Opération coup de filet: une centaine d’habitants d’une ville chinoise, dont une femme de 98 ans, arrêtés en une journée pour leur croyance

11 octobre 2022 Mis à jour: 11 octobre 2022
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Selon un rapport publié sur Minghui.org, la police de la ville de Daqing, dans la province du Heilongjiang (Nord-Est de la Chine), a arrêté près de 100 pratiquants de Falun Gong le 12 juillet en raison de leur foi. La police a fait une descente à leur domicile, a confisqué leur argent et effets personnels.

Minghui est une organisation à but non lucratif basée aux États-Unis qui informe sur la persécution continue exercée en Chine à l’encontre du mouvement spirituel Falun Gong, qui s’inspire de principes bouddhistes.

Plus de 20 pratiquants de Falun Gong étaient âgés de plus de 70 ans, dont une femme de 98 ans.

Le coup de filet faisait partie d’une opération menée au niveau provincial, a rapporté Minghui, citant des policiers qui ont participé à cette initiative.

Descentes organisées

Selon le rapport publié le 26 septembre, 15 services de police de la ville de Daqing ont participé à cette opération, les policiers de toute la ville se sont déplacés simultanément au cours de cette mission d’une journée. La police a suivi les ordres du Bureau 610 du Parti communiste chinois (PCC), la Gestapo chinoise.

Cinq directeurs/directeurs adjoints du « Bureau 610 » limogés. (Epoch Times)

Un rapport précédent de Minghui, publié le 13 septembre, révèle que le département de police provincial du Heilongjiang a distribué les noms des pratiquants de Falun Gong à tous les bureaux de police municipaux, qui à leur tour ont transmis les noms à chaque division, puis à chaque poste de police.

La police se préparait à ces arrestations illégales depuis plus de neuf mois, a rapporté Minghui. Au cours des neuf derniers mois, la police a traqué et filmé tous les pratiquants de Falun Gong figurant sur les listes. Elle a ensuite déployé des policiers devant le domicile de chacun d’entre eux pendant plus d’une semaine pour s’assurer qu’elle pourrait les arrêter le 12 juillet.

Il s’agit d’une mesure de répression récente prise par le régime communiste chinois à l’encontre des pratiquants de Falun Gong. La persécution du Falun Gong par le PCC a commencé en juillet 1999 et se poursuit encore aujourd’hui.

Le Falun Gong, également connu sous le nom de Falun Dafa, est une pratique spirituelle comprenant cinq exercices paisibles alliés à des enseignements moraux promouvant les valeurs de vérité, compassion et tolérance. Sa popularité a connu un véritable essor dans les années 1990, après sa diffusion à l’échelle nationale, car la discipline procure des bénéfices physiques et spirituels importants. Le nombre de pratiquants de Falun Gong en Chine était estimé entre 70 et 100 millions à la fin de la décennie.

Le Bureau 610 est un organisme extrajudiciaire créé le 10 juin 1999 par l’ancien dirigeant du PCC, Jiang Zemin. Il est destiné à « éradiquer » les pratiquants de Falun Gong. Il a été nommé en fonction de la date de sa création.

Jiang Zemin, inquiet de la popularité du groupe spirituel, a lancé la répression du Falun Gong à l’échelle nationale le 20 juillet 1999. La persécution se poursuit encore aujourd’hui.

Plus de 20 pratiquants âgés pris pour cible

Plus de 20 des pratiquants de Falun Gong détenus ont plus de 70 ans. Parmi eux, une douzaine a plus de 80 ans. La plus âgée des personnes détenues est une pratiquante de Falun Gong de 98 ans, nommée Mme Li. Le rapport de Minghui n’a pas divulgué son nom complet.

En juillet et août, la province de Heilongjiang a arrêté et détenu 235 pratiquants de Falun Gong, soit le nombre le plus élevé de toutes les provinces chinoises au cours de cette période.

Mme Li, âgée de 98 ans, a été libérée. Minghui n’a pas précisé quand elle a été remise en liberté.

Le 12 juillet, la police a fait irruption dans le domicile d’au moins 70 pratiquants de Falun Gong et a emporté leurs effets personnels, notamment les ordinateurs portables, les imprimantes, les lecteurs multimédia, les livres sur le Falun Gong et les téléphones portables, comme l’a rapporté Minghui le 26 septembre.

Wang Fengzhen a entendu quelqu’un frapper à sa porte à 5 h 30 du matin. Derrière la porte, la personne déclarait appartenir au centre de contrôle et de prévention des pandémies. Lorsque Mme Wang a ouvert sa porte, un groupe de policiers est entré pour l’emmener au bureau de police de la zone de développement high-tech de Daqing. La police a emporté plus d’une dizaine de livres sur le Falun Gong.

Gao Xijiang a été piégé par la police et a quitté son domicile à 6 heures du matin. Les policiers lui ont affirmé que sa voiture était rayée. Lorsque M. Gao est sorti, la police l’a arrêté. La femme de M. Gao a refusé d’ouvrir la porte. Les policiers ont tenté de forcer la serrure et de scier plusieurs garde-corps des fenêtres en acier. Ils n’ont pas pu entrer dans la maison de M. Gao malgré tous leurs efforts, a déclaré Minghui.

Li Guilian est une pratiquante de Falun Gong âgée de 84 ans. La police a ouvert la porte de son domicile avec une clé à 7 heures du matin. Les agents ont emporté ses livres sur le Falun Gong et un lecteur multimédia qu’elle utilisait pour diffuser la musique nécessaire aux exercices de Falun Gong. Elle a refusé de partir avec la police, mais la police la forcée à laisser ses empreintes digitales sur de nombreux documents. Ils ne sont partis que tard dans l’après-midi.

Les policiers de la branche de la police du comté de Lindian ont arrêté Zhao Li, pratiquante de Falun Gong, à son domicile. Ils ont ensuite saccagé son logement. Après leur départ, les membres de sa famille ont constaté que 9000 yuans (1260 euros) en espèces et un collier en or avaient disparu. Ils soupçonnent la police de les avoir volés. Mme Zhao a été placée en garde à vue et est actuellement détenue au centre de détention n°1 de Daqing.

Dans la méthode de torture appelée « banc du tigre » représentée sur ce dessin, la surélévation des jambes provoque des douleurs atroces au bout d’un moment. Le recours à la torture est systématique dans les camps de travail chinois, ainsi que dans les centres de lavage de cerveau où sont envoyés les prisonniers de conscience, alors que la Chine a officiellement aboli les camps de travail. (Avec l’aimable autorisation de Minghui.org)

Minghui rend compte de cas de persécution plus détaillés sur son site Web.

Toutefois, Minghui explique que ses données sont incomplètes dans la mesure où il est difficile pour ses journalistes de communiquer avec les pratiquants de Falun Gong de Chine en raison du blocus de l’information imposé par le PCC. Le nombre réel de pratiquants de Falun Gong persécutés est probablement beaucoup plus élevé que celui publié.

La police refuse de présenter les mandats d’arrêt

Selon ce rapport, les policiers qui ont participé à l’arrestation et à la détention illégales des pratiquants de Falun Gong le 12 juillet n’ont pas présenté de mandat ni de pièces d’identité.

Lorsque les pratiquants de Falun Gong leur ont demandé leurs mandats et leurs pièces d’identité, certains policiers ont répondu qu’il s’agissait de « secrets d’État », qui ne pouvaient, selon eux, être divulgués en ligne. Minghui a condamné la police pour les actions illégales visant les pratiquants de Falun Gong. La police craint que ses actions illégales ne soient révélées sur le site Minghui.org.

Selon Minghui, au moins huit pratiquants de Falun Gong sont toujours détenus dans le centre de détention n°2 de Daqing et un pratiquant de Falun Gong dans le centre de détention n°1 de Daqing.

Un avocat chinois qui souhaite rester anonyme a déclaré à l’édition en langue chinoise d’Epoch Times que la persécution du Falun Gong par le PCC était illégale.

« Peu importe votre âge et votre état physique, si vous êtes un pratiquant de Falun Gong, le PCC vous arrêtera, vous placera en détention et vous jugera », a déclaré l’avocat.

Li Jiesi a contribué à cet article.

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