Pékin exploite les protestations liées à l’affaire George Floyd pour attiser les tensions et discréditer les États-Unis, selon les experts

3 juin 2020 Mis à jour: 7 août 2021
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Selon les experts, le régime chinois exploite les troubles qui sévissent dans toute l’Amérique pour s’attaquer aux États-Unis et détourner l’attention de son emprise croissante sur Hong Kong.

Ces derniers jours, les diplomates chinois et les médias publics se sont tournés vers les médias sociaux, multipliant les critiques à l’encontre des États-Unis pour leur gestion des manifestations incessantes liées à la mort de George Floyd en garde à vue, qui ont récemment dégénéré en violence dans des dizaines de villes du pays.

George Floyd est mort le 25 mai dernier après qu’un officier de police a appuyé son genou sur son cou.

Le 30 mai, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying, a répondu par écrit à un tweet du département d’État américain dénonçant l’empiétement du régime sur Hong Kong : « Je ne peux pas respirer », citant les paroles de  M. Floyd sur une vidéo réalisée avant sa mort.

Le message de Hua Chunying est arrivé un jour après l’annonce faite par le président Donald Trump que son administration allait révoquer les privilèges économiques de Hong Kong à la suite de l’imposition par le régime d’une loi de sécurité nationale à la ville. Cette décision, a déclaré M. Trump, montre que le régime a manqué à sa promesse d’accorder à Hong Kong un degré élevé d’autonomie lorsque la souveraineté a été transférée de la Grande-Bretagne à la Chine en 1997.

Pékin n’a pas encore répondu officiellement à la décision de M. Trump, mais les médias d’État ont intensifié leur couverture des manifestations américaines, s’empressant de faire des comparaisons entre les manifestations américaines et le mouvement pro-démocratie en cours à Hong Kong.

Samedi, le journal belliciste d’État Global Times a publié un commentaire intitulé : « Attention ! Le ‘beau spectacle’ de Hong Kong se répand dans tous les États-Unis. » Le titre était une digression des remarques faites par la présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi l’année dernière, lorsqu’elle a déclaré que les manifestations pro-démocratiques à Hong Kong étaient « un beau spectacle à voir ».

Le conseiller américain à la sécurité nationale Robert O’Brien a critiqué dimanche la « dérive » de Hua Chunying dans le département d’État américain, ajoutant qu’il avait vu les tweets de diplomates chinois prendre plaisir à assister au chaos en Amérique.

« Nos adversaires étrangers vont profiter de cette crise pour semer la discorde et tenter de nuire à notre démocratie », a déclaré M. O’Brien à la télévision ABC.

Ne jamais laisser une crise inexploitée

La crise est un « cadeau de propagande » au régime communiste, qui est actuellement largement condamné pour son empiétement sur l’autonomie de Hong Kong, a déclaré Helle Dale, chargée de recherche en diplomatie publique au sein du groupe de réflexion The Heritage Foundation (la Fondation du patrimoine) basé à Washington.

Pékin a « reçu la situation sur un plateau et ils en tirent le meilleur parti », a déclaré Helle Dale à Epoch Times. « Ils feront tout ce qu’ils peuvent pour attiser les flammes des problèmes que nous avons. »

Ils tentent de retourner l’opinion mondiale contre les États-Unis, de faire évoluer les opinions au niveau national, ainsi que d’alimenter les tensions raciales pour exacerber la crise, a-t-elle dit.

Gordon Chang, expert de la Chine et auteur du livre L’effondrement imminent de la Chine (2001) (The Coming Collapse of China), a déclaré que si l’objectif spécifique du régime chinois est de détourner du sujet de Hong Kong les conversations mondiales, ses efforts de propagande s’inscrivent dans une campagne de plusieurs décennies visant à discréditer les États-Unis.

Le régime « essaie de s’en prendre aux États-Unis et de ternir notre réputation en général », a déclaré M. Chang. « Leur véritable objectif est de détruire les États-Unis. »

Helle Dale a déclaré que le régime s’est montré « très habile à tirer profit des événements actuels » et qu’il a intensifié ses efforts de propagande mondiale depuis l’apparition du virus du PCC*. Pendant la pandémie, Pékin a cherché à détourner l’attention de sa responsabilité dans la propagation mondiale du virus en diffusant des informations sur les origines du virus et en présentant le régime comme un exemple dans les efforts d’endiguement mondiaux.

Armement des médias sociaux

Robert Spalding, membre éminent du groupe de réflexion Hudson Institute basé à Washington et auteur de Stealth War : How China Took Over While America’s Elite Slept (guerre furtive : comment la Chine a pris le pouvoir alors que l’élite américaine dormait), a déclaré que les régimes autoritaires comme la Chine utilisent les médias sociaux pour semer le chaos et la discorde aux États-Unis.

Le régime utilise probablement les réseaux de robots sur Twitter pour amplifier les messages qui incitent les gens à se joindre à l’agitation, a-t-il dit, citant des recherches récentes montrant que les robots jouent un rôle essentiel dans l’orientation de la conversation sur la pandémie. Les analystes de l’université Carnegie Mellon ont découvert que 40 % des discussions autour de Covid-19 provenaient des robots. Ces derniers représentaient 82 % des 50 premiers tweeters influents et 62 % des 1 000 premiers re-tweeters. M. Spalding a déclaré qu’un examen de la discussion actuelle sur les protestations conduirait probablement à des résultats similaires.

« L’environnement des médias sociaux fournira une plate-forme facile aux acteurs de l’État pour inciter à plus d’activité [dans les manifestations] », a déclaré M. Spalding à Epoch Times. « Ils utilisent ces plateformes pour augmenter l’ampleur de la violence. »

Attaquer la démocratie

Les responsables américains ont décrié les tentatives de Pékin d’assimiler les manifestations de Hong Kong aux troubles aux États-Unis. Le régime chinois a constamment décrit les manifestants pro-démocratie de la ville comme des « émeutiers » qui doivent être réprimés.

« Ils sont complètement différents », a déclaré Mike Pompeo à Fox News dimanche. « Nous avons l’État de droit. Nous avons des Américains décents dans tout le pays qui sont troublés par ce qui s’est passé, et ils ont la possibilité d’en parler librement. Rien de tout cela n’existe en Chine. Le Parti communiste chinois empêche ce genre de liberté d’expression. »

Par ailleurs, Robert O’Brien a souligné que la différence entre les États-Unis et leurs adversaires étrangers est que : « Lorsque cela se produit, nous allons aller au fond des choses et nous allons faire le ménage. Il n’y aura pas de dissimulation. Et cela ne se fait pas au nom d’un parti ou de l’État. »

Helle Dale a dénoncé l’hypocrisie qui se cache derrière certaines des remarques du régime sur les manifestations pour Floyd. Hua Chunying, lundi, a écrit dans un tweet : « Toutes les vies comptent. Nous sommes solidaires de nos amis Africains. Nous nous opposons fermement à toutes les formes de discrimination raciale et aux expressions incendiaires de racisme et de haine. »

En qualifiant le tweet d’ « opportuniste », Helle Dale a souligné les nombreuses violations des droits de l’homme commises par le régime à l’encontre des minorités ethniques, ainsi que son propre bilan en matière de brutalité policière.

Les troubles civils aux États-Unis renforcent le message du régime selon lequel son modèle autoritaire serait supérieur à la gouvernance démocratique, a déclaré Kathleen Troia McFarland, l’ancienne conseillère adjointe à la sécurité nationale, à Epoch Times à l’émission American Thought Leaders (maîtres à penser américains).

« Ils pointent du doigt toutes ces choses, que ce soit la crise économique de 2008, la pandémie, les manifestations américaines, les pillages dans les rues, le procès pour destitution », a déclaré K.T. McFarland. « Et ils disent : ‘Vous voyez, nous n’avons pas ces problèmes en Chine. Les démocraties ont ces problèmes, les systèmes de marché libre ont ces problèmes.' »

Elle a ajouté : « Plus l’Amérique paraît divisée et plus il y a d’images d’Américains pillant dans les rues […] toutes ces choses, cela ne fait qu’alimenter le récit chinois. »

HONG KONG : CE QUE VOUS DEVEZ SAVOIR

* Epoch Times qualifie le nouveau coronavirus, à l’origine de la maladie Covid-19, de « virus du PCC » parce que la dissimulation et la mauvaise gestion du Parti communiste chinois ont permis au virus de se propager dans toute la Chine et de créer une pandémie mondiale.

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