SNCF : les syndicats appellent à la grève nationale le 6 juillet, veille des vacances d’été

25 juin 2022 Mis à jour: 25 juin 2022
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Le conflit sur les salaires s’étend aux cheminots : trois des quatre syndicats représentatifs de la SNCF appellent à la grève le 6 juillet, veille des vacances d’été, pour réclamer des hausses de salaires face à une inflation qui s’envole.

« Le contexte d’inquiétude et de colère est là », pose Fabien Dumas, secrétaire fédéral SUD-Rail dont le syndicat, avec la CGT-Cheminots et la CFDT-Cheminots, appelle à la mobilisation.

« Entre l’ouverture à la concurrence et huit ans de gel de salaire, tout le monde se demande à quel sauce il va être mangé », ajoute-t-il. Selon les syndicats, les salaires à la SNCF n’ont pas été revalorisés depuis 2014.

5,2% d’inflation et un « recul fort de leur pouvoir d’achat »

L’inflation, qui a accéléré en mai à 5,2% sur un an et affecte de nombreux postes de dépenses (énergie, transports, alimentation) touche « durement les cheminots » qui « subissent un recul net et fort de leur pouvoir d’achat », écrivent les syndicats dans un communiqué.

Le 16 juin, ils avaient fait une « demande de concertation immédiate » sur la question des salaires au président de la SNCF Jean-Pierre Farandou, restée lettre morte.

« La direction a refusé de recevoir les organisations syndicales (…) renvoyant les échanges à des réunions bilatérales en cours », déplore le communiqué.

Table ronde avec les partenaires sociaux le 6 juillet

La direction a tout de même prévu une table ronde avec les partenaires sociaux le 6 juillet, jour qu’ont choisi les syndicats pour organiser cette grève et aussi veille du début des vacances d’été.

La SNCF, qui s’apprête à vivre un été record avec huit millions de billets déjà vendus soit « 10% de plus qu’en 2019 », n’a pas souhaité apporter de commentaire.

Face aux critiques sur une insuffisance d’offre de la SNCF, avec des trains pour beaucoup déjà complets, le PDG Jean-Pierre Farandou a assuré jeudi sur France 2 être « à bloc ». « On rajoute des rames, on fait des compositions doubles avec deux rames à la fois », a-t-il détaillé, saluant la mobilisation des cheminots.

Dans le sud-est une dizaine de trains supprimés, la SNCF évoque un accident

Jeudi 23 juin, Le Parisien révélait qu’une dizaine de trains sur l’axe sud-est avaient dû être annulés cette semaine en raison de problèmes de maintenance bloquant des rames à l’atelier. Un raté lié au manque d’effectifs chez les techniciens, a accusé SUD-Rail.

Rien à voir, rétorque la SNCF, qui attribue le problème à un accident de personne dimanche après-midi. Il « a eu un gros impact sur la gare de Lyon avec beaucoup de retards » qui a conduit à « décaler tout le cycle de maintenance », donc à annuler certains trains, a affirmé vendredi à l’AFP un porte-parole.

Pour autant, les syndicats s’inquiètent de la cadence qui leur est demandée pour cet été. « On nous dit de faire plus de trains mais encore faut-il qu’il y ait les moyens qui soient mis en place », s’inquiète Thomas Cavel secrétaire général de la CFDT-Cheminots.

« On a une activité qui va bien mais quelle est la part de redistribution dans tout ça ? », interroge-t-il.

Rattrapage salarial, augmentation des salaires et revalorisation des primes

Les cheminots demandent « des mesures de rattrapage salarial de l’inflation », mais aussi « une augmentation générale des salaires et la revalorisation des primes » ou encore « une revalorisation de l’ensemble des allocations, gratifications et indemnités ».

L’Unsa-ferroviaire ne s’est pas encore jointe à l’appel à la grève et donnera sa réponse quant à sa participation le 28 juin prochain.

Interrogé sur ces mouvements, M. Farandou a reconnu une « période difficile », notamment en région parisienne pour les usagers et les conducteurs, et indiqué que des discussions avec les partenaires sociaux étaient « engagées » avec « toutes les options » sur la table.

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