Vous vous sentez seul ? Vous n’êtes pas le seul

24 décembre 2019 Mis à jour: 22 avril 2021
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Dans Millennials and the Loneliness Epidemic (littéralement, la génération Y et la solitude de plus en plus répandue), Neil Howe, un collaborateur de Forbes, rapporte que des dizaines de millions de personnes souffrent de cette maladie, et pas seulement la génération Y des pays comme les États-Unis, la France et l’Angleterre. Au Japon, l’auteur nous dit que plus d’un demi-million de personnes ne quittent pas leur maison ou n’interagissent pas avec les autres pendant une période de six mois d’affilée. Dans un sondage de 2016, 42 % des Britanniques de sexe féminin de la génération Y ont dit être plus terrifiées par la possibilité de la solitude que par un diagnostic de cancer.

Les explications de ce sentiment accru d’isolement abondent. Dans son excellent article « Alone : The Decline of the Family Has Unleashed an Epidemic of Loneliness » (être seul : la décroissance de la famille a déclenché une épidémie de solitude), Kay Hymowitz souligne que la baisse du taux de natalité, l’absence d’enfants, le divorce, la diminution de la dépendance aux familles pour les soins et le bien-être, et d’autres changements dans la famille contribuent à cette pandémie de sentiment de détachement et de malaise.

D’autres commentateurs attribuent cette solitude non souhaitée à l’utilisation répandue des médias sociaux et à la réduction conséquente des interactions face à face, à la baisse drastique du nombre de membres de certains organismes de service et équipes de sport amateur – qui offraient autrefois des possibilités de camaraderie et d’amitié -, et aux effets d’une société transitoire sur les relations durables.

Bon nombre de ces articles soulignent également que le sentiment d’isolement peut entraîner une dépression grave, une diminution des capacités cognitives et même une mortalité précoce. WebMD évalue les effets de la solitude aussi néfastes pour notre santé que l’obésité et le tabagisme. En Amérique, le XXIe siècle a vu une baisse de l’espérance de vie américaine, un phénomène sans précédent depuis l’épidémie de grippe il y a un siècle. Cette baisse de l’espérance de vie n’est pas attribuable à la maladie, mais plutôt à l’augmentation des décès par suicide, alcoolisme et opioïdes, que certains citent comme des pathologies de la solitude.

Alors, que pouvons-nous faire ? Si nous sentons, comme beaucoup de gens, que nous avons peu ou pas de contacts intimes avec d’autres personnes, comment pouvons-nous nous engager dans une autre direction ? Voici quelques idées.

Mais tout d’abord, une note personnelle. Depuis la mort de ma femme, il y a 15 ans, j’ai passé beaucoup de temps seul, des heures et des heures d’isolement nécessaire et désiré, en grande partie à cause de mon travail d’écrivain et de professeur. (L’enseignement inclut la planification des leçons et, dans mon cas, les soirées passées à noter des essais.)

J’étais souvent seul, mais rarement esseulé. Les deux ne sont en aucun cas équivalents. Cependant, pour moi, cette heureuse circonstance peut changer. Ma fille avec qui je vis, son mari et leurs sept enfants ont déménagé dans une ville à quatre heures de route, me laissant m’occuper de la maison jusqu’à ce qu’elle se vende. Je n’ai pas d’amis proches ici, et bien que j’aie d’autres enfants et petits-enfants, aucun ne vit à proximité immédiate. Les conseils que j’offre s’adressent donc aussi bien à moi qu’à mes lecteurs.

Commençons par le début.

Reconnaissez votre solitude

Le premier pas vers la conquête de tout problème est d’en prendre conscience. Essayez d’identifier les raisons de votre isolement. La cause est-elle temporaire, comme un déménagement dans une nouvelle ville ? Ou vous sentez-vous coupé du contact humain à cause d’une blessure douloureuse, d’un divorce ou de la perte d’un être cher ? Depuis combien de temps ressentez-vous ce sentiment de séparation des autres ? Votre isolement vous laisse-t-il souvent léthargique ou déprimé ? Posez-vous de telles questions et cherchez les réponses.

Servez-vous de la technologie comme arme contre l’isolement

Bien que certains blâment les médias sociaux comme une cause de solitude, nos appareils électroniques peuvent renforcer les liens humains. Au lieu d’envoyer un texto à votre fille sur la côte ouest ou à cet ami qui a déménagé en Floride, téléphonez. Parlez à un être humain plutôt qu’à une machine. Recherchez des relations par courriel avec votre famille et vos amis. Recherchez des organisations comme Meetup en ligne et découvrez s’il y a des groupes près de chez vous qui ont des intérêts semblables aux vôtres. À Front Royal, en Virginie, où j’habite, j’ai trouvé des groupes de rencontre offrant une variété d’activités : randonnée pédestre, dégustation de bière, clubs de lecture et plus encore.

Adoptez un animal de compagnie

Les chiens et les chats ne peuvent pas remplacer les êtres humains et, pour ma part, je ne suis pas un amoureux des animaux de compagnie, mais j’ai un ami qui, sans ses deux chats, serait un cas désespéré. Un avantage d’opter pour les chiens est qu’ils vous offrent l’occasion de vous promener dans les rues de votre quartier, de faire un peu d’exercice, ce qui réduit le stress et donne l’occasion de rencontrer des voisins.

Avoir un animal de compagnie est un moyen d’éviter la solitude. (Shutterstock)

Le bénévolat

Les soupes populaires, les écoles, certains services d’incendie et les organismes de charité ont tous un besoin urgent de bénévoles. Un retraité que je connais a participé au programme de lecture de son école locale et a fondé un club d’échecs. Il se sentait engagé et utile, et les enfants l’adoraient. En aidant les autres, vous vous aiderez vous-même.

Il existe de nombreuses façons de communiquer avec les autres, que ce soit en faisant du bénévolat, en suivant des cours ou simplement en tendant la main. (Shutterstock)

Participez à des activités communautaires

Les théâtres locaux ont souvent besoin d’aide pour les productions théâtrales. De nombreuses bibliothèques offrent maintenant des séries de conférences et des clubs de cinéma et de livres pour adultes. Explorez votre communauté, et vous pourriez être surpris par ce qui est à votre disposition.

Suivez des cours dans un collège communautaire

Vous avez envie de suivre des cours de cuisine française ? de réparation automobile ? d’histoire de la Renaissance ? La plupart des collèges communautaires offrent une abondance de cours aux jeunes et aux moins jeunes à des prix abordables. Ici, vous n’ajouterez pas seulement à vos compétences, mais vous pourrez aussi rencontrer des gens qui deviendront des amis.

Groupe d’aînés retraités participant à un cours d’art dans un centre communautaire. (Shutterstock)

Demandez l’aide d’un professionnel

Si vous êtes seul et dans un trou noir de dépression, consultez un conseiller professionnel. Malheureusement, les personnes isolées qui souffrent de dépression grave sont souvent incapables de reconnaître le besoin d’une telle aide. Si vous connaissez quelqu’un dans cet état, parlez-en à cette personne. S’ils répondent positivement, encouragez-les à parler à un conseiller.

Tendez la main aux autres

Vous vivez seul dans un appartement et avez besoin de contact humain. Invitez donc ce jeune couple qui vient d’emménager dans l’immeuble pour une dégustation de vins et fromage. Invitez cette veuve âgée qui vit au-dessus de vous à dîner. Si vous êtes seul et malheureux, si vous cherchez le contact humain, tendez la main de l’amitié. Vous serez peut-être agréablement surpris de savoir qui entre dans votre vie.

Ce dernier conseil, du moins pour moi, est le plus important du lot. La vieille maxime « Pour avoir un ami, il faut être un ami » s’applique. Les amis n’apparaissent pas tout à coup par magie sur le seuil de notre porte d’entrée. Souvent, nous devons faire l’effort d’approcher les autres, de faire le premier pas et d’essayer à nouveau avec quelqu’un d’autre si nous sommes rejetés.

Après avoir lu ces derniers mots, je me fais une promesse. Si après quelques semaines je suis frappé par la solitude, j’inviterai des gens que je connais à notre café local – un barista et son amie, le gérant qui torréfie le café, un autre écrivain et sa femme qui fréquentent l’endroit – à venir souper ou prendre un verre de vin.

On verra comment ça se passe.

Jeff Minick a quatre enfants et un nombre croissant de petits-enfants. Pendant 20 ans, il a enseigné l’histoire, la littérature et le latin en cours à domicile à Asheville, en Caroline du Nord. Aujourd’hui, il vit et écrit à Front Royal, en Virginie, aux États-Unis.

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