La Chine publie officiellement les tarifs des organes humains destinés à la transplantation

Par Jennifer Bateman et Ellen Wan
13 novembre 2021 Mis à jour: 14 novembre 2021
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Plusieurs provinces et villes de Chine ont publié les prix indicatifs officiels des organes vitaux humains, tels que le foie, le rein et le cœur. Il s’agit de l’une des mesures des gouvernements locaux à la suite d’un avis publié par les autorités centrales en juillet visant à sécuriser l’obtention d’organes destinés à la transplantation.

Selon des experts médicaux connaissant bien le marché chinois de la transplantation d’organes, ces mesures indiquent que le Parti communiste chinois (PCC) tente de normaliser son système peu transparent de transplantations, alors qu’il continue à subir des pressions pour divulguer ses sources d’approvisionnement en organes.

Dans un avis publié en juillet, le PCC a ordonné aux provinces, municipalités et régions autonomes de fixer leurs propres tarifs pour les organes humains à compter du 1er septembre.

Dans la province du Henan, par exemple, six départements concernés, dont la Commission de la santé, le Département des finances et l’Administration de la supervision du marché, ont publié conjointement des « tarifs standard pour les organes donnés ».

Selon cette liste, les organes à transplanter comprennent le foie à 260 000 yuans (35 600 euros), le rein à 160 000 yuans (22 000 euros), le cœur à 100 000 yuans (13 700 euros), le poumon à 80 000 yuans (11 000 euros), la cornée à 10 000 yuans (1 360 euros), le pancréas à 50 000 yuans (6 850 euros), l’intestin grêle à 50 000 yuans et d’autres parties d’organes.

Des prix incohérents sur le plan médical

Le Dr Wayne Shih-wei Huang, chirurgien et directeur de l’IRCAD de Taïwan, le plus grand centre de formation à la chirurgie mini-invasive d’Asie, estime qu’en fixant les prix des organes humains, le PCC essaye de blanchir ses abus en matière de transplantation.

Le Dr Huang explique pour Epoch Times que le document du PCC indique clairement que les coûts pour obtenir des organes prétendument donnés est calculé en fonction de la demande, de la technologie, du travail nécessaire et de l’acceptabilité par le public.

Mais, selon les prix des organes indiqués par les fonctionnaires provinciaux, un cœur est beaucoup moins cher qu’un rein, ce qui n’a aucun sens en termes de coût médical. Les frais pour obtenir un cœur devraient être plus élevés que ceux d’un rein, puisque le cœur doit être extrait, stocké de manière appropriée et transporté en quelques heures.

Le Dr Huang pense que les prix des organes reflètent bien plus leur valeur sur le marché et la demande, et n’ont que peu à voir avec le coût médical.

Par ailleurs, les provinces du Hubei et du Henan indiquent des prix différents pour les organes d’enfants et d’adultes. Dans la province du Henan, le prix du foie d’un enfant est de 100 000 yuans (13 700 euros), soit moins de la moitié du prix de 260 000 yuans (35 600 euros) pour un adulte. Les prix des reins simples et doubles pour les enfants sont également inférieurs à ceux des adultes, respectivement de 60 000 yuans (8 200 euros) et 80 000 yuans (11 000 euros).

Le Dr Alex Chih-Yu Chen, directeur médical de Novartis Japon, précise à Epoch Times qu’en termes de frais médicaux, l’acquisition et la transplantation d’organes pour les enfants sont plus difficiles et devraient être plus coûteux que pour les adultes.

Des chiffres douteux

Le Dr Huang pense que le système de transplantation d’organes du PCC, dans lequel les organes sont obtenus, fournis et échangés, n’est véritablement accessible qu’aux hôpitaux pratiquant la transplantation. Le système n’est en aucun cas accessible au public ou transparent. Il s’agit avant tout de permettre au système de soins de santé de générer des bénéfices intéressants.

« Le PCC ne peut pas rendre son système de transplantation d’organes aussi transparent que ceux des pays occidentaux », affirme-t-il, mais il doit avoir un système qui soit visible en surface par les autres.

Selon lui, la Croix-Rouge chinoise, totalement sous le contrôle de Pékin, est l’outil qui permet de valider officiellement les dons d’organes en les intégrant dans la base de données nationale. Sur la page de l’organisme, on apprend qu’en Chine « le don d’organes est volontaire et gratuit ».

Le PCC fait ostensiblement valoir quelques cas de dons d’organes avérés, ils permettent de cautionner le narratif du régime, et sont récupérés par les médias chinois qui créent des histoires réconfortantes de solidarité et d’espoir, poursuit le Dr Huang, mais les chiffres de la Croix-Rouge chinoise ne sont pas fiables.

Hamid Sabi, conseiller indépendant du Tribunal chinois basé à Londres, le China Tribunal, qui a conclu que le prélèvement forcé d’organes avait eu lieu « à une échelle significative » en Chine, a déclaré lors d’une conférence de presse en Belgique, le 27 octobre, que les autorités chinoises exploitaient les témoignages de la Croix-Rouge chinoise pour contrer les pressions de l’Europe, des États-Unis et d’autres pays en essayant de rendre crédibles leur prétendu système de don d’organes.

Mais la Croix-Rouge chinoise n’a rien à voir avec la Croix-Rouge internationale, a déclaré M. Sabi – il s’agit simplement d’un organisme affilié au PCC qui certifie tout ce que les autorités lui demandent.

En ce qui concerne la base de données officielle du PCC sur les donneurs d’organes, M. Sabi a rappelé que les déclarations de la Chine selon lesquelles elle serait en mesure d’obtenir 2,8 organes par donneur – ce qui est 180 fois supérieur à ce qui est réalisable par les systèmes de don en Europe et aux États-Unis – seraient encore loin de permettre les 10 000 transplantations officiellement enregistrées par an.

De nombreux experts estiment également que le nombre réel de transplantations réalisées en Chine est beaucoup plus élevé que les chiffres officiels.

Le prélèvement d’organes à vif sur des pratiquants de Falun Gong

Un rapport publié en juin 2016 par David Kilgour, ancien secrétaire d’État canadien pour l’Asie-Pacifique, David Matas, avocat spécialisé dans les droits de l’homme, et Ethan Guttmann, journaliste d’investigation américain chevronné, a estimé, sur la base de multiples sources de preuves, que la Chine effectue entre 60 000 et 100 000 transplantations par an. De nombreux indicateurs montrent que la principale source de ces organes sont les pratiquants de Falun Gong et d’autres prisonniers de conscience piégés dans le système judiciaire chinois.

Le Falun Gong est une pratique de méditation spirituelle qui est devenue très populaire en Chine dans les années 1990 jusqu’à ce qu’elle soit interdite en 1999 et que ses pratiquants deviennent la cible des médias, victimes d’arrestations illégales et de tortures.

Les rapports de l’Organisation mondiale pour enquêter sur la persécution du Falun Gong (WOIPFG) suggèrent également que depuis l’initiation de la persécution par le PCC, les pratiquants de Falun Gong emprisonnés sont devenus une grande banque d’organes humains vivants.

Le WOIPFG a recherché et analysé des centaines de milliers de rapports de médias publics, de documents et de bases de données provenant de 891 hôpitaux de transplantation, de 9 515 chirurgiens, au cours des 15 dernières années, et a constaté qu’entre 2000 et 2006, le nombre de transplantations d’organes effectuées en Chine a connu une croissance exponentielle.

Au cours de la même période, au moins un million de pratiquants de Falun Gong ont été arrêtés et détenus dans des camps de travail, des prisons, des centres de détention et des centres de lavage de cerveau.

En plus des hôpitaux chinois de premier ordre qualifiés pour effectuer des transplantations, de nombreux hôpitaux non qualifiés ont été transformés en centres de transplantation ou ont commencé à proposer des procédures de transplantation.

Les témoignages, les enregistrements audio d’entretiens avec 45 directeurs ou médecins de 41 hôpitaux et centres de transplantation en Chine, ainsi que d’autres informations et preuves rassemblées par le WOIPFG, indiquent tous que le prélèvement forcé d’organes sur les pratiquants de Falun Gong est largement répandu dans les hôpitaux chinois.


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