TikTok interdit les discours haineux à l’encontre des femmes mais pas des hommes

11 avril 2022 Mis à jour: 11 avril 2022
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TikTok est une application particulièrement problématique.

Ce service de réseau social axé sur la vidéo et appartenant à la société chinoise ByteDance recueille les données biométriques de tous ses utilisateurs, y compris les « empreintes faciales » et les « empreintes vocales ».

Si on considère que Tiktok compte désormais plus de 800 millions d’utilisateurs à travers le monde, la collecte de données biométriques devrait être considérée comme une menace sérieuse pour la sécurité mondiale. Les données, voilà la manne d’aujourd’hui. Le Parti communiste chinois (PCC) est occupé à tendre les bras. Il est occupé à créer une base de données biométriques mondiale.

Par ailleurs, tout pousse à croire que l’application est un outil d’espionnage. Le PCC détient des parts dans ByteDance, la société mère de TikTok. L’accord, conclu l’année dernière, a permis au PCC de nommer un des membres du conseil d’administration de ByteDance.

Il est clair que l’application la plus téléchargée au monde est problématique pour de nombreuses raisons. Elle facilite la diffusion de la désinformation et permet à Pékin d’espionner les utilisateurs.

Des membres de la City Youth Organisation manifeste leur soutien au gouvernement indien qui a interdit Tik Tok, à Hyderabad, le 30 juin 2020. – TikTok a nié le 30 juin avoir partagé des informations sur les utilisateurs indiens avec le gouvernement chinois, après que New Delhi a interdit l’application invoquant des problèmes de sécurité nationale et de confidentialité. (Photo par NOAH SEELAM/AFP via Getty Images)

Curieusement, l’application tolère des comptes particulièrement haineux cautionnés par des millions d’abonnés (ce qui ne manque pas d’être inquiétant). Depuis des années, elle permet aux utilisateurs de publier les contenus les plus épouvantables.

Pour y remédier, depuis le mois de février TikTok interdit aux utilisateurs le « deadnaming » et le « mégenrage ». Le deadnaming consiste à désigner une personne transgenre par le nom qu’elle utilisait avant sa transition. Le mégenrage consiste à ne pas désigner la personne par le genre auquel elle s’identifie.

Dans le but de rendre sa plateforme douteuse « plus propre », TikTok a également interdit les messages misogynes, c’est‑à‑dire des commentaires haineux ou préjudiciables aux femmes. Concernant ces changements, l’entreprise a déclaré qu’il s’agissait « de rendre bien clair le type d’idéologies haineuses interdites sur la plateforme ».

Il est intéressant de noter qu’une des idéologies haineuses non interdites est la misandrie, la haine des hommes.

C’est l’auteur Rollo Tomassi qui a remarqué ce point. M. Tomassi s’exprime souvent sur YouTube et Instagram, mais cet écrivain pragmatique évite TikTok.

« On pourrait penser que cette plateforme [TikTok] serait une grande mine d’or, mais c’est plutôt le contraire », estime‑t‑il.

En tant que média, poursuit M. Tomassi, « TikTok est beaucoup trop temporaire et contrôlé, de ce fait ce ne sera jamais qu’une plateforme de divertissement pour les 12 à 29 ans. Aujourd’hui en place, disparu demain. C’est le média des adeptes de la vanité, et la société mère chinoise sait que l’Occidental moyen ne peut y résister. »

TikTok, dit‑il, « est destiné aux enfants et aux adultes qui n’ont jamais dépassé le stade des compétences sociales de l’adolescence. Rien ne représente la génération TL;DR [trop long, je ne l’ai pas lu] comme TikTok. La capacité d’attention de cette génération se mesure par intervalles de 49 secondes. »

La misogynie disparaît, la misandrie reste

Soixante pour cent des utilisateurs de TikTok sont des femmes, un tiers des utilisateurs ont entre 10 et 19 ans.

Comme le note l’auteure Christina Alvarez‑Correa, « il y a beaucoup de mineurs impressionnables qui regardent des contenus obscènes et deviennent insensibles à l’hypersexualisation des femmes ».

À terme, ils risquent de devenir insensibles à la diabolisation des hommes.

Sur TikTok, explique M. Tomassi, les « messages misandres abondent », mais « ce terme est trop compliqué pour tenir dans la vidéo de 59 secondes de l’influenceuse gamine moyenne. Personne n’a le temps pour ça. Les sujets essentiels pour les influenceuses TikTok est la misandrie et les difficultés à avoir un rendez‑vous amoureux avec une autre fille ».

M. Tomassi évoque l’influenceuse Drew Afualo, « catapultée reine de TikTok ». Comment Drew Afualo a‑t‑elle gagné son titre si prestigieux ? En bref, en diffusant du contenu extrêmement haineux totalement axé sur les défauts de la gente masculine.

Qualifier Drew Afualo d’influenceuse, c’est la sous‑estimer. Avec 6,8 millions d’adeptes sur TikTok seulement, ces vidéos, dont la majorité déborde de propos horribles sur les hommes, touchent vraiment un grand public. Voici cette vidéo qui résume parfaitement ce qu’est Drew Afualo (oreilles sensibles s’abstenir).

Il existe donc deux poids deux mesures sur TikTok. Les hommes ne sont pas autorisés à publier de contenu haineux sur les femmes, mais la réciproque n’est pas vraie. Les femmes peuvent le faire et en tirer profit. Pourquoi ?

Drew Afualo, qui avoue être une féministe radicale de gauche, assimile la calvitie masculine à la misogynie. Imaginons qu’un homme publie une vidéo assimilant la perte de cheveux chez les femmes à la misandrie. Serait‑il autorisé à poster son message TikTok ? Non, bien sûr que non. Aujourd’hui, avec les appels à une plus grande égalité ne devrions‑nous pas être traités de la même manière ?

Après tout, le fait que Drew Afualo soit autorisée à diffuser des contenus aussi nuisibles ne devrait pas être une grande surprise. Pour ceux qui se demandent encore s’il est normal de traiter les hommes d’ordures, il semble que la réponse soit oui.

Pour certains, l’ascension des féministes sur TikTok est formidable. Qu’en est‑il en vérité ?

Comme l’explique Mme Alvarez‑Correa, le féminisme de la quatrième vague, qui se concentre sur la lutte contre la « virilité toxique » (un terme absurde destiné à faire frémir plutôt qu’à informer), « explore les méthodes visant à donner du pouvoir aux femmes via des outils numériques qui permettent de toucher la société et le monde politique ».

Elle ajoute que cette appropriation radicale de soi « mène la culture pop à normaliser un contenu que beaucoup considéreraient comme obscène, offensant et même relevant de la catégorie de la pornographie douce. »

Finalement, elle s’interroge : « Dans cette société féministe postmoderne TikTok propulse‑t‑il le mouvement féministe dans un état progressiste ou régressif ? » Bien des penseurs répondent par la négative sans la moindre hésitation. Les messages de Drew Afualo, chargés de jurons, ne sont qu’un exemple parmi tant d’autres de cette régression.

À l’heure de la mise sous presse, les représentants de TikTok n’ont pas répondu à une demande de commentaires sur cette situation.

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Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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