Le nouveau scientifique en chef de l’OMS a apporté une modification importante à un document affirmant que le Covid-19 ne provenait pas d’un laboratoire

16 mars 2023 Mis à jour: 16 mars 2023
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Le nouveau directeur scientifique de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a apporté une modification cruciale à une publication influente datant de 2020 qui a affirmé qu’il était « improbable » que le Covid-19 provienne d’un laboratoire, selon un courriel nouvellement divulgué.

Dans un message, Jeremy Farrar, le scientifique en chef, est crédité d’avoir aidé à orienter [le contenu de] la publication sur l’origine du Covid-19, selon un courriel rendu public par la sous-commission de la Chambre des représentants des États-Unis sur la pandémie de coronavirus, le 5 mars.

« Merci d’avoir dirigé cette publication. Des rumeurs d’armes biologiques circulent actuellement en Chine », écrit Ian Lipkin, professeur à l’université de Columbia, dans le message adressé à Jeremy Farrar.

« Oui, je sais et je suis aux États-Unis – [c’est] pourquoi [j’ai/nous avons] tant d’empressement à le faire [publier] le plus rapidement possible. Je vais pousser [la revue] [N]ature », a répondu Dr Farrar.

Dans l’article publié début 2020, M. Lipkin et quatre coauteurs affirment qu' »il est improbable que le SRAS-CoV-2 soit apparu à la suite de la manipulation en laboratoire d’un coronavirus apparenté au SRAS-CoV ».

Le SARS-CoV-2 est le virus à l’origine du Covid-19.

Une version préliminaire du document, publiée par Nature, comportait un mot différent, a constaté le groupe d’experts de la Chambre des représentants.

« Désolé de faire de la micro-gestion/micro-édition ! Mais seriez-vous prêts à changer une phrase ? », écrit Jeremy Farrar à Kristian Andersen, coauteur de l’article, dans un courriel envoyé la veille de la publication.

Jeremy Farrar demande de changer « peu probable » pour « improbable », montre le courriel.

« Bien sûr », répond Kristian Andersen.

L’article précise également que « le SRAS-CoV-2 n’est pas un assemblage [de virus] en laboratoire » et que les auteurs « ne pensent pas qu’un quelconque scénario [impliquant un] laboratoire ne soit plausible ».

« Ces éléments de preuve suggèrent que le Dr Farrar a été plus impliqué dans la rédaction et la publication de ‘Proximal Origin’ que ce que l’on savait jusqu’à présent et qu’il aurait peut-être dû être crédité ou remercié pour cette implication », a déclaré le groupe d’experts.

L’OMS a demandé au Dr Farrar de commenter [cette affaire] indique l’agence dans un courriel adressé à Epoch Times, et ajoute que Dr Farrar n’est pas encore entré en poste [à l’agence].

Le scientifique britannique était, au moment de la correspondance, à la tête du Wellcome Trust, une fondation caritative en médecine gérant des millions de dollars de financement dans le secteur de la recherche, au Royaume-Uni.

Le 13 décembre 2022, L’OMS a annoncé que M. Farrar serait le prochain scientifique en chef de l’agence et qu’il entrerait en poste au deuxième trimestre de 2023. Wellcome Trust, qui n’a pas répondu à une demande de commentaire, a déclaré que M. Farrar doit quitter ses fonctions en 2023.

Le Dr Anthony Fauci à Washington le 9 décembre 2022. (Saul Loeb/AFP via Getty Images)

Visioconférence secrète

Le Dr Farrar a participé à l’organisation d’une téléconférence secrète le 1er février 2020 avec le Dr Anthony Fauci, directeur de l’Institut national américain des allergies et des maladies infectieuses, afin de discuter de l’origine du Covid-19, montrent des courriels antérieurement rendus publics.

Certains participants ont déclaré que les [composantes] du SRAS-CoV-2 indiquent que le virus n’est pas d’origine naturelle, alors que d’autres étaient favorables à cette théorie.

Kristian Anderson faisait partie des premiers [scientifiques à se pencher sur la question], écrivant que « certaines des composantes semblent être (potentiellement) issues du génie génétique ».

L’initiative a été lancée à la suite de la publication d’un rapport évoquant la possibilité que le virus se soit échappé ou ait été libéré d’un laboratoire de haut niveau à Wuhan, en Chine, où les premiers cas de Covid-19 ont été détectés en 2019.

Les scientifiques ayant participé à l’initiative ont ensuite rédigé l’article « Proximal Origins » ainsi qu’une lettre publiée dans The Lancet, dans laquelle on peut lire : « Nous nous unissons pour condamner fermement les théories du complot suggérant que le Covid-19 n’est pas d’origine naturelle. »

Jeremy Farrar est cité comme co-auteur de la lettre mais n’est pas cité comme co-auteur ou contributeur de l’article. Ni ne l’est le Dr Fauci. Kristian Andersen déclare pourtant, dans un autre courriel récemment rendu public, que le document avait été « instigué » par le Dr Farrar, le Dr Fauci et d’autres spécialiste, dont Ian Lipkin et le Dr Francis Collins, alors directeur de l’Institut national de la santé des États-Unis. Des preuves antérieures montrent également que le Dr Fauci et le Dr Collins avaient reçu une version préliminaire de l’article, remis en question un passage clé, et que leurs recommandations avaient été intégrées dans le document publié.

Peu après la publication des documents, Fauci a déclaré, depuis le podium de la Maison-Blanche à Washington, que des « virologues évolutionnistes hautement qualifiés » avaient examiné le virus et conclu que les éléments de preuves « sont totalement cohérents avec le passage d’une espèce animale à une espèce humaine ». Il a également déclaré qu’il ne se souvenait pas du nom d’aucun des auteurs, mais que la publication pouvait être mis à la disposition des journalistes.

L’agence du Dr Fauci a soutenu financièrement le laboratoire de Wuhan par le biais d’un intermédiaire. Certaines expériences financées avec cet argent ont augmenté la virulence d’un virus de chauve-souris modifié.

Le laboratoire P4 sur le campus de l’Institut de virologie de Wuhan, dans la province du Hubei, en Chine, le 13 mai 2020. (Hector Retamal/AFP via Getty Images)

Une position assouplie

Depuis, certains scientifiques ont assoupli leur position à l’égard de la théorie de la fuite d’un laboratoire, malgré que, le temps passant, aucun animal hôte n’ait encore été identifié pour étayer la théorie de l’origine naturelle.

En 2021, Dr Farrar a déclaré à Epoch Times que « les meilleures preuves scientifiques disponibles à ce jour » plaidaient en faveur d’une origine naturelle. Toutefois, il a admis que « d’autres possibilités ne peuvent être totalement exclues et qu’il est essentiel de garder l’esprit ouvert ».

Le Dr Peter Palese, microbiologiste américain signataire de la lettre publiée dans The Lancet, s’est déclaré favorable à une enquête sur l’origine du virus.

La nouvelle sous-commission de la Chambre des représentants s’est engagée à examiner la question, qui avait été largement ignorée par les démocrates du Congrès précédent.

À l’instar de la communauté scientifique, les agences américaines du renseignement demeure divisées sur la question. Toutefois, plusieurs d’entre elles affirment que des preuves penchent en faveur de la théorie de la fuite d’un laboratoire.

Dont le FBI.

« Le FBI estime depuis un certain temps que l’origine de la pandémie est très probablement un incident potentiel survenu dans un laboratoire à Wuhan », a déclaré le directeur Christopher Wray, nommé par Trump, lors d’une récente interview.

Le ministère de l’Énergie aurait également changé d’avis et déclaré qu’il était plus probable qu’un [incident ou une fuite de] laboratoire soit à l’origine de la pandémie.

Le 3 mars, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a appelé les pays disposant d’informations sur l’origine du virus à les communiquer à l’OMS et à la communauté scientifique internationale.

« L’OMS continue de demander à la Chine d’être transparente dans le partage des données, de mener les enquêtes nécessaires et à en partager les résultats », a-t-il déclaré. « En attendant, toutes les hypothèses sur l’origine du virus demeurent d’actualité. »

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