Révélations d’un ex-agent du KGB

12 février 2022 Mis à jour: 13 février 2022
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Les êtres humains ont une faiblesse : il nous est facile de voir les problèmes des autres, mais pas nos propres problèmes. En fait, la plupart d’entre nous sont presque aveugles lorsqu’il s’agit de voir nos problèmes.

Cependant, si nous examinons la façon dont nos ennemis nous voient, cela peut nous donner quelques idées sur nous-mêmes.

Aujourd’hui, beaucoup de gens ont le sentiment que quelque chose ne va pas dans la plupart des pays de l’Occident. Mais qu’est-ce que c’est ?

Pour l’expliquer, il peut être utile de voir les choses avec les yeux de l’adversaire de l’Occident que beaucoup croyaient vaincu : l’Union soviétique du XXe siècle.

La prédiction de l’agent secret soviétique

Je suis tombé sur une vidéo YouTube d’une interview de 1985 de Yuri Bezmenov, un agent du KGB qui a fait défection. L’interview porte sur la stratégie à long terme élaborée à l’époque par l’Union soviétique afin de déstabiliser l’Occident, en particulier et avant tout les États-Unis – la première puissance occidentale. Après la chute de l’Union soviétique en 1991, des tactiques semblables ont été poursuivies par d’autres régimes totalitaires et leurs associés. Elles visent à saper les bases, à déstabiliser et à démolir les sociétés démocratiques occidentales. L’interview de M. Bezmenov est bien révélatrice et je souhaite d’abord vous faire part d’une citation :

« L’idéologie marxiste-léniniste est injectée dans les têtes malléables d’au moins trois générations d’étudiants américains – ceci sans être remise en cause ou contrebalancée par les valeurs fondamentales et le patriotisme américains… Le processus de démoralisation aux États-Unis est déjà pratiquement achevé… Il est imposé principalement par les Américains aux Américains en raison du manque de normes morales.

« Comme je l’ai déjà mentionné, donner de vraies informations ne sert pas à grand-chose. Une personne démoralisée est incapable d’évaluer les vraies informations. Les faits ne lui disent rien. Même si je l’inonde d’informations, de preuves authentiques, de documents, de photos. Même si je l’emmène de force en Union soviétique et que je lui montre un camp de concentration, elle refusera d’y croire jusqu’à ce qu’elle reçoive un coup de pied dans son gros derrière. Quand la botte militaire l’écrasera, alors elle comprendra, mais pas avant. C’est ça la tragédie de l’état de démoralisation. »

Il est effrayant de regarder la vidéo de cet ex-agent soviétique ainsi que sa conférence qui contient plus de détails. Ce qu’il a décrit il y a 37 ans se déroule aujourd’hui sous nos yeux. Pour moi, le plus alarmant est le fait que la démoralisation est « imposée principalement par les Américains aux Américains en raison du manque de normes morales ». En fait, comme l’a souligné M. Bezmenov, « au cours des 25 dernières années, la démoralisation a atteint des proportions telles que même le camarade Andropov [chef du KGB de l’époque] et tous ses experts ne pouvaient même pas rêver d’un tel succès ».

Comme l’a expliqué l’ex-agent secret, seulement 10 à 15 % du personnel et des ressources du KGB étaient attribués à l’espionnage clandestin traditionnel à la James Bond. Tout le reste était alloué à la subversion idéologique qui était tout à fait « légitime, ouverte et visible ». La stratégie de cette subversion, à la fois discrète mais visible, se réalise en quatre étapes : démoralisation, déstabilisation, crise et normalisation.

La première étape – la démoralisation – dure de 15 à 20 ans ou plus. C’est le temps nécessaire pour façonner au moins une génération. Elle consiste à laver le cerveau des gens avec différentes formes d’idéologies basées ou inspirées du marxisme. Pour cela, il faut manipuler tout d’abord les médias et le monde universitaire.

La deuxième étape – la déstabilisation – consiste à amener la société dans un état chaotique. Elle dure généralement de 2 à 5 ans. Au cours de cette étape, les statu quo dans la société, l’économie, les relations étrangères et les systèmes de défense sont modifiés. « L’oligarchie » fait toutes sortes de promesses pour gagner le soutien des masses populaires, ce qui lui permet de créer un énorme gouvernement qui s’immisce dans la vie des gens. Le rôle des médias et du monde universitaire est également essentiel pour le succès de cette étape.

La troisième étape constitue un point de basculement de la société ou une « crise » qui conduit à un soulèvement, une révolution, une guerre civile ou une invasion étrangère. Cette étape ne dure que 2 à 6 mois. C’est le stade où les idéalistes de gauche, ou les « idiots utiles », ne sont plus nécessaires, car ils seraient désillusionnés et deviendraient des obstacles. Ils sont alors éliminés, exilés ou emprisonnés, comme ce qu’on a vu sous plusieurs régimes communistes, par exemple le régime chinois. « C’est le même schéma partout », a précisé Yuri Bezmenov.

Ces trois étapes culminent dans la quatrième et dernière étape appelée « normalisation ». La population commence à accepter et à assimiler une forme ou une autre du stade initial du communisme – un régime totalitaire et de contrôle omniprésent. Cette étape finale peut prendre jusqu’à 20 ans.

Aujourd’hui, 37 ans après cette interview, la prédiction effrayante de l’ex-espion du KGB semble toujours aussi pertinente. Selon les sondages de la Fondation commémorative des victimes du communisme, le soutien au marxisme et au socialisme parmi les jeunes Américains a énormément augmenté. En fait, cela se produit dans tous les pays occidentaux. En même temps, des propositions ambitieuses comme la « Grande réinitialisation » (Great Reset) visent à changer fondamentalement le monde en matière de système économique, social et de relations internationales, ainsi qu’à établir une gouvernance mondiale, ce qui ressemble aux changements envisagés par la deuxième étape décrite par Bezmenov.

L’Amérique a été souvent mentionnée comme un exemple de démocratie et de liberté. Cependant, ses institutions, basées sur la Constitution et la séparation des pouvoirs, ne semblent plus être efficaces et de nombreux Américains sont très inquiets pour l’avenir de leur pays.

« Les États-Unis sont en état de guerre. Une guerre totale non déclarée contre les principes de base et les fondements de ce système… La bombe à retardement fait tic-tac. Avec chaque seconde, le désastre se rapproche. Contrairement à moi, vous n’aurez nulle part où faire défection, à moins que vous vouliez vivre en Antarctique avec des pingouins. Nous y sommes. C’est le dernier pays de liberté et de possibilités », a mis en garde l’ex-agent secret soviétique.

Comment en sommes-nous arrivés là, presque sans le savoir ?

Une méthode d’infiltration sournoise

Le sénateur américain Ted Cruz a parlé un jour de la faculté de droit d’une université prestigieuse qu’il avait fréquentée : « Il y avait plus de communistes autoproclamés [à la faculté] que de républicains… Si vous leur demandiez de voter pour savoir si ce pays devrait devenir socialiste, 80 % des professeurs voteraient oui et 10 % trouveraient même que ce vote était trop conservateur. »

Le livre Comment le spectre du communisme dirige le monde contient une analyse complète de l’infiltration non violente du communisme en Occident. En 1884, un an après la mort de Karl Marx, la Société fabienne britannique a été fondée pour instiller sournoisement le communisme dans le monde. Elle encourage les membres de cette organisation et de ses groupements dérivés à promouvoir les idées du socialisme – qui est la phase initiale du communisme selon la théorie marxiste-léniniste – en se joignant à différents mouvements et organisations et en s’attirant la sympathie de personnalités importantes, telles que des ministres, des hauts fonctionnaires, des industriels, des doyens d’université et des chefs religieux. Depuis lors, de nombreux intellectuels occidentaux ont commencé à accepter les idées communistes ou leur variante socialiste.

Le mouvement de contre-culture des années 1960 a produit un grand nombre de jeunes étudiants « anti-traditionnels » qui ont été fortement influencés par le marxisme culturel et la théorie de l’école de Francfort. Après avoir obtenu leur diplôme, ils sont entrés dans des institutions ayant de l’influence sur la société et la culture, telles que les universités, les médias, les agences gouvernementales et les ONG à but non lucratif. Ce qui les guidait à l’époque était principalement la théorie de la « longue marche à travers les institutions » proposée par le marxiste italien Antonio Gramsci. Cette « longue marche » visait à modifier les traditions les plus fondamentales de la civilisation occidentale. Comme résultat, des générations de jeunes ont été endoctrinées par l’idéologie marxiste.

Pourquoi les intellectuels sont-ils si enclins au communisme ?

Les intellectuels ont tendance à se laisser berner par les idéologies radicales, et ce phénomène a attiré l’attention des chercheurs. Par exemple, l’historien britannique Paul Johnson a constaté que les intellectuels radicaux partagent les faiblesses de l’arrogance et de l’égocentrisme.

Cette arrogance est mise en évidence dans une déclaration de Jules-Antoine Castagnary, homme politique et critique d’art français du XIXe siècle : « À côté de l’Éden divin d’où l’on m’a chassé, je me construirai un Éden nouveau que je peuplerai de ma personne. Je placerai à l’entrée le Progrès… – je lui mettrai en main l’épée flamboyante et il dira à Dieu : ‘Tu n’entreras pas !’ »

Le progrès scientifique rapide observé depuis le XVIIIe siècle a considérablement renforcé la confiance des êtres humains dans leurs propres capacités et a alimenté le courant intellectuel du progressisme. Les gens ont commencé à glorifier la raison humaine plutôt que Dieu. On pense que la raison est capable de conduire les gens sur le chemin du bonheur et de la moralité. Les gens veulent créer une utopie – un « paradis sur terre » – qui est l’idée essentielle du communisme. En tant que « prêtres » de la science moderne, les intellectuels croient qu’ils sont les interprètes de la vérité et que leur cause est si importante que tous les moyens sont bons pour servir leurs fins. Cela a provoqué un bain de sang et une grande misère.

Une jeune femme pleure au mémorial des victimes de l’Holodomor à Kiev, capitale de l’Ukraine. Le terme Holodomor désigne une grande famine provoquée par le régime soviétique de Staline qui a coûté la vie, selon la déclaration conjointe de 25 pays membres de l’ONU, de 7 à 10 millions d’innocents Ukrainiens. (Sergei Supinsky/AFP/Getty Images)

Que pouvons-nous faire ?

Deux siècles d’expérimentation avec la fierté et la raison humaines ont conduit au déclin de la moralité et à la perte de dizaines de millions de vies à la suite des ravages du communisme.

John Adams, l’un des Pères fondateurs des États-Unis, a déclaré : « Notre Constitution n’a été faite que pour un peuple moral et religieux. Elle est totalement inadéquate pour le gouvernement d’un peuple différent. » Il est intéressant de noter que la citation attribuée à Joseph Staline – ce tyran communiste impitoyable – fait écho à cette déclaration sous un autre angle : « L’Amérique est comme un corps sain dont la résistance se base sur trois domaines : son patriotisme, sa moralité et sa vie spirituelle. Si nous arrivons à saboter ces trois domaines, l’Amérique s’effondrera de l’intérieur. »

Il est temps pour nous de redevenir humbles, de regarder à l’intérieur, de comprendre et de s’opposer aux plans de destruction de notre société en se fondant sur la sagesse des valeurs traditionnelles et des véritables voies spirituelles. C’est la seule solution.

Jean Chen est originaire de Chine et écrit sous un pseudonyme afin de protéger sa famille en Chine.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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