Sommet de l’OTAN: l’Occident doit contrer l’alliance sino-russe

Le Royaume-Uni et l'Australie s'expriment sur la Russie et la Chine
1 juillet 2022 Mis à jour: 1 juillet 2022
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Lors du récent sommet de l’OTAN, les dirigeants du Royaume-Uni et de l’Australie ont averti que l’Occident risque de voir la Chine et la Russie continuer à mettre à l’épreuve l’ordre international établi.

Ces propos interviennent alors que l’OTAN a publié une déclaration indiquant qu’elle inclura la Chine dans son nouveau concept stratégique après avoir constaté que ce pays cherchait « à saper l’ordre international fondé sur des règles ».

Soulignant la nature critique du conflit ukrainien pour le maintien de la paix dans le monde entier, le Premier ministre australien Anthony Albanese et la ministre britannique des Affaires étrangères Liz Truss ont noté que ce qui se passe en Europe pourrait facilement être reproduit dans la région Asie-Pacifique.

« L’Australie comprend très bien que ce qui se joue là-bas a des conséquences sur notre propre parcours. Si un État autoritaire peut attaquer un État national souverain et chercher à imposer sa volonté par une force militaire brutale, cela a des conséquences pour toute la région », a déclaré Anthony Albanese lors du forum public tenu en marge du sommet.

Le Premier ministre australien a dit croire que la Chine est intrinsèquement liée au conflit ukrainien, que la Russie utilisait son « partenariat sans limites » avec la Chine pour étayer ses plans d’invasion.

(De g. à dr.) Le Premier ministre australien Anthony Albanese, le Premier ministre japonais Fumio Kishida, le secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg, la Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern et le président sud-coréen Yoon Suk-yeol posent pour une photo de groupe lors du sommet de l’OTAN au centre de congrès Ifema à Madrid, le 29 juin 2022. (Pierre-Philippe Marcou/AFP via Getty Images)

« Alors que les forces russes étaient mobilisées aux frontières, au moment où les Jeux olympiques se déroulaient, on a vu le partenariat sans limites être signé entre la Russie et la Chine – cela faisait partie du processus menant à l’invasion russe. Je pense que cela montre à quel point la Chine et la Russie étaient interconnectées », a-t-il martelé.

En fait, le dirigeant et chef du Parti communiste chinois Xi Jinping et le président russe, Vladimir Poutine, se sont rencontrés le 4 février, le jour de l’ouverture des Jeux olympiques de Pékin. L’occasion a été marquée par une longue « déclaration commune » dans laquelle les deux pays ont annoncé un partenariat « sans limites », dans lequel il n’y a « aucun domaine de coopération prohibé ». Moins de trois semaines après cette rencontre, juste après la clôture des JO, la Russie a lancé son offensive contre l’Ukraine.

« La Chine cherche à devenir la nation la plus puissante du monde. C’est ce que nous voyons se dérouler.

« Tout comme la Russie cherche à recréer une sorte d’empire russe ou soviétique, le régime chinois cherche des amis, que ce soit en Russie ou dans la région [indo-pasifique], par le biais d’un soutien financier et économique en vue de bâtir des alliances et saper ce qui a été historiquement l’alliance occidentale dans le Pacifique », a précisé M. Albanese.

L’État-parti chinois pourrait faire un mauvais calcul stratégique

Faisant écho aux commentaires du Premier ministre australien, la ministre britannique des Affaires étrangères Liz Truss a déclaré que le conflit ukrainien représentait une menace pour la paix mondiale. Elle a également souligné que l’Occident devait vaincre la Russie pour envoyer un message à Pékin.

« Mon message très ferme est que nous devons vaincre la Russie d’abord et négocier ensuite, et je suis tout à fait d’accord avec le Premier ministre australien sur le fait que nous devons réfléchir très soigneusement aux messages que nous envoyons au président Xi. Nous avons constaté une collaboration accrue entre la Russie et la Chine, et nous savons que la Chine nous surveille de près, qu’elle développe sa capacité militaire et qu’elle étend son influence mondiale », a-t-elle expliqué.

Liz Truss, la ministre britannique des Affaires étrangères, arrive pour une réunion du cabinet au numéro 10 de Downing Street à Londres, le 25 janvier 2022. (Daniel Leal/AFP via Getty Images)

« Je pense effectivement qu’avec la Chine qui étend son influence par la coercition économique et qui crée une armée puissante, il y a un risque réel qu’ils aient une mauvaise idée, ce qui entraînerait une erreur de calcul catastrophique, comme l’invasion de Taïwan. Et c’est exactement ce que nous avons vu dans le cas de l’Ukraine comme une erreur de calcul stratégique de Poutine. »

Mme Truss s’est également exprimée sur le sujet de l’aide à la défense de Taïwan, affirmant qu’il était « très important que le monde libre travaille ensemble pour aider à garantir que Taïwan soit capable de se défendre ».

Elle a noté que le Royaume-Uni œuvrait pour assurer que Taïwan ait une participation significative dans les organisations internationales et que son pays ait des liens économiques forts avec Taïwan.

« Il ne s’agit pas seulement de sécurité au sens strict », a laissé entendre Liz Truss. « Il s’agit également de sécurité économique. Je pense que la leçon que nous avons tirée de la crise ukrainienne est que la dépendance accrue de l’Europe à l’égard du pétrole et du gaz russes a contribué à ce que la Russie se sente autorisée à envahir l’Ukraine, elle savait qu’il serait très difficile pour l’Europe de réagir. »

La ministre des Affaires étrangères a appelé les membres de l’alliance à se rendre compte également du fait qu’il ne fallait pas devenir stratégiquement dépendants de la Chine, mais qu’il fallait aussi s’assurer que les pays démocratiques du monde entier ont des alternatives à la Chine.

« Je pense que nous devons aussi apprendre de cette leçon et, concernant la Chine, ne pas devenir stratégiquement dépendants de la Chine – s’assurer que nous avons des alternatives solides. Pas seulement que le monde libre ait des alternatives solides, mais également ses alliés comme les îles du Pacifique, dont le Premier ministre [australien] a parlé. Les alliés en Asie du Sud-Est, les alliés en Afrique et dans les Caraïbes doivent aussi avoir des alternatives aux investissements économiques de la Chine. »

La coercition économique et l’intimidation diplomatique de Pékin

Les commentaires d’Anthony Albanese et de Liz Truss interviennent alors que la Chine a soumis l’Australie à une coercition économique par le biais de sanctions commerciales imposées sur son blé, son vin, son orge, son charbon, ses fruits de mer, son miel, son bois et ses produits carnés. Elle a également dressé une liste de 14 réclamations qui, selon Pékin, devraient être réglées avant que les relations diplomatiques sino-australiennes puissent être normalisées.

Après que l’Australie a repoussé les exigences de Pékin, le nouvel ambassadeur de Chine à Canberra a laissé entendre que l’Australie faisait les frais du mécontentement de Pékin pour avoir interdit au géant de télécommunications d’État chinois Huawei d’accéder au réseau 5G australien – et ce, pour des raisons de sécurité, ainsi que pour avoir demandé une enquête sur les origines de la pandémie du Covid-19.

L’Australie n’est pas le seul pays à s’attirer l’ire du régime chinois. Mme Truss a noté, lors du forum, que Pékin commençait à faire également pression sur des pays hors de la région Asie-Pacifique, comme le Royaume-Uni, ainsi que sur des organisations internationales comme l’OTAN.

« Il est certainement très inquiétant que la Chine fasse aujourd’hui des déclarations sur l’OTAN ; elle fait aussi des déclarations sur la souveraineté des îles Malouines », a-t-elle constaté.

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