Protestation exceptionnelle contre Xi Jinping à Pékin, à quelques jours du XXe Congrès national du PCC

15 octobre 2022 Mis à jour: 16 octobre 2022
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Une manifestation inhabituelle contre le dirigeant chinois Xi Jinping a eu lieu à Pékin le 13 octobre, selon des images et des photos largement diffusées, à trois jours du XXe Congrès national du Parti communiste chinois (PCC).

Twitter est bloqué en Chine. C’est sur la plateforme de micro-blogging néanmoins que circulent de nombreuses images et vidéos. On peut y voir deux bannières blanches sur lesquels sont inscrits des mots d’ordre exhortant entre autres la destitution de Xi Jinping et la fin de la politique draconienne zéro Covid.

Les banderoles ont été déployées sur le pont Sitong dans le district de Haidian, un quartier universitaire au nord-ouest de la capitale, selon des images et les vidéos prises sous différents angles.

On peut voir de la fumée émaner du viaduc et entendre un homme scander des mots d’ordre à l’aide d’un haut-parleur.

Un tel incident constitue une source d’embarras pour Xi Jinping, qui devrait s’assurer un troisième mandat, créant un précédent, d’une durée de cinq ans lors du prochain congrès du Parti. Le congrès quinquennal doit débuter le 16 octobre à Pékin, il sert à désigner le nouveau gouvernement.

Des dissidents et des pétitionnaires ont témoigné pour Epoch Times comment, depuis septembre, la police sillonne les rues de leur quartier et surveille leur domicile jour et nuit.

À quelques jours de cette réunion politique décisive, il est très inhabituel que des manifestations surgissent dans le pays, en particulier dans le centre politique de Pékin. Toute la capitale est dotée d’un vaste système de surveillance  installé depuis 2015. Selon Comparitech, un site de cybersécurité basé au Royaume-Uni, près de 7,9 millions de caméras contrôlent la ville 24 h/24.

« Grève des écoles ! Grève du travail ! Renvoyons le dictateur et traître Xi Jinping », pouvait-on lire sur une des deux banderoles.

L’autre bannière disait : « Non aux tests Covid, à manger ! Pas de confinement, la liberté. Pas de mensonges, de la dignité. Pas de révolution culturelle, des réformes ! Pas de meneurs, des élections ! Ne pas être esclave, être citoyen ! »

Le PCC a clairement fait savoir qu’il resterait attaché à sa politique zéro Covid. Cependant, les confinements interminables et les tests à répétition entraînent une frustration généralisée à travers les villes chinoises. Des manifestations à petite échelle ont éclaté à Shanghai et dans d’autres villes plus tôt cette année.

Au 10 octobre, des restrictions ou des confinements ont été imposés dans au moins 36 villes chinoises. Selon une estimation de la banque japonaise Nomura, cela touche environ 196,9 millions de personnes, contre 179,7 millions la semaine dernière.

Pékin teste ses 21 millions d’habitants tous les trois jours. Les habitants doivent présenter un résultat négatif à un test PCR réalisé dans les 72 heures pour entrer dans un lieu public ou prendre les transports en commun.

Un agent de sécurité monte la garde avant le 20e Congrès du Parti communiste chinois, à Pékin, le 13 octobre 2022. (Noel Celis/AFP via Getty Images)

Censure

Jeudi soir, la police ne manquait pas d’être présente aux alentours de l’endroit où a eu lieu la manifestation, plusieurs voitures et agents surveillaient l’artère où les banderoles avaient été accrochées, selon Reuters. L’agence de presse a précisé qu’il n’y avait plus aucune trace des banderoles, ni du feu.

Un habitant du quartier a déclaré à Epoch Times qu’il avait immédiatement fermé sa porte en voyant cette manifestation. Il a refusé de discuter des détails par téléphone, disant que « le contrôle a été renforcé ces derniers jours ».

Plusieurs habitants ont dit avoir entendu parler de cette manifestation sans parvenir à la partager sur WeChat, la messagerie la plus utilisée dans le pays.

Un habitant de Pékin a exprimé son soutien à la manifestation.

« Les gens ont le droit d’exprimer leurs idées, ce qui est protégé par la Constitution », a-t-il déclaré jeudi à Epoch Times. « Cependant, lorsque les gens expriment leurs idées en public, quel que soit le moyen, ils sont accusés de ‘chercher querelle et de semer le trouble’ ».

« Chercher querelle et semer le trouble », voilà le chef d’accusation le plus fréquemment utilisé par le PCC pour faire taire les critiques.

Sur le réseau Internet chinois fortement censuré, les mots-clés relatifs à la manifestation n’ont donné aucun résultat jusqu’à jeudi.

Une chanson intitulée « Sitong Bridge », le nom du pont à Haidian, par un artiste appelé Biuya, a été censurée sur diverses applications musicales chinoises, selon Reuters.

Reuters, Hong Ning et Xia Song ont contribué à cet article.

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