Pékin refuse de condamner la Russie pour les exactions commises à Boutcha

16 avril 2022 Mis à jour: 16 avril 2022
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La Chine a refusé de condamner la Russie au sujet des meurtres de Boutcha au milieu d’un tollé international, exhortant toutes les parties à éviter les « accusations sans fondement », tout en qualifiant d’inacceptable la violence contre les civils.

Le 5 avril, lors d’une réunion du Conseil de sécurité, l’ambassadeur de Chine aux Nations unies, Zhang Jun, a exhorté toutes les parties à faire preuve de retenue et à mettre fin à ce qu’il a qualifié d’accusations sans fondement.

Bien qu’il ait qualifié les rapports et les images des événements de Boutcha de « profondément troublants », Zhang s’est bien gardé de tenir la Russie pour responsable des atrocités commises dans la ville, invoquant une insuffisance de preuves.

Dans son discours, Zhang a qualifié les tueries d’« incident » et l’agression russe en Ukraine de « conflit » ou de « crise ».

En outre, l’envoyé a critiqué les sanctions internationales, qu’il estime être une solution inefficace à la question.

« Au contraire, elles [les sanctions] accélèrent le débordement de la crise et provoquent une nouvelle escalade de problèmes compliqués », a-t-il déclaré.

Les meurtres de Boutcha ont été révélés le 2 avril lorsque le maire de la ville a déclaré que 280 personnes avaient été enterrées dans une fosse commune. Des images et des séquences vidéo macabres ont suscité l’indignation du monde entier, qui a demandé une enquête complète sur cette tragédie. On se souvient que les troupes russes ont occupé la ville du 27 février au 30 mars la maintenant inaccessible jusqu’à leur retrait.

Un bâtiment détruit à Boutcha, au nord-ouest de Kiev, en Ukraine, le 2 avril 2022. (Ronaldo Schemidt/AFP via Getty Images)

Les responsables ukrainiens ont accusé Moscou de commettre d’horribles crimes de guerre dans la ville. Cependant, leurs homologues russes ont nié toutes les allégations contre leur pays comme étant des déclarations infondées, affirmant que les exactions avaient été une « mise en scène » des autorités ukrainiennes.

Avant le discours de l’envoyé de la Chine à l’ONU, les médias nationaux de l’intérieur du pays ont publié une série d’articles allant dans le sens des commentaires de Moscou avec vues convergentes.

Le 5 avril, le Global Times, un tabloïd nationaliste publié par le Quotidien du peuple, porte-parole du Parti communiste chinois, a critiqué les États-Unis pour leur rôle dans la guerre russo-ukrainienne dans un éditorial.

« Les États-Unis, qui sont à l’origine de la crise ukrainienne, n’ont montré aucun signe de vouloir la paix ou de promouvoir des pourparlers », écrit le journal. « Mais ils sont prêts à exacerber les tensions Russie-Ukraine et à créer des obstacles aux pourparlers de paix entre les deux parties. »

Parallèlement, il a accusé Washington de continuer à « enflammer la situation » en offrant des systèmes d’armements supplémentaires à l’Ukraine. Il a qualifié cette démarche de « sans précédent » et d’irresponsable.

En outre, Xinhua, un autre média géré par l’État chinois, a attribué la cause la plus directe du conflit russo-ukrainien à l’expansion vers l’est de l’OTAN sous la direction des États-Unis, qui, selon elle, ne tient pas compte des préoccupations légitimes de la Russie en matière de sécurité.

Cependant, les journalistes de l’AFP sur le terrain ont confirmé avoir été témoins, le 2 avril, de cadavres de civils laissés sur place depuis plusieurs jours, et n’avoir trouvé aucun corps en mouvement, comme le prétendaient certaines rumeurs sur les médias sociaux.

Des personnes réagissent alors qu’elles se rassemblent près d’une fosse commune dans la ville de Boutcha, juste au nord-ouest de la capitale ukrainienne Kiev, le 3 avril 2022. (Sergei Supinsky/AFP via Getty Images)

Les images satellites publiées par Maxar Technologies le 4 avril réfutent également les affirmations russes selon lesquelles les cadavres en vêtements civils trouvés à Boutcha étaient apparus dans la ville dévastée seulement après le retrait des forces russes.

« L’imagerie satellitaire haute résolution de Maxar recueillie au-dessus de Boutcha, en Ukraine, vérifie et corrobore les récentes vidéos et photos des médias sociaux qui révèlent des corps étendus dans les rues et laissés à l’air libre pendant des semaines », a écrit Maxar Technologies dans une déclaration sur Twitter.

Le 6 avril, l’administration Biden a annoncé une nouvelle série de sanctions contre Moscou suite aux massacres de Boutcha, notamment l’interdiction de tout nouvel investissement en Russie et appelle à adopter des sanctions à l’encontre des deux filles adultes du président russe Vladimir Poutine.

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