Saint-Malo : les riverains de la prison sont exaspérés par les trafiquants qui s’introduisent dans leurs jardins

1 avril 2021 Mis à jour: 1 avril 2021
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Apparemment, il ne fait pas bon habiter à proximité de la prison de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) en ce moment. Les riverains se plaignent que des trafiquants se permettent de passer dans leurs jardins pour lancer des marchandises aux prisonniers, par-dessus le mur d’enceinte. La police est intervenue plusieurs fois et tente de trouver des solutions pour y remédier.

Aux abords de la prison de Saint-Malo, les riverains font face à un trafic incessant qui n’a fait qu’augmenter ces derniers temps. De plus, cela se passe sous leur nez, dans leurs jardins même, rapporte France Bleu. En règle générale, le déroulement des opérations se fait toujours de la même façon. De jeunes majeurs, voire même des mineurs, arrivent en voiture au moment où se déroule une séance de football dans la prison. Rapidement, ils descendent de la voiture, grimpent sur le toit d’un garage ou d’un cabanon qui se trouve dans le jardin d’un riverain de la prison, puis lancent la marchandise par-dessus le mur d’enceinte.

Dissimulée dans une chaussette ou une balle de tennis, des objets tels qu’un téléphone portable, une carte SIM ou encore une console de jeu sont jetés par-dessus bord. De la drogue peut aussi être envoyée par ce biais.

De l’autre côté, les prisonniers aux aguets ont vite fait de récupérer le colis envoyé. « J’ai été témoin de deux individus qui sont venus en voiture. L’un est passé dans le jardin de mon voisin par-dessus son portail. C’est arrivé deux semaines de suite », raconte un riverain de la prison à France Bleu.

En parallèle, la police essaye de multiplier les interventions pour démanteler ces trafics, mais celles-ci s’avèrent parfois dangereuses. Pour autant, ainsi que le dit le commissaire Guillaume Catherine : « On ne relâche pas la pression. On a eu plusieurs interpellations d’individus qu’on commence à connaître. Plus on cerne le profil et le mode opératoire de ces délinquants, plus on est efficace dans la répression et la prévention de ces trafics. » Au cours de l’une de ces interpellations, un policier a été grièvement blessé, le trafiquant a cependant pu être interpellé et placé sous contrôle judiciaire.

En outre, le commissaire reconnaît que les surveillances représentent un travail non seulement « ingrat pour la police », mais qui par ailleurs « prend beaucoup de temps ». « Même si les policiers de la BAC sont complètement investis dans cette mission, ils ne peuvent pas être présents tout le temps », estime-t-il.

Et pour pallier ce problème, la maison d’arrêt cherche des moyens de mieux sécuriser et surveiller la zone. Arnaud Guillon, le directeur de la maison d’arrêt, a pensé mettre des filets de protection mais il craint que ceux-ci ne soient utilisés par les prisonniers pour s’évader. Il a également pensé ajouter des caméras de surveillance, mais la structure n’a pas les moyens financiers de supporter le coût d’un tel dispositif, précisent encore nos confrères.

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