Pékin vous connaitra mieux que vous ne vous connaissez vous-même, explique le PDG de Gettr

4 octobre 2022 Mis à jour: 4 octobre 2022
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Lorsque les gens parlent de « violation de données », ils pensent naturellement au vol d’informations, comme les mots de passe. Cependant, Jason Miller, fondateur de l’application de médias sociaux Gettr, estime que les risques sont bien plus importants.

« Ce dont il s’agit, c’est qu’ils vont en savoir plus que vous sur votre constitution mentale, et c’est effrayant », confie‑t‑il à Epoch Times le 1er octobre.

Les applications soutenues par l’État chinois, comme TikTok – qui se concentrent sur les générations Z et Alpha – ne se contentent pas de collecter les données de leurs utilisateurs, mais donnent à Pékin une connaissance approfondie du fonctionnement mental des utilisateurs qui seront notre prochaine génération de dirigeants, selon M. Miller.

L’ancien conseiller de l’administration Trump se trouvait à Sydney pour la CPAC Australia – la conférence d’action politique conservatrice.

Selon lui, les entreprises basées en Chine et, par défaut, le Parti communiste chinois (PCC) au pouvoir, ont désormais accès à toutes les informations des utilisateurs, notamment les données contenues dans les cartes de crédit et les mots de passe, à partir d’applications telles que TikTok. Dans le même temps, ces entreprises vont procéder à « l’analyse psychographique de toute une génération de personnes ».

Jason Miller, PDG de Gettr, dans une interview avec Steve Lance de NTD sur « Capitol Report », le 14 septembre 2022. (Capture d’écran via la vidéo NTD)

« Disons que ma fille aînée a 13 ans. Ils vont commencer à la suivre lorsqu’elle ouvrira un compte. Dix ans plus tard, alors qu’elle terminera ses études, ils disposeront de dix ans de données d’analyse psychographique sur une utilisatrice qu’ils connaîtront parfaitement. »

Ces données permettront au PCC de savoir ce que les jeunes générations des autres pays pensent sur des questions comme Taïwan ou quand « le prochain virus arrivera ».

« Ils sauront très vite ce qui fera bouger l’opinion publique. »

« Avance rapide de 10 ou 20 ans… ma fille se présente aux élections. Imaginez comment ils pourraient manipuler et disposer des analyses psychographiques de toute une génération de dirigeants politiques et d’électeurs, non seulement aux États‑Unis mais dans le monde entier. »

« Ils sauront si vous allez ‘aimer’, glisser vers le haut, la gauche ou la droite, et à quel contenu vous allez réagir, avant même que vous le fassiez. Pensez comment ils vont utiliser ces informations pour manipuler d’autres gouvernements, d’autres pays. Et ils ne font que commencer. »

Big Tech chinoise et ambitions du PCC

La façon dont les entreprises technologiques chinoises soutenues par l’État utilisent les données qu’elles collectent suscite depuis longtemps des interrogations. Certaines des entreprises technologiques les plus connues au monde sont basées en Chine, notamment TikTok (ByteDance), Huawei, HikVision, WeChat (Tencent) et le plus grand fabricant de drones au monde, DJI.

Les entreprises implantées en Chine sont soumises à un grand nombre de lois régies par le Parti communiste chinois (PCC) qui les obligent à coopérer avec le régime.

Notamment, la loi de 2017 sur le renseignement national oblige les entreprises établies en Chine à partager leurs données avec le PCC si elles en reçoivent l’ordre. La doctrine de fusion militaro‑civile du PCC implique que les technologies développées dans le secteur civil peuvent directement être récupérées par l’Armée populaire de libération (APL, l’armée chinoise).

Grâce à un tel fonctionnement (renforcé par le vol des technologies occidentales), la Chine a fait des avancées spectaculaires dans plusieurs domaines technologiques de pointe, comme l’intelligence artificielle et l’informatique quantique.

Arthur Herman, principal chercheur du Hudson Institute, un think tank conservateur, a réagi en invitant les dirigeants américains à maintenir l’avance technologique des États‑Unis sur Pékin.

« Le fait que nous ayons une avance ne signifie pas nécessairement que nous allons gagner », a‑t‑il précédemment déclaré à Epoch Times. « C’est comme le lièvre et la tortue. Nous sommes comme le lièvre, nous avons sprinté en avant… mais les Chinois avancent vers nous, lentement mais sûrement. »

Entre‑temps, le sénateur australien James Paterson a appelé les dirigeants du monde entier à se fier aux grandes entreprises technologiques de la Silicon Valley tenues de respecter les lois des États‑Unis.

« Malgré nos nombreuses frustrations justifiées quant à nos propres titans technologiques, c’est à nous de choisir si nous voulons qu’ils gagnent la compétition contre leurs concurrents des pays autoritaires », a‑t‑il déclaré.

« Parce que ce sera soit Google, Facebook, Microsoft et Amazon qui établiront les règles du jeu internationales en matière de technologie, soit ce sera Tencent, ByteDance, Huawei et HikVision. »

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