Le régime chinois « rêve d’imiter les talibans », dit Taïwan

Par Eva Fu
27 août 2021 Mis à jour: 28 août 2021
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Le ministre des Affaires étrangères de Taïwan a accusé le 21 août le régime de Pékin de vouloir suivre les traces des talibans en prenant le contrôle de l’île démocratique, disant que l’île n’a aucune envie d’être soumise à un régime communiste.

La chute rapide de Kaboul aux mains des talibans, quelques semaines avant le retrait des troupes américaines prévu le 31 août, a suscité un débat sur la question de savoir si Taïwan connaîtrait le même sort en cas d’invasion chinoise. Les médias d’État chinois ont également saisi l’occasion de dépeindre Washington comme un allié peu fiable, en diffusant des récits tels que « l’Afghanistan aujourd’hui, Taïwan demain ».

Le régime communiste chinois, qui considère Taïwan comme faisant partie de son territoire bien que cette dernière soit gouvernée comme une entité distincte, a menacé de recourir à la force pour mettre l’île sous son contrôle.

Après que le ministère des Affaires étrangères des États-Unis a réitéré ses appels à Pékin pour qu’il cesse d’exercer des pressions sur Taïwan le 21 août, le ministre des Affaires étrangères de l’île démocratique, Joseph Wu, a répondu sur Twitter en remerciant les États-Unis de « défendre les souhaits [et] les meilleurs intérêts » du peuple taïwanais.

Ces souhaits « incluent la démocratie [et] la libération du communisme, de l’autoritarisme [et] des crimes contre l’humanité », selon M. Wu.

« La Chine rêve d’imiter les talibans, mais laissez-moi être franc : nous avons la volonté [et] les moyens de nous défendre », a-t-il écrit.

L’année dernière, Pékin a intensifié son agressivité militaire et rhétorique à l’égard de Taïwan. Les manœuvres militaires chinoises près de l’île ont nettement augmenté ces derniers mois, tandis que les diplomates et les médias d’État chinois ont à plusieurs reprises proféré des menaces ouvertes à l’encontre de l’île.

Alors que l’Afghanistan tombait aux mains des talibans, des avions de chasse, des avions anti-sous-marins et des navires de combat chinois ont effectué des exercices d’assaut en de multiples endroits près de Taïwan, l’armée chinoise décrivant cette action comme une réponse directe aux « provocations » des États-Unis et de Taïwan.

Un officier de marine taïwanais se tient derrière des barbelés dans la baie de Liaolo, sur l’île de Kinmen, située sur la ligne de front, le 26 janvier 2016. (Sam Yeh/AFP via Getty Images)

Hua Chunying, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a de nouveau qualifié la revendication du régime chinois sur Taïwan de « ligne rouge qu’aucun pays ne peut franchir ».

« La Chine doit être et sera réunifiée », a-t-elle dit lors d’un point de presse le 20 août.

En réponse aux menaces de Pékin, la Maison-Blanche a réaffirmé son soutien à l’île démocratique. Plus tôt en 2021, le conseiller à la sécurité nationale, Jake Sullivan, a dit que l’engagement des États-Unis envers Taïwan « reste aussi fort qu’il ne l’a jamais été ».

« Nous nous tenons aux côtés de nos partenaires du monde entier qui sont soumis à ce genre de propagande », a dit Jen Psaki, porte-parole de la Maison-Blanche. « Nous allons continuer à joindre le geste à la parole. »

Ian Easton, directeur principal de l’Institut Project 2049, un groupe de réflexion basé en Virginie, a dit qu’il ne croyait pas que les États-Unis allaient simplement mettre Taïwan de côté.

Des avions de chasse chinois J-15 s’élancent depuis le pont du porte-avions Liaoning lors d’exercices militaires en mer Jaune, au large de la côte est de la Chine, le 23 décembre 2016. (STR/AFP via Getty Images)

Contrairement à l’Afghanistan, Taïwan est une préoccupation de « niveau 1 » pour les États-Unis, a-t-il dit.

« Il est absolument essentiel pour les États-Unis que Taïwan continue de survivre et de prospérer en tant que démocratie libre et ouverte », a dit M. Easton.

Il a exhorté les États-Unis et d’autres gouvernements démocratiques à se préparer au jour « où ils pourraient être amenés à prendre la défense de Taïwan et à combattre côte à côte avec l’armée taïwanaise ».

« Aujourd’hui, nous n’en sommes tout simplement pas là. Nous ne sommes pas prêts pour cela », a dit M. Easton lors d’une récente interview accordée à l chaîne NTD, un média partenaire d’Epoch Times.

Face à la pression chinoise, la présidente de Taïwan, Tsai Ing-wen, a attiré l’attention sur le renforcement des capacités d’autodéfense de l’île.

« La seule option pour Taïwan est de nous rendre plus forts et plus unis, de nous défendre avec une détermination plus ferme », a-t-elle déclaré aux membres de son Parti démocratique progressiste dans un discours prononcé le 18 août, qu’elle a ensuite diffusé sur les médias sociaux.

« Ce n’est pas une option pour nous de ne prendre aucune mesure nous-mêmes et de dépendre uniquement de la protection des autres. »

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