Quatre ans sans contact avec le monde, l’avocat chinois Gao Zhisheng est-il en vie ?

24 juillet 2021 Mis à jour: 24 juillet 2021
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Gao Zhisheng, un éminent avocat chinois spécialisé dans les droits de l’homme qui a été nommé trois fois pour le prix Nobel de la paix, a été vu pour la dernière fois en août il y a 4 ans et n’a plus donné de nouvelles depuis. On ignore toujours où il se trouve, s’il est en vie ou s’il est mort. Lors de la cérémonie de clôture du Sommet international sur la liberté religieuse 2021, le 16 juillet, sa fille, Grace Gao, a appelé le public à rester préoccupé par tous ceux qui, comme son père, ont été persécutés par le Parti communiste chinois (PCC) pour avoir défendu les droits de l’homme, la foi et la liberté.

Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants des États-Unis, Mike Pompeo, ancien secrétaire d’État, et Chris Smith, membre du Congrès américain, ont assisté au sommet et ont tous exprimé leur inquiétude quant à la persécution des religions et des groupes religieux par le régime communiste chinois.

Grace Gao (qui s’appelle aussi Geng Ge) a raconté comment son père, Gao Zhisheng, un avocat respecté, a été réprimé par le PCC parce qu’il défendait des groupes religieux que les autorités chinoises persécutaient.

De 2006 à aujourd’hui, Gao Zhisheng a été détenu, gravement torturé et a disparu à de nombreuses reprises. Il y a 4 ans, à nouveau, sa famille a perdu toute trace de sa localisation et de sa sécurité.

Grace Gao a également raconté comment sa famille a été suivie par la police et comment 8 policiers sont entrés de force dans leur appartement deux pièces pour espionner la famille.

« Parce que beaucoup de gens qui sont en prison… Je pense que la seule chose qui les maintient en vie, c’est que des gens à l’extérieur se soucient d’eux et prient encore pour eux. C’est très important », a exprimé Grace Gao.

Elle s’est également jointe à Tony Perkins, président du Family Research Council (FRC) et présentateur de la conférence, pour « prier pour les victimes de la persécution communiste chinoise, prier pour Gao Zhisheng, qu’ils ne sont pas seuls, que le monde se soucie d’eux, et que le bien finira par l’emporter sur le mal », a tweeté Geng He le 16 juillet, épouse de Gao Zhisheng, qui a fui la Chine et amené ses deux enfants aux États-Unis en 2009.

Dans une vidéo, M. Perkins a félicité Grace Gao d’avoir repris le flambeau de la liberté de son père et a prié pour que Gao Zhisheng revienne bientôt pour porter à nouveau ce flambeau. Il a également dit : « Nous répondrons à leur appel et nous parlerons en leur nom. »

La femme de Gao Zhisheng s’inquiète : « Il a peut-être été persécuté à mort »

Le 13 août 2017, Gao Zhisheng, qui était toujours en résidence surveillée illégale, a soudainement perdu tout contact avec le monde extérieur. La femme de Gao, Geng He, sa famille et d’autres personnes ont demandé aux départements concernés du PCC où il se trouvait, mais n’ont reçu aucune information.

Au cours des trois dernières années, Gao Zhisheng « n’a reçu aucun appel téléphonique, aucun message texte, personne ne sait rien de lui, rien, et il semble s’être évaporé dans la nature », a dit Geng He lors d’un rassemblement de protestation devant le consulat de Chine à San Francisco le 19 avril.

Geng He confie avoir imaginé qu’elle serait un jour réunie avec Gao Zhisheng, mais elle se rend compte aujourd’hui que cette idée était naïve et qu’elle a sous-estimé la perversion du PCC. Elle a avoué qu’« un sinistre pressentiment se fait de plus en plus fort : il est probable que Gao Zhisheng ait été persécuté à mort, si ce n’est pas le cas il trouvera certainement un moyen de nous contacter pour nous apporter la paix, je le connais ».

Geng He et Gao Zhisheng ont annoncé publiquement leur retrait du PCC en novembre 2005 et Gao a déclaré s’être converti au christianisme dans l’édition d’Epoch Times du 13 décembre 2005,

En août 2006, la licence de Gao Zhisheng pour pratiquer le droit a été supprimée. Il a été secrètement enlevé et cruellement battu et torturé pendant quatre mois. En décembre de la même année, il a été condamné à trois ans de prison et cinq ans de probation pour « incitation à la subversion ».

En février 2009, alors qu’il était en liberté surveillée, Gao Zhisheng a été emmené par les autorités ; en avril 2010, il est apparu brièvement à Pékin et a accepté une interview avec l’Associated Press ; cependant, pendant les 22 mois qui ont suivi, il n’a de nouveau eu aucun contact avec le monde extérieur.

En août 2014, on a appris que Gao Zhisheng avait été emprisonné dans une prison du Xinjiang, et qu’il avait été soumis à diverses formes de torture, notamment à des chocs électriques sur ses parties génitales. Après sa libération de prison, Gao Zhisheng a continué à être étroitement surveillé par les autorités, puis a de nouveau disparu le 13 août 2017.

Avec un immense courage, Gao Zhisheng a défendu le groupe de pratiquants pacifiques du Falun Gong

Début 2001, le ministère chinois de la Justice a désigné Gao Zhisheng comme l’un des « dix meilleurs avocats de Chine », et il a été promu à la télévision.

Dès 1996, Gao Zhisheng défendait les droits des groupes vulnérables en Chine. En 2004, lorsqu’il a commencé à représenter des pratiquants de Falun Gong dans des procès, il a été la cible de répressions de la part de la Commission des affaires politiques et juridiques de Chine, la principale agence du Parti communiste chargée de la sécurité nationale et du maintien de la stabilité.

Après avoir représenté au moins deux cas de Falun Gong et enquêté personnellement sur des pratiquants de Falun Gong torturés et persécutés pour leurs croyances, le 18 octobre 2005, Gao Zhisheng a publié des lettres ouvertes au secrétaire général du PCC, Hu Jintao, et au premier ministre Wen Jiabao, demandant aux autorités de mettre fin à la torture et à la persécution des pratiquants de Falun Gong, indiquant que la persécution du PCC « éteignait la conscience et la moralité de la nation ».

En mars 2006, le crime du PCC de prélèvement forcé d’organes sur les pratiquants de Falun Gong a été révélé. Gao Zhisheng a exprimé publiquement sa volonté de participer à une enquête sur ces allégations et a écrit à l’ancien secrétaire d’État canadien (Asie-Pacifique) David Kilgour et à l’avocat international des droits de l’homme David Matas, les invitant à se rendre en Chine pour y prendre part.

En juin 2006, les autorités chinoises communistes ont refusé les demandes des deux Canadiens d’entrer en Chine pour mener une enquête indépendante.

C’est en août 2006 que la vie de Gao Zhisheng a basculé lorsqu’il a été secrètement arrêté, torturé et condamné à la prison. Ont alors commencé les persécutions et les mauvais traitements qui se poursuivent à ce jour.

Fin 2005, le commentateur politique hongkongais Xu Xing a écrit un article faisant l’éloge de Gao Zhisheng comme étant « la personne la plus courageuse qui a osé toucher la zone interdite la plus dangereuse du mouvement des droits de l’homme ».

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