La nouvelle procédure de destitution de Trump : le point culminant de son combat contre la classe politique

3 février 2021 Mis à jour: 3 février 2021
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La semaine prochaine, la scène politique américaine sera entièrement occupée par le spectacle de la nouvelle procédure de destitution de Donald Trump. Ce sera une nouvelle manifestation de la tristement célèbre incapacité de la direction du Parti démocrate à se concentrer pendant un long moment sur toute autre activité politique à part les actions haineuses envers l’ex-président des États-Unis.

Au cours de cinq dernières années, ceci a été leur substitut de la politique elle-même qui a également motivé les démocrates à précipiter le vote de destitution sans procédure régulière à la Chambre des représentants du Congrès – le vote fait à la va-vite, sans aucun témoin entendu ni preuve considérée et avec seulement 10 des 207 représentants républicains qui ont soutenu les démocrates dans leur accusation de Trump.

L’ancien président est accusé d’incitation à l’insurrection. Cependant, à son rassemblement du 6 janvier, il a demandé aux participants de manifester « pacifiquement et patriotiquement » devant le bâtiment du Capitole du Congrès – sans violence et certainement sans intention de renverser violemment le gouvernement (c’est ce que signifie le terme « insurrection »).

C’est dans le cadre de cette farce exubérante que le Sénat du Congrès est appelé, à son tour, à destituer quelqu’un d’un poste qu’il n’occupe plus, pour une exhortation (qu’il n’a pas faite) à commettre un acte que personne n’a voulu, même les voyous professionnels qui ont prémédité l’assaut du Capitole – le Capitole qui avait été scandaleusement mal protégé par les forces de l’ordre.

La question principale

L’aspect le plus intéressant de cette procédure qui va maintenant se poursuivre au Sénat est le fait que l’ex-président a apparemment renvoyé l’avocat qui ne voulait que gagner le procès tel quel – reconnaître la non-culpabilité de Trump, sans soulever le fait qu’il a été victime d’irrégularités électorales.

C’est ça le véritable enjeu de la politique américaine contemporaine : les démocrates et tous les républicains qui ne soutiennent pas ouvertement Trump (il est clair qu’une grande majorité de républicains le soutiennent) ne peuvent accepter de considérer aucune question liée à la légitimité des résultats des élections. Sinon, cela deviendrait une procédure beaucoup plus importante de mise en accusation de tout le système installé.

Le fait que Trump a été pris par surprise la nuit des élections et que sa contestation juridique a été très désordonnée et exagérée n’enlève pas les questions sur les votes douteux et disproportionnés en faveur de Biden comptés au milieu de la nuit en Pennsylvanie, le tristement célèbre consentement à la diminution de la vérifiabilité des votes en Géorgie ni sur un grand nombre de preuves de fraude systématique, qui ont été confirmées par déclarations sous serment et dont aucune n’a jamais été traitée légalement.

Les tribunaux des États et la Cour suprême ont esquivé ce cas.

Les conséquences des déclarations de Trump au sujet des élections truquées ont amené l’ensemble de l’establishment politique et presque tous les médias (qui étaient de toute façon presque unanimes à s’opposer à Trump) à s’unir pour soutenir l’idée de l’intégrité des élections.

Cette situation est pourtant bien précaire, car il est fort probable que plus des 45 000 votes qui ont été nécessaires pour faire basculer en faveur de Trump les résultats des élections dans les États de Géorgie, de Pennsylvanie et du Wisconsin auraient pu être trouvés si les enquêtes post-électorales avaient été menées de manière appropriée et approfondie.

Gagner, mais perdre le vote populaire

Richard Nixon a probablement été dupé lors des élections de 1960, mais ce patriote américain traditionaliste a refusé d’immobiliser la nation face à une contestation des résultats électoraux, malgré la recommandation du président sortant Eisenhower de le faire.

Hillary Clinton n’a pas été dupée en 2016, mais a réagi à sa défaite contre Donald Trump par des actions flagrantes et corrompues qui visaient à destituer Trump et ont été menées par les gens des services de renseignement et du FBI – l’ampleur réelle de ces actions doit encore être révélée par l’enquête du procureur spécial John Durham.

Le précédent semblable à la situation des élections de 2020 a eu lieu lors des élections présidentielles de 1824. Andrew Jackson a mené dans le vote populaire, mais n’a pas obtenu la majorité au Collège électoral. Alors John Quincy Adams, le deuxième candidat, et Henry Clay, le président de la Chambre de représentants qui a été le quatrième candidat, auraient œuvré ensemble pour qu’Adams obtienne la présidence à la place de Jackson. Jackson a fait campagne pendant quatre ans sur la base de ce qu’il a appelé le « marché corrompu » et il a été élu président en 1828.

Donald Trump est un admirateur d’Andrew Jackson. Pour lui, c’est le modèle à suivre.

Le moment de vérité

Il est clair que sur la question de la culpabilité ou de l’innocence de Trump dans l’accusation d’incitation à l’insurrection, la grande majorité des sénateurs républicains voteront en faveur de son acquittement. Si Trump pousse sa défense au point que ceux qui votent pour son acquittement sont réputés être d’accord pour dire que les résultats des élections ont été truqués, alors ce sera un moment de vérité pour le Parti républicain.

Dans cette situation, que Trump semble vouloir provoquer, je soupçonne que de nombreux sénateurs républicains voteront pour l’acquittement, mais tenteront d’exprimer quelque chose du genre d’avoir peu de confiance dans les résultats des élections, sans déclarer qu’ils les croient frauduleuses. De son côté, Trump prend le risque, car s’il est condamné par le Sénat, les démocrates pourraient lui interdire de se présenter à nouveau aux élections. Mais, dans ce cas, la plupart des sénateurs républicains qui auraient voté contre lui signeraient leur propre arrêt de mort politique.

La présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, et sa clique ont peut-être été tentées d’entamer une nouvelle procédure de destitution par le ressentiment, la haine ou une idée tactique que salir Trump une fois de plus améliorait les conditions du début du règne de l’administration Biden. Ou bien elles sont peut-être simplement devenues accros au harcèlement de Trump.

Cependant, leur tentative d’asphyxier tout doute sur la question que les votes ont été comptés de manière juste et équitable lors des élections de 2020 a échoué. Si Trump est condamné, cela lui donnera, ainsi qu’à la majorité des républicains, un fort esprit de vengeance qui se traduira plus facilement par une victoire lors des élections parlementaires de mi-mandat en 2022 et des prochaines élections présidentielles en 2024.

Si Trump est interdit d’être candidat à la présidence, il choisira son remplaçant.

Le point culminant

Ironiquement, une telle situation renforcerait le concept qui serait autrement peu plausible, mais qu’un grand nombre de républicains sont en train d’adopter : le Trumpisme sans Trump. Les résultats des élections au Congrès et dans les États américains ont approuvé la politique de Trump, même si le vote populaire lors des élections présidentielles a été remporté par ceux qui s’opposaient personnellement à Trump, qui n’aimaient pas sa personnalité ou qui avaient simplement besoin de réduire les tensions de l’ère de Trump.

Puisque les médias politisés nationaux sont déterminés à insister sur l’équité des résultats des élections et que ceux qui la remettent en question sont éjectés de Twitter et menacés de perdre leur emploi – y compris les sénateurs américains en fonction – la crédibilité des médias qui, selon tous les sondages, s’est déjà gravement érodée, est également en jeu dans cette affaire de destitution.

Les gens semblent être pris au dépourvu par le retour soudain et fulgurant de Trump sur le devant de la scène, dans sa forme la plus spectaculaire et la plus captivante. L’ancien président sera de retour plus tôt que quiconque aurait pu l’imaginer – ni même ses plus grands partisans ni, certainement, ses nombreux détracteurs.

Si Nancy Pelosi avait simplement laissé Donald Trump partir tranquillement, même s’il avait été formellement censuré au cas où Pelosi aurait insisté sur ce fait, Joe Biden aurait pu poursuivre tranquillement l’accomplissement de son mandat. Cependant, la semaine prochaine, comme lors des cinq dernières années à part les deux dernières semaines, l’attention de l’Amérique et du monde entier se portera de nouveau sur Trump.

Son combat contre la classe politique de Washington est non seulement loin d’être terminé, mais il approche probablement de son point culminant.

Conrad Black a été, pendant 40 ans, l’un des financiers les plus importants du Canada ainsi que l’un des principaux éditeurs de journaux au monde. Il est l’auteur de plusieurs livres, dont les biographies des présidents américains Franklin D. Roosevelt et Richard Nixon. Son dernier ouvrage est intitulé Donald J. Trump: A President Like No Other (Donald J. Trump : un président pas comme les autres).

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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