interrogée sur d’éventuelles sanctions contre des fonctionnaires de Hong Kong, Mme Lam a répondu qu’elle « rirait » de l’idée et qu’une telle démarche serait « déraisonnable et illogique ».

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