Les questions du climat et du commerce rendent moroses les relations sino-américaines

5 novembre 2021 Mis à jour: 5 novembre 2021
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John Kerry, l’envoyé spécial pour le climat du président américain, s’est rendu deux fois en Chine au cours des six derniers mois. Pourtant, il n’a pas réussi à assouplir la position de Pékin concernant les questions climatiques.

Lors de leur rencontre le 1er septembre, Wang Yi, le ministre chinois des Affaires étrangères, a indiqué sans équivoque à John Kerry que « la coopération sino-américaine en matière de climat ne peut être séparée du contexte plus large des relations sino-américaines ».

Cependant, plus tard le même mois, Pékin a soudain ordonné une série de coupures d’électricité pour soi-disant « réduire les émissions de carbone ».

L’économiste taïwanais Wu Jialong pense que la véritable motivation derrière ces coupures a plutôt été politique qu’environnementale. On pourrait en juger par les événements suivants.

Tout d’abord, le 9 septembre, le président américain Joe Biden a téléphoné à Xi Jinping, le chef du Parti communiste chinois (PCC). Si le contenu de cet appel reste en grande partie caché au public, on sait qu’il a été question de la libération de Meng Wanzhou, directrice financière du géant chinois des télécommunications Huawei. Cette fille du fondateur et président de Huawei qui est proche du dirigeant chinois Xi Jinping a été assignée à résidence dans son luxueux manoir au Canada en vertu d’une demande d’extradition américaine liée aux accusations de saper les sanctions contre l’Iran.

Deux semaines après cet appel téléphonique, deux choses se sont produites : Mme Meng a été libérée et Pékin a ordonné des coupures de courant.

Comme l’a expliqué Wu Jialong à Epoch Times : « Les coupures d’électricité sont temporaires. Elles sont survenues en échange de la libération de Meng. Xi voulait impressionner Biden : ‘Regarde, je peux tenir ma promesse.’ Mais cela ne peut pas résoudre les problèmes de climat et d’émissions chinoises. Il est également impossible pour Pékin d’échanger les coupures d’électricité contre une baisse des tarifs [américains]. »

Un groupe d’experts pro-PCC est prudemment optimiste

Le 25 octobre, Intellisia, un groupe d’experts pro-PCC basé en Chine, a publié un rapport indiquant que les relations entre la Chine et les États-Unis évoluent dans une direction favorable à l’État-parti chinois.

Outre l’augmentation des communications entre les hauts fonctionnaires des deux pays, le rapport mentionne deux autres facteurs, à savoir la libération de Meng et l’enquête non concluante sur l’origine du coronavirus.

Intellisia souligne que le PCC considère l’origine du virus comme le « sujet politiquement le plus sensible. Cependant, les résultats de l’enquête n’ont étonnamment pas désigné la Chine comme étant l’origine du virus, se contentant de demander à la Chine de faire preuve de transparence et de partager davantage de données.

« Peut-être l’administration Biden s’est-elle rendu compte de l’hypersensibilité de Pékin et de sa position ferme sur cette question », conclut le rapport.

Autre événement noté par le groupe d’experts : le jour même de la libération de Mme Meng, la secrétaire américaine au commerce, Gina Raimondo, a déclaré au Wall Street Journal qu’elle cherchait à améliorer les liens commerciaux entre les États-Unis et la Chine et qu’elle prévoyait de faire venir des cadres américains en Chine.

Le sénateur américain Tom Cotton a commenté que Mme Raimondo « ne se contente pas de suivre les demandes du lobby chinois, elle recrute activement pour ce lobby ».

L’engagement renouvelé de Pékin en matière de climat : « Mission impossible »

Le 28 octobre, à la veille de la 26e conférence sur le changement climatique (COP26) tenue à Glasgow, la Chine a soumis à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques la mise à jour de sa « contribution déterminée au niveau national » (CDN).

Dans ce document, la Chine s’est engagée à augmenter sa capacité de production d’énergie solaire et éolienne et a repris l’engagement formulé auparavant par Xi Jinping d’atteindre la neutralité carbone « avant 2060 ». Elle a également indiqué qu’elle prévoit d’augmenter ses émissions carbone jusqu’en 2030 – les mêmes engagements que Pékin a pris en 2015, lorsque Barack Obama a promis que l’Amérique diminuerait immédiatement ses émissions.

Toutefois, Wu Jialong et l’analyste financier Huang Shicong ont tous deux indiqué à Epoch Times que tout cela n’était pas si simple.

M. Wu a souligné que l’énergie thermoélectrique, basée principalement sur le charbon, représente 77 % de la production d’électricité en Chine, tandis que l’énergie hydraulique en représente 17 %.

« Pour diminuer les émissions de carbone, il faut changer la structure énergétique, ce qui est coûteux à faire. Et Pékin préfère dépenser l’argent dans les organisations internationales et parmi les politiciens américains », a-t-il précisé.

« En outre, c’est dans l’ouest de la Chine que l’on peut construire le plus de centrales éoliennes et solaires », a ajouté M. Huang. « Cependant, c’est dans la zone côtière orientale que l’on consomme le plus d’électricité. Il y a donc un problème de stockage de l’énergie et de son transport sur de longues distances. Leur réseau électrique représente un autre gros problème. »

Les deux experts ont également souligné que les énergies éolienne, solaire et hydroélectrique dépendent fortement des conditions météorologiques et leur apport d’énergie est imprévisible.

Huang Shicong a constaté qu’il est presque impossible pour la Chine d’atteindre les objectifs annoncés.

« Le monde entier a des doutes, car ils [les responsables chinois] ont rouvert un bon nombre de mines de charbon en raison de l’augmentation de la consommation d’électricité », a-t-il martelé. « Cela montre que ce qu’ils ont fait jusqu’à présent est un échec total. Qui pourrait croire à ce qu’ils disent dans leur CDN ? »


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