Quatre œuvres d’art disparaissent mystérieusement des bureaux de l’Assemblée nationale

Le 4 avril dernier, Le Canard enchaîné révélait que quatre œuvres d’art contemporain « accrochées au mur dans des bureaux » de  l’Assemblée nationale s’étaient volatilisées de façon mystérieuse. Fin mars, la présidence de l’Assemblée a d’ailleurs déposé plainte et une enquête confiée à la Brigade de Répression du Banditisme (BRB) a depuis été ouverte.

C’est le dernier inventaire annuel réalisé par la cellule œuvres d’art du service des affaires immobilières et du patrimoine qui a permis de constater l’absence de quatre œuvres d’art au sein du palais Bourbon.

Le mystère plane toujours sur l’Assemblée

Il s’agit d’une œuvre de Takis – un sculpteur grec contemporain qui s’est installé à Paris dans les années 50 – prêtée par le Fonds national d’art contemporain et de trois autres pièces qui appartiennent à l’Assemblée nationale : deux tableaux d’Hervé Télémaque et de Richard Texier, ainsi qu’une gravure dont l’auteur est inconnu.

Fin mars, François de Rugy – président de l’Assemblée nationale – a saisi la justice afin de déposer plainte et la Brigade de Répression du Banditisme a été chargée de l’enquête.

Interrogée par l’AFP, la présidence de l’Assemblée a précisé que les œuvres étaient « accrochées au mur dans des bureaux » et que « les recherches menées jusqu’à présent [n’avaient] pas permis de les localiser ».

Un cas loin d’être isolé

Dans son article intitulé « Arsène Lupin à l’Assemblé nationale », Le Canard enchaîné indique qu’une Commission de récolement des œuvres d’art (CRDOA) a été créée en 1996 suite à un rapport de la Cour des Comptes ayant relevé le manque de rigueur dans la tenue et le suivi des inventaires des dépôts d’œuvres d’art consentis par l’État.

D’après le site du ministère de la Culture, la commission pilote les opérations de vérification des collections publiques qui relèvent des services et des établissements de l’État et s’assure du « suivi des suites données aux œuvres non localisées (dépôts de plainte, émission de titre de perception, etc.) ».

À ce titre, la CRDOA alimente la base de données Sherlock qui répertorie les notices des pièces en dépôt non localisées et activement recherchées. Le Canard enchaîné rappelle que le rapport d’activité publié par l’organisme en 2014 signalait que sur 58 000 œuvres appartenant au patrimoine culturel national et ayant été prêtées aux services ou aux établissement de l’État, près de 23 000 étaient portées disparues…

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