Le régime chinois change de discours sur la guerre en Ukraine par crainte de sanctions

9 mai 2022 Mis à jour: 9 mai 2022
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Alors que l’Union européenne et les États-Unis continuent d’augmenter les sanctions contre la Russie, les médias d’État du régime communiste chinois ont récemment changé de ton sur la guerre russo-ukrainienne et ont commencé même à faire des reportages positifs sur le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Selon les analystes, l’État-parti chinois craint que s’il est sanctionné pour son soutien à la Russie, l’économie chinoise pourrait s’effondrer. C’est pourquoi des ajustements mineurs ont été apportés à la position du régime, compte tenu des prévisions défavorables pour l’économie du pays à l’approche du XXe congrès national du Parti communiste chinois (PCC).

Le porte-parole officiel du PCC, l’agence de presse Xinhua, a pour la première fois cité directement les paroles du ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kuleba, qui a mentionné à trois reprises « l’invasion russe de l’Ukraine » lors de son interview écrite accordée à Xinhua le 30 avril.

Auparavant, le régime chinois avait refusé d’utiliser le terme « invasion ». Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février, le PCC a soutenu la Russie et s’est accordé avec Moscou dans sa propagande de guerre.

Puis, le 5 mai, de nombreux médias de l’État-parti chinois, dont CCTV, Global Network et China Business News, ont rapporté d’une manière positive un discours du président ukrainien Volodymyr Zelensky. C’était une fois de plus très différent de leur précédente description de Zelensky comme un clown et un comédien.

Ceci a suivi la proposition faite le 4 mai par la Commission européenne de mettre en place la sixième série de sanctions contre Moscou – notamment la suppression progressive des importations de pétrole russe dans les six mois et le retrait de la plus grande banque russe, la Sberbank, du système SWIFT. Entre-temps, le président américain Joe Biden a également indiqué qu’il était prêt à imposer des sanctions supplémentaires contre la Russie.

Feng Chongyi, professeur associé à l’Université de technologie de Sydney, en Australie, a expliqué à Epoch Times que les discussions au sein du PCC ont été récemment assez intenses à l’approche de son XXe Congrès national, notamment en raison de la détérioration de la situation économique de la Chine.

Si Pékin continue à soutenir la Russie dans cette situation, a poursuivi Feng, le régime chinois sera soumis au même niveau de sanctions que la Russie, et l’économie chinoise s’effondrera – ce qui aura un effet très défavorable pour la réélection du chef du Parti Xi Jinping lors du XXe Congrès. Xi est donc obligé d’effectuer quelques ajustements et mesures d’urgence – en particulier considérer l’agression russe contre l’Ukraine en tant « qu’invasion », comme le demandent l’Europe et l’Amérique.

Mais en même temps, le régime chinois n’abandonnera pas la Russie.

« Il peut apporter quelques changements mineurs à sa position, mais pas de changements importants », a déclaré Feng. « Il ne fait que jouer sur les deux tableaux, soutenant secrètement la Russie et n’osant pas se ranger ouvertement de son côté. »

Chen Pokong, un commentateur politique qui suit les affaires américano-chinoises, a indiqué sur sa chaîne YouTube que le récent changement de ton des médias officiels chinois montre que la politique pro-russe de Xi Jinping a subi un revers majeur au sein de la direction du Parti, et que le régime est confronté aujourd’hui à un choix entre la Russie et l’Ukraine.

« D’une part, le PCC voit que la guerre de la Russie contre l’Ukraine ne se déroule pas comme prévu », a-t-il constaté. « D’autre part, les sociétés d’État et les banques chinoises ne soutiennent pas la Russie parce qu’elles ne veulent pas être sanctionnées elles aussi – ainsi, la politique pro-russe du régime ne pourra pas être entièrement mise en œuvre. »

Vladimir Poutine et Xi Jinping lors de leur rencontre à Pékin, le 4 février 2022. (Alexei Druzhinin/Sputnik/AFP via Getty Images)

Sun Guo-Xiang, professeur associé au département des affaires internationales et du commerce de l’université Nanhua à Taïwan, a avancé à Epoch Times que le PCC n’abandonnera pas son soutien à la Russie, en particulier dans le contexte d’intensification de la concurrence stratégique entre l’Occident et la Chine.

Toutefois, la Russie a récemment commencé à se demander si le régime chinois peut réellement lui fournir toute l’aide dont elle a besoin et a même exprimé son mécontentement.

Boris Titov, conseiller économique du président russe Vladimir Poutine, a déclaré dans une interview exclusive accordée à Sputnik que la coopération économique entre la Chine et la Russie n’a pas été aussi bonne que prévu.

Dans les circonstances actuelles, la Russie ne devrait pas compter uniquement sur la Chine pour remplacer ses importations, a-t-il averti.

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