Comment les oeillères et les préjugés nuisent à nos enfants

La société nous pousse à élever nos enfants d'une certaine manière, parfois, il faut résister
25 octobre 2021 Mis à jour: 27 octobre 2021
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Tous les parents ont de forts préjugés, lorsqu’il s’agit de gérer la manière dont leurs enfants utilisent les écrans. 

« Mon enfant n’enverrait jamais une photo de nu. Ce n’est pas comme ça qu’elle a été élevée. »

« Je ne crois pas que mon enfant me mente. J’ai de bons enfants. »

« Les jeux vidéo ne sont pas si mauvais. J’y ai joué quand j’étais petit, et j’ai lu que les jeux vidéo sont bons pour la coordination œil-main. »

« Je surveille ce que mes enfants font en ligne. »

Les parents aiment leurs enfants, mais, pour tous, il y a des angles morts dans leur manière de les élever.

Les préjugés font partie de la vie. La plupart d’entre nous se souviennent du conte intitulé Les habits neufs de l’empereur. Des charlatans arrivent en ville et parviennent à convaincre l’empereur d’acheter de somptueux vêtements – des vêtements qui restent invisibles pour les personnes stupides ou incompétentes. L’empereur, incapable de voir ces habits, mais trop fier pour l’admettre, se pavane nu dans la ville. Tous de déclarer qu’il est habillé. Mais un jeune enfant, dont la voix résonne au-dessus de la foule, s’exclame ingénument : « Mais il n’a rien sur lui ! » Les citadins finissent par s’éveiller à la supercherie. Leurs préjugés avaient pris le dessus pour les aveugler –  le mensonge avait pris le pas sur la vérité.

Du fait de l’amour qu’ils portent à leurs enfants, les parents mettent souvent des œillères qui, à terme, s’avèrent être plus néfastes que bénéfiques. Voici quelques pièges à éviter, lorsqu’il s’agit d’élever nos enfants en matière d’écrans : confondre la maturité physique et l’intelligence avec la maturité émotionnelle ; croire que l’amour est toujours synonyme de confiance ; compter sur le seul contrôle parental pour prévenir les problèmes ; imaginer que des discussions suffiront à préserver les enfants ; croire aux mythes courants sur les écrans ; chercher à confirmer les arguments les plus faciles à assumer.

Élever des enfants dans ce monde d’écrans ne tient pas du conte de fées et un programme comme ScreenStrong nous rappelle à tous que l’empereur était bel et bien nu.

Que sont les préjugés ?

Les préjugés sont nécessaires dans la vie. Ils s’associent à nos instincts et nous aident à prendre des raccourcis. Notre cerveau développe intuitivement un certain nombre de préjugés, afin de gérer efficacement les risques et pour faciliter la prise de décision. Mais, parfois, nos préjugés nous rendent aveugles face aux signes avant-coureurs de situations malsaines.

Voici quelques préjugés qui peuvent prendre les parents au dépourvu dans le monde des écrans.

Le préjugé :

« Pas mon enfant ! », ou « Mon enfant ne fera jamais ça… ».

« Mon fils n’est pas comme ses amis. Il est très mûr pour son âge, c’est une vieille âme, et il a une très bonne maîtrise de soi. »

« Ma fille adolescente est si intelligente. Elle est même plus mature que son grand frère. Elle est capable de garder le cap malgré les smartphones. Je ne m’inquiète pas du tout pour elle. »

La vérité :

Il est normal que les parents pensent que leurs enfants sont uniques. La plupart des parents imaginent que leurs enfants sortent du lot et sont plus matures qu’ils ne sont réellement capables de l’être. Ils associent certains actes matures à un trait de caractère, à de la sagesse. Mais ces aperçus de maturité ne signifient pas que leurs enfants soient plus en avance que les autres.

En étudiant le développement du cerveau, nous apprenons que tous les enfants et les adolescents sont immatures. Nous apprenons également que même nos compétences parentales irréprochables ne peuvent pas accélérer ou forcer le processus de maturité. La maturité prend du temps et ne s’achève qu’au milieu de la vingtaine, lorsque le cortex frontal présente des connexions neuronales plus fortes. Votre enfant est peut-être très intelligent, mais il n’est pas mature. Votre enfant n’est pas à l’abri d’avoir de mauvais jugements, lorsqu’il s’agit d’utiliser les technologies pour adultes. Nous faisons du tort à nos enfants, lorsque nous les croyons à l’abri des mauvaises décisions.

Le préjugé optimiste

Le préjugé :

« Je crois en mon enfant. Je veux le meilleur pour elle, donc je lui fais confiance. »

« Mon enfant ne m’a jamais menti et je sais que rien de mal ne lui arrivera en ligne. Si c’est le cas, elle me le dira et nous le gérerons ensemble. »

La vérité :

Il est plus facile et plus tentant d’imaginer un avenir radieux au lieu de s’inquiéter. Nous partons du principe que notre fils ne regardera jamais de films pornographiques et que notre fille ne sextotera jamais. Force est de constater que les statistiques montrent une toute autre histoire et depuis l’avènement du smartphone, ce type de comportements ne cesse d’augmenter… à l’insu de notre optimisme. Il est bon de vouloir préserver une attitude positive, mais cela peut amener les parents à se montrer trop confiants lorsqu’il s’agit d’aborder l’adolescence. Beaucoup de jeunes souffrent, se referment ou se laissent aller face à cet optimisme exagéré. Le seul pouvoir de la pensée positive ne suffit pas en ce qui concerne les écrans.

Le préjugé qu’une bonne discussion peut tout résoudre

Le préjugé :

« Tant que je dis à mes enfants de ne pas cliquer sur certaines choses, de ne pas donner d’informations personnelles en ligne, de détourner le regard lorsqu’il s’agit de contenus pornographiques et violents, et que j’explique mes conseils, tout ira bien. »

« Mes enfants me diront si quelque chose ne va pas en ligne ».

La vérité :

Si les discussions fonctionnaient vraiment, nous serions en mesure d’éliminer les dérives adolescentes (la consommation de drogues et d’alcool, les grossesses précoces) simplement en les abordant par la parole. Communiquer est le fondement d’une bonne relation avec votre enfant, mais cela ne suffira pas à changer son comportement. Si nous misons tout sur des conversations pour nous protéger du numérique, nous faisons du tort à nos enfants. Certes, en dialoguant vous êtes l’expert, la personne à qui s’adresser pour obtenir des conseils sur la vie, mais cela ne signifie en aucun cas que vos enfants sont à l’abri de l’influence délétère des écrans.

Le préjugé que rien ne change

Le préjugé :

« Je fais confiance à mon enfant quand elle est face à un écran. Alors qu’elle n’avait que 8 ans, elle m’a parlé d’une mauvaise chose qu’elle avait vue sur son iPad et me l’a montrée. Je suis très fière d’elle, car elle est très mature. Nous avons une relation étroite et je n’ai aucune raison de croire qu’elle ne continuera pas à être ouverte et honnête avec moi. »

« Mes enfants regardent des dessins animés sur YouTube depuis des années, et ils vont bien. »

La vérité :

Les personnes qui vivent dans le préjugé que rien ne change, que les choses sont telles qu’elles sont, sont en générale bloquées  sur leur première impression concernant un sujet ou quelqu’un. Mais leur première impression fausse leur jugement pour les évaluations à venir. Ce n’est pas parce que votre enfant semblait mature pour son âge en première année qu’elle le sera en septième année. Dans le même ordre d’idées, le fait qu’elle vous ait confié quelque chose une fois ne signifie pas qu’elle vous parlera toujours de tout.

Lorsque nous avons ce préjugé que rien ne change, nous ne sommes pas réceptifs face aux nouvelles situations. Nous avons tendance à rester sur un épisode positif dépassé sans réellement évaluer nos enfants durant les différents stades de leur développement. Ce que fait un enfant à 8 ans peut être très différent de ce qu’il fera à 12 ans. Seule une certaine ouverture d’esprit face aux nouvelles donnes peut nous aider à tenir bon pour comprendre ce qu’il en est exactement.

Le préjugé de devoir vivre avec son temps

Le préjugé :

« Les jeux vidéo et les médias sociaux ne sont pas un problème pour mes enfants, la culture contemporaine, le système éducatif et tous mes amis savent que tout cela est acceptable. D’ailleurs, nous n’avons pas le choix. Nous ne voulons pas que nos enfants prennent du retard dans le maniement de la technologie moderne. »

« Tous les enfants de leur classe ont un smartphone, et ils ont l’air de s’en sortir. Je ne veux pas que mes enfants soient mis à l’écart socialement. »

La vérité :

Nous recherchons et lisons généralement les informations qui confirment ce à quoi nous adhérons déjà. Si nous voulons croire que les médias sociaux et les jeux sont bons pour nos enfants, il y a beaucoup de plateformes qui nous aiderons à soutenir cette opinion. Nous le faisons en partie parce qu’il faut moins d’énergie pour suivre que pour prendre les devants, et parce que nous voulons que nos enfants nous aiment, alors nous leur permettons de faire tout ce que font les autres enfants de leurs âges. Mais suivre le mouvement est souvent une erreur : la société choisira toujours la solution de facilité. Notre culture penche également vers la voie du plus rentable financièrement, et non vers la voie de ce qui est vraiment sain pour les jeunes.

Il faut beaucoup plus d’énergie pour s’éloigner de la majorité, étudier les faits et nager à contre-courant de la pensée dominante. Avant de s’identifier comme appartenant à tel groupe social, mieux vaut faire raisonnablement preuve de vigilance et se renseigner. Si vous avez l’impression que l’utilisation des écrans nuit à votre enfant, éloignez-le et faites vos propres démarches. Cela peut le sauver. N’oubliez pas que vous vous souciez davantage de vos enfants que du qu’en dira-t-on. Si nous craignons de prendre du recul avec le courant dominant, cela peut s’avérer nocif pour les enfants.

Le préjugé que le changement est trop difficile

Le préjugé :

« Mon enfant a déjà un téléphone. Je ne peux pas le lui enlever maintenant. »

« Mon fils joue à des jeux vidéo, depuis des années. Il va perdre la tête si je lui retire sa console. »

Nous sommes tous des créatures d’habitudes, et les habitudes sont difficiles à briser parce que cela demande beaucoup d’énergie et d’efforts – nous avons tendance à vouloir préserver les choses telles qu’elles sont, parce que tout changement est synonyme d’efforts. C’est particulièrement vrai, lorsqu’il s’agit de supprimer la présence exacerbée des écrans. Nous estimons qu’il est plus facile de les garder car nos enfants y ont déjà accès. Penser à changer cet état de fait est trop compliqué.

La vérité :

Le changement est dur. Il est difficile de faire ce qu’il faut. La mise en place de nouvelles règles concernant les écrans est l’une des décisions les plus contraignantes à prendre, d’autant que l’utilisation des écrans est continuellement promue par la société. La vérité est qu’en général, tout ce qui vaut la peine d’être fait est difficile à réaliser, et cela ne fait pas exception. De nombreux enfants souffrent, parce que leurs parents ne sont pas prêts à opérer les changements nécessaires pour les libérer de leur dépendance aux écrans.

Le préjugé qu’une éducation trop rigoureuse est nuisible

Préjugé :

« Je connais un ami dont le fils n’a jamais été autorisé à boire de l’alcool avant d’entrer à l’université, alors, une fois loin de chez lui,  il a commencé à boire sans s’arrêter et s’est retrouvé dépendant à l’alcool dès la première année. »

« Je connais une fille qui a détesté sa mère pendant des années parce qu’elle n’avait pas le droit d’avoir un smartphone. »

La vérité :

Ici, face aux mesures de prévention qu’adoptent d’autres parents, notre esprit va chercher des exemples pour justifier nos choix lorsque nous en discutons. Si on se souvient de tel ou tel cas, c’est probablement parce qu’il est pertinent. Face à une certaine situation, vous vous souvenez d’un ami qui a vécu une expérience similaire et vous mettez ces deux cas sur le même plan, portez la même conclusion sans vraiment analyser le contexte ni les différences. C’est un raccourci, le mieux (et surtout le plus simple) étant de laisser les choses suivre leur cours. Le fait que nous nous souvenions d’une anecdote particulière dans nos conversations est probablement révélateur, cette histoire doit être importante et vraie.  Mais en général, nous ne nous souvenons pas de tous les détails et nous sortons l’épisode de son contexte.

Comment gagner contre les préjugés ?

Pour dépasser les préjugés et le laisser-aller, il faut rechercher les informations solides puis prendre du recul et envisager le problème autrement. Plus vite vous saisirez les signes avant-coureurs, moins vous aurez d’opinions trompeuses.

Il n’est jamais productif que les enfants passent trop de temps devant l’écran. Mieux vaut qu’ils se consacrent à acquérir des compétences ou qu’ils côtoient de vraies personnes, qu’ils aient une vraie vie. Nous savons que les enfants préfèrent les activités peu contraignantes et très gratifiantes aux occupations difficiles où ils sont remis en question. Nous savons également que les écrans sont trop puissants pour eux. C’est pourquoi, pour les aider, il faut évaluer objectivement les risques et prendre les décisions parentales appropriées.

En réalité, les parents n’ont pas besoin d’études ou de groupes sociaux pour confirmer ce qu’ils savent au fond d’eux-mêmes concernant leurs enfants. Le jour où vous avez l’intuition que quelque chose ne va pas, c’est à vous d’agir.

Arrêtez d’essayer de vous convaincre de l’innocuité ou du bienfait des écrans et des jeux vidéo. Consultez des informations authentiques, soyez prêt à accepter de nouvelles vérités et à changer ce qui est déjà en place. Si vous vous surprenez à chercher davantage d’excuses pour garder vos enfants devant l’écran alors qu’il y a des signes de déséquilibre, il est temps de vous remettre en question.

Supprimer les zones d’ombre

Le jour où j’ai réalisé que ma façon de considérer les écrans comme un simple outil de divertissement était complètement erronée, j’étais dans la voiture et je ramenais mon fils aîné du collège.

« Maman, ce jeu vidéo m’a fait quelque chose », m’a-t-il dit. « Ça fait une semaine que je reste au lit et je suis déprimé. »

Ce moment a été décisif. Je n’avais plus envie d’apaiser mon intuition, je devais l’aider. Je devais changer ma façon de penser pour son bien. C’était difficile et je me sentais seule, mais je savais que je devais le faire.

Avec le recul, je regrette mon laxisme et je sais que j’ai commis un certains nombre d’erreurs importantes. Maintenant j’ai conscience que la prévention est la solution. Tout bon médecin sait que la détection précoce d’une pathologie et une bonne prévention sont plus efficaces que de lourds remèdes tardifs. N’attendez pas un jour de plus pour sortir de vos préjugés. Protégez vos enfants dès maintenant, et agissez pour le bien de votre famille.


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