Sanofi veut supprimer 1 700 emplois en Europe, dont un millier en France

26 juin 2020 Mis à jour: 27 juin 2020
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Le géant pharmaceutique Sanofi a annoncé vendredi 26 juin vouloir supprimer jusqu’à 1 700 emplois en Europe, dont un millier en France. Une réorganisation qui correspond à une « nouvelle stratégie » selon le président France du groupe pharmaceutique Olivier Bogillot et non à un plan social lié aux conséquences du virus du PCC qui a permis de doper les ventes du groupe.

Si aucune fermeture des 18 usines implantées en France n’est prévue, d’autres sites tertiaires seront touchés, notamment au siège international à Paris ou encore au campus val de Bièvre (Val-de-Marne).

Marcy-l’Étoile, le 16 juin : lors d’une visite d’Emmanuel Macron dans son usine du Rhône, Sanofi annonce en grande pompe investir 610 millions d’euros pour se concentrer sur ses vaccins (attendus courant 2021) et la création d’une nouvelle usine dans l’Hexagone avec, à la clé, 200 emplois créés en région lyonnaise. Ce jour-là, Sanofi n’évoque pas de plan de départ, même si « les autorités françaises savaient qu’on avait une réorganisation à mettre en place », a indiqué vendredi M.  Bogillot.

Connu communément comme le nouveau coronavirus et responsable de la maladie infectieuse respiratoire appelée Covid-19, le virus du PCC s’est déclaré à Wuhan, en Chine, vers le mois de novembre. Il s’est répandu dans le monde entier à cause du Parti communiste chinois (PCC) qui a tout fait pour le dissimuler.

« La France doit rester le navire amiral de Sanofi »

La réorganisation, présentée vendredi aux partenaires sociaux européens, comprend un plan de 1 700 départs en Europe, dont un millier des 25 000 collaborateurs en France (sur 100 000 dans le monde). Les départs en France seront « exclusivement basés sur le volontariat », s’étaleront sur trois ans et concernent des postes « en CDI pour la plupart, notamment des fonctions support, commerciales et des plateformes liées à la recherche », a détaillé Olivier Bogillot.

Le ministère de l’Économie se dit « vigilant » et appelle le géant pharmaceutique à poursuivre ses investissements dans le pays. « Nous serons vigilants à ce qu’il n’y ait aucun départ contraint et aucune fermeture d’usine. Nous demandons à Sanofi de continuer à investir en France dans certains secteurs clés et dans le cadre de sa politique de relocalisation. La France doit rester le navire amiral de Sanofi ».

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« Inacceptable », « honteux »

Ce nouveau plan de suppressions de postes est « énorme. C’est impensable pour nous », a protesté Florence Faure, coordinatrice CFDT, premier syndicat chez Sanofi, promettant de « combattre ces suppressions d’emplois qui n’ont pas lieu d’être ».

« C’est catastrophique, insupportable, inacceptable et honteux », a également fustigé Thierry Bodin, coordinateur CGT chez Sanofi. « Le groupe ne veut conserver que ce qui est le plus rentable » et « se désengager des médicaments les moins rentables, même s’ils ont un intérêt thérapeutique majeur. C’est la santé pour le fric ». Le dernier plan de réduction des effectifs, annoncé en juin 2019 (près de 470 suppressions de postes dans la recherche et développement en France et en Allemagne), « n’est pas terminé que la direction en annonce un nouveau », a-t-il critiqué.

En décembre, quelques mois après l’arrivée du Britannique Paul Hudson, premier patron non francophone du groupe, Sanofi avait annoncé vouloir économiser deux milliards d’euros d’ici à 2022, notamment avec un désengagement dans le diabète et le cardiovasculaire pour miser sur l’oncologie. « On n’est pas du tout dans un plan qui suivrait la crise du Covid, comme on peut le voir dans d’autres secteurs », a souligné Olivier Bogillot.

Près de 9 milliards d’euros de chiffre d’affaires

Le laboratoire, fabricant du Doliprane, affichait un chiffre d’affaires de près de 9 milliards d’euros au premier trimestre, avec une progression due en partie aux ventes de médicaments anti-douleur pendant la pandémie de Covid-19.

À contre-courant de nombre d’entreprises, Sanofi a aussi prévu de verser un dividende supérieur à celui de l’année précédente à ses actionnaires, pour un montant total de près de 4 milliards.

Une réunion est prévue lundi pour « dérouler la feuille stratégique » aux partenaires sociaux français, a ajouté M. Bogillot, sans préciser les compensations qui seraient proposées aux salariés ni l’enveloppe prévue pour ce guichet départs.

 

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