Selon un expert, la Chine développe son arsenal nucléaire « pour dominer le monde »

Par Andrew Thornebrooke, David Zhang
22 avril 2022 Mis à jour: 22 avril 2022
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Selon un expert, le Parti communiste chinois (PCC) renforce son arsenal nucléaire dans le cadre d’un effort plus vaste visant à saper l’Occident et à créer un nouvel ordre international à son image.

« Je ne pense pas que [la Chine] renforce ses forces uniquement pour la dissuasion », déclare Peter Pry, directeur du forum sur la stratégie nucléaire américaine au Center for Security Policy, un think tank basé à Washington, lors de l’émission China Insider d’EpochTV.

« Je pense qu’elle développe ses forces nucléaires dans le but de dominer le monde. »

Selon lui, les dirigeants américains s’adaptent trop lentement à une menace qui évolue bien vite du côté du PCC. C’est en grande partie dû aux liens financiers importants que de nombreuses entreprises américaines entretiennent avec la Chine.

« Nous avons été très lents à réaliser les conséquences de la négligence de nos forces nucléaires, et nous en prenons conscience seulement maintenant. »

« Beaucoup à Washington sont encore réticents à accepter cette réalité parce que de nombreuses fortunes en Occident se sont construites grâce aux affaires avec la Chine. »

M. Pry estime que le PCC opère de manière stratégique depuis un bon moment, c’est ce qui lui a permis de renforcer et moderniser ses forces nucléaires. Un des principaux objectifs du programme nucléaire chinois, selon lui, est de faire en sorte que la Chine puisse vaincre la Russie dans un avenir lointain, une fois que le partenariat entre les deux nations aura évincé les États‑Unis de leur rôle de leader mondial.

« Ils ne veulent pas être inférieurs à la Russie ou à quiconque dans leurs capacités nucléaires. C’est pourquoi ils les développent. Il ne s’agit pas seulement de Taïwan. Il s’agit d’une vision à long terme. Il s’agit de l’équilibre stratégique des forces. »

La Russie possède actuellement le plus grand arsenal nucléaire au monde, avec environ 1 500 armes nucléaires déployées et 6 257 ogives au total. Les États‑Unis viennent ensuite, avec environ 1 400 systèmes déployés et 5 550 ogives au total. Entre 1 500 et 2 000 ogives du côté des deux nations ont été retirées et sont en attente de désarmement.

La Chine, quant à elle, disposerait actuellement d’environ 350 ogives, mais un récent rapport du Pentagone a averti que le PCC augmentait considérablement la production et la modernisation de son arsenal nucléaire et qu’elle disposerait d’un millier d’armes nucléaires d’ici 2030.

Selon M. Pry, cette estimation est beaucoup trop basse. Il s’attend à ce que le nombre réel d’ogives chinoises atteigne environ 4 000 d’ici 2030, compte tenu de la vitesse à laquelle le PCC construit de nouveaux missiles balistiques intercontinentaux (ICBM), des silos, et produit de l’uranium.

Cette expansion nucléaire et la domination éventuelle de la Chine est importante, poursuit M. Pry, car les dirigeants communistes chinois ne partagent pas la réticence des États‑Unis à déclencher d’un conflit nucléaire.

« Je pense que c’est extrêmement dangereux pour l’Occident, et illusoire, de croire que la culture militaire russe et chinoise est la même que la nôtre, qu’ils partagent le même point de vue que nous sur le fait qu’il ne faut pas utiliser les armes nucléaires, qu’il ne faut pas entrer dans un conflit nucléaire, et qu’il n’y a pas de gagnant dans une guerre nucléaire. »

« Je pense que ce problème constitue une différence fondamentale entre les cultures militaires des États autoritaires et totalitaires et celles des sociétés libres, les démocraties comme les États‑Unis. Notre culture militaire repose sur ce que j’appellerais un ‘optimisme dysfonctionnel’. Vous savez, nous imaginons toujours que nous obtiendrons le meilleur résultat. »

Le PCC maintient officiellement une politique de non‑recours en premier aux armes nucléaires, en d’autres termes, il s’est engagé à ne pas déclencher de conflit nucléaire et à ne jamais utiliser d’armes nucléaires contre des États non nucléaires.

Mais la capacité du régime à respecter ce principe est toujours plus problématique.

Le rapport susmentionné du Pentagone sur la prolifération nucléaire du PCC a révélé que les stratèges chinois avaient débattu des mérites de l’utilisation en premier du nucléaire, et M. Pry rappelle que les médias d’État chinois ont menacé l’Australie et le Japon d’une agression nucléaire au cours des derniers mois.

M. Pry estime que les États‑Unis ont pris « 30 ans de vacances » dans la modernisation de leur propre arsenal nucléaire. Ils ont ainsi laissé assez de temps à la Chine et à la Russie de développer leurs capacités militaires de sorte à égaler, voire dépasser les défenses américaines, comme le prouve le test d’un système d’arme hypersonique à capacité nucléaire mené par les Chinois en juillet de l’année dernière.

« Tous nos vecteurs nucléaires, sous‑marins, ICBM ou bombardiers datent de Ronald Reagan ou d’avant », poursuit M. Pry. « Nous vivons sur l’héritage d’il y a 30, 40, 50 ans au niveau des vecteurs nucléaires et des armes elles‑mêmes ».

« Nous sommes dans une situation où la guerre nucléaire n’est plus seulement de l’ordre de la théorie. Nous devons absolument sortir de cette situation dangereuse. »

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