Les restrictions « autoritaires » engendrent des conflits entre les Australiens et la police

29 septembre 2021 Mis à jour: 29 septembre 2021
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Des images et des vidéos d’agressions policières visant à maîtriser des Australiens à Melbourne et réprimer les troubles civils, ont suscité des inquiétudes quant à l’usage de la force en cas d’infractions présumées aux ordonnances de santé publique. 

David Limbrick, membre du conseil législatif de l’État de Victoria, affirme que la police s’est vu confier la tâche « très difficile » de faire respecter les mesures sanitaires – un rôle pour lequel elle n’est pas formée – et prévient que la façon dont le gouvernement gère la pandémie peut conduire à un accroissement continu du « chaos social ».

« Au lieu du travail normal de la police, qui consiste à poursuivre ceux qui nuisent aux autres, le travail de la police consiste maintenant à faire appliquer des règles qui régissent chaque aspect de nos vies, jusqu’aux moindres détails, comme de savoir si nous portons ou non un masque sur le visage », déclare le député libéral-démocrate pour Epoch Times. « Bien sûr, les choses vont devenir incontrôlables si ça dure trop longtemps. »

« C’est totalement inutile. La raison pour laquelle elles [les autorités] jugent cela nécessaire, c’est parce qu’elles ont rendu illégal le droit de se regrouper pacifiquement, alors que les gens ne peuvent pas s’organiser », ajoute-t-il. « Les gens descendent toujours dans la rue, et cela entraine une réponse excessive de la police. »

La police pulvérise du gaz poivré sur un manifestant (G) lors d’un rassemblement pour la liberté à Melbourne, le 18 septembre 2021. (William West/AFP via Getty Images)
La police arrête un manifestant à St Kilda lors d’une manifestation contre le confinement, Melbourne, le 25 septembre 2021. (William West/AFP via Getty Images)

David Limbrick souligne que le gouvernement de Dan Andrews dans l’État de Victoria a fait preuve d’une approche différente l’année dernière lors des manifestations du mouvement Black Lives Matter (BLM), qui auraient attiré 10 000 personnes.

« Nous avons vu l’année dernière, lors des manifestations Black Lives Matter, qu’il est tout à fait possible de faciliter les manifestations à grande échelle pendant une pandémie. J’ai été assez impressionné par le travail de la police à ce moment-là, mais lors des manifestations suivantes, cela a été vraiment mal tourné », explique-t-il.

L’année dernière, des manifestants de BLM se sont rassemblés dans la ville en juin, violant ainsi les ordres sanitaires. L’événement s’est terminé de manière pacifique, bien que les autorités de l’État de Victoria aient ensuite infligé des amendes aux manifestants.

Les confinements prolongés ont un impact sur les Australiens fatigués

Melbourne est actuellement en passe de battre le record du monde du confinement le plus long. Au 27 septembre, la ville aura cumulé 239 jours de confinement depuis le début de la pandémie, soit à peine moins que Buenos Aires qui détient un record de 245 jours.

Le gouvernement de l’État de Victoria, sous la direction du Premier ministre Dan Andrews, s’est largement appuyé sur une stratégie de répression rigoureuse pour faire face à toute éclosion de Covid-19, en imposant notamment des restrictions immédiates de « phase quatre », qui comprennent des couvre-feux, des limitations de déplacements dans un rayon de 5 km et la fermeture des points de vente non essentiels.

En revanche, l’État voisin de Nouvelle-Galles du Sud a évité de recourir à des mesures aussi strictes, jusqu’à l’apparition, en juillet, du variant Delta dans l’agglomération de Sydney, qui l’a contraint à changer de politique.

Toutefois, les confinements prolongés et les restrictions sévères imposées dans l’État de Victoria ont eu des répercussions, et des manifestations ont éclaté à Melbourne à plusieurs reprises la semaine dernière. Des séquences vidéo ont été diffusées, montrant des policiers utilisant des méthodes qui ont donné lieu à des enquêtes ouvertes par les officiers supérieurs.

La police pulvérise du gaz poivré sur un manifestant lors d’un rassemblement contre les mesures sanitaires, à Melbourne, en Australie, le 22 septembre 2021. (Con Chronis/AFP via Getty Images)

Le 18 septembre, lors des rassemblements de la Journée de la liberté, qui ont vu de violents affrontements éclater entre manifestants et policiers, une manifestante de 70 ans a été renversée et aspergée au visage de spray au poivre.

Certains agents ont ensuite été vus en train d’aider la dame. Le Commandement des normes professionnelles (Professional Standards Command) enquête également sur l’incident, selon ABC.

Lors du même rassemblement, un photographe du journal The Age a également été aspergé par la police.

Une manifestante, poussée au sol par la police, quelques instants avant qu’elle ne soit aspergée de spray au poivre au visage par un officier, lors d’un rassemblement pour la liberté à Melbourne, le 18 septembre 2021. (William West/AFP via Getty Images)

Des images ont également été diffusées montrant un homme en train de parler avec des policiers à la gare de Flinders Street, avant qu’un policier ne s’approche de lui par derrière, ne l’attrape et ne le jette au sol, face contre terre, en employant la prise « sling tackle ».

Le 23 septembre, le commissaire de police Shane Patton a déclaré que l’incident faisait l’objet d’une enquête et qu’il ne voulait pas « tirer de conclusions hâtives ».

« Nous allons enquêter à ce sujet. Je ne sais pas tout des circonstances », a déclaré Patton à la radio 3AW. « Il y a toujours un contexte à tout. Nous allons enquêter avec un esprit ouvert. »

Une autre vidéo a été diffusée montrant des officiers de police, parés d’un équipement tactique, sautant d’un véhicule blindé et appréhendant plusieurs individus dans le centre financier de Melbourne,  les chargeant de coups de genoux et utilisant leurs armes pour maîtriser les suspects présumés.

La police anti-émeute tente de disperser des manifestants qui défilent dans les rues pour protester contre la réglementation Covid-19 à Melbourne, en Australie, le 22 septembre 2021. (Con Chronis/AFP via Getty Images)

Ces derniers incidents font suite à une altercation survenue en septembre 2020, au cours de laquelle un agent a été filmé en train de donner un coup de pied sur la tête d’un homme atteint de troubles mentaux, ensuite tombé dans le coma. L’agent a ensuite été innocenté en juillet par la Commission indépendante anticorruption de l’État.

Les incidents les plus récents ont suscité les critiques de Jeremy King, directeur du cabinet Robinson Gill Lawyers, qui a appelé la police à se comporter en « adultes responsables ».

« La semaine a été longue et difficile pour la police, mais ce genre de comportement ne peut être justifié », a-t-il déclaré au Herald Sun le 23 septembre.

M. Limbrick, quant à lui, estime que le gouvernement de l’État devrait cesser d’ « ordonner » des mesures de santé publique et faire davantage confiance à ses citoyens.

« Je pense que le gouvernement devrait adopter une approche beaucoup moins autoritaire. Depuis le début, il fait tout par la force, et il n’est pas surprenant que nous soyons arrivés à un stade où tout est devenu autoritaire », conclut-il.

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