«Nous ne voulons pas être égaux»: un comédien britannique affirme que l’homme s’épanouit dans la compétition, et non dans l’égalité forcée

Par Masooma Haq et Jan Jekielek
9 août 2022 Mis à jour: 9 août 2022
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Konstantin Kisin, comédien et commentateur politique russo‑britannique, né à Moscou pendant les dernières années de l’Union soviétique, avertit que la plus grande menace pour la civilisation occidentale vient de l’intérieur.

Dans une récente interview lors du programme American Thought Leaders d’EpochTV, M. Kisin a abordé son nouveau livre, « An Immigrant’s Love Letter to the West », dans lequel il souligne l’importance de la culture occidentale et la menace de sa destruction, tant interne qu’externe.

Contrairement à ce que pensent de nombreux progressistes, la vérité objective existe, en particulier dans les sciences exactes que sont la physique, la chimie et la biologie, et l’adhésion à ce principe, associée à la liberté d’innover et d’explorer les champs du possible, a conduit au succès de l’Occident, déclare M. Kisin.

« Si nous voulons continuer à vivre dans ces sociétés technologiquement avancées, qui connaissent l’expansion scientifique et le progrès, la liberté est ce qui rend tout cela possible. Et si vous ne voulez pas de ça, il y a beaucoup de sociétés dans lesquelles vous pouvez aller vivre. Mais n’apportez pas cette cochonnerie ici. »

Sur cette image fournie par la NASA, Amara Bowman, 9 ans, sourit tandis que son père la photographie à l’intérieur d’une maquette de la capsule New Shepard de Blue Origin avant la projection du documentaire The Color of Space produit par la NASA à l’auditorium Cramton de l’Université Howard, le 18 juin 2022 à Washington, DC. (Bill Ingalls/NASA via Getty Images)

Dans l’ancienne Union soviétique, pas plus que sous le Parti communiste chinois, la liberté d’expérimenter et d’innover n’a jamais existé, rappelle M. Kisin.

Il ne peut y avoir d’innovation sans liberté et sans concurrence, ajoute‑t‑il.

Problèmes inventés par les progressistes

Les jeunes générations occidentales n’apprécient pas ce qu’elles ont, car elles n’ont pas de point de comparaison, poursuit M. Kisin.

« Ils ne savent même pas qu’un monde différent a existé quelque part dans le passé ou qu’il existe ailleurs dans le monde. »

M. Kisin déclare que les gouvernements totalitaires comme la Russie, la Chine, Cuba, le Venezuela et la Corée du Nord n’ont pas ces libertés, et pourtant, en Occident, les progressistes promeuvent des utopies socialistes ou communistes qui n’ont aucun ancrage dans la réalité.

Des migrants cubains tentant d’atteindre la côte américaine en Floride sur un bateau de fortune fabriqué à partir d’un camion Chevrolet de 1951 avec une hélice entraînée par l’arbre de transmission, le 16 juillet 2003, au large de la Floride. (Photo de Gregory Ewald/U.S. Coast Guard/ Getty Images)

Certains dans la société sont prêts à recourir à l’autoritarisme dans la poursuite d’une utopie imaginaire, à censurer des comédies, des débats, et n’hésitent à détruire les personnalités politiques qui remettent en question leurs idées, poursuit‑il.

« Nous parlons d’éliminer des choses de notre société, comme le racisme, le sexisme, ou autre. Nous ne pouvons même pas éliminer le meurtre. Nous ne pouvons pas éliminer le viol. Il y a tant de problèmes que nous ne sommes pas en mesure d’éliminer, parce que nous ne sommes pas parfaits. »

L’homme s’épanouit grâce à la concurrence

Un gouvernement qui impose l’équité devra recourir à la force pour espérer un niveau de justice équivalent à celui des sociétés libres, poursuit l’écrivain.

Lorsqu’il vivait encore en Union soviétique, le régime utilisait les mêmes tactiques gauchistes que celles utilisées actuellement en Occident, et rabâchait sans démordre que tout le monde devait être égal et que la vie devait être juste. Mais cette poursuite d’équité n’était qu’un prétexte pour utiliser la force.

L’administration Biden promeut les doctrines de « diversité, équité et inclusion » dans toutes les institutions nationales en changeant les règlements et en imposant des sessions de formation.

Mais cela va à l’encontre de la nature humaine fondamentale, explique M. Kisin.

« Nous ne voulons pas être égaux. Nous voulons être récompensés sur la base de nos mérites et de nos talents. C’est ce que tout le monde veut. »

En Union soviétique, tout le monde semblait égal en apparence. Le gouvernement fournissait des soins de santé gratuits, des services de garde d’enfants gratuits, une éducation gratuite et des emplois garantis, et la majorité des gens avaient même niveau de vie et recevaient le même salaire.

Mais cette situation était loin de l’utopie promise par les dirigeants autoritaires, car elle privait les gens de la motivation nécessaire pour aller de l’avant et innover, explique M. Kisin.

« Vous rendez tout le monde égal en rendant tout le monde également pauvre. Et c’est pourquoi vous avez besoin de la tyrannie, parce que les gens ne veulent pas être également pauvres. Les gens qui travaillent dur, qui sont talentueux et qui contribuent davantage veulent se sentir récompensés pour cela. »

Selon lui, en Russie, les gens en avaient perdu la motivation à se dépasser. Ils se complaisaient dans la médiocrité parce qu’ils n’étaient jamais récompensés pour leurs efforts.

Multiethnique, pas multiculturel

M. Kisin affirme que lorsque les Occidentaux disent vouloir vivre dans une société multiculturelle, ceux  qu’ils veulent dire en réalité, c’est une société multiethnique.

Avoir des personnes d’origines ethniques et religieuses différentes vivant dans un même pays peut être très positif et productif pour la prospérité, dit‑il, mais elles doivent avoir la même identité culturelle et nationale. C’est ce qui crée la cohésion.

« On ne peut pas introduire un système juridique religieux dans une société et exiger qu’il fonctionne parallèlement au système juridique de l’État dans lequel on opère. »

Les gens ne doivent pas abandonner le caractère unique de leur pays d’origine, mais ils doivent embrasser leur nouvelle identité nationale et devenir des membres actifs de cette société.

Selon M. Kisin, les immigrants doivent apprendre la langue, s’intégrer à la culture et adopter les valeurs de leur nouveau pays pour contribuer à la prospérité de la société.

« Nous ne pouvons pas vivre dans une société où nous avons des structures parallèles. Une société multiethnique : c’est très, très important, très souhaitable. Je pense que c’est extrêmement bénéfique. [Par contre] une société multiculturelle, c’est la formule pour le désastre. »

Des manifestants se rassemblent au Lincoln Park à Washington pour demander que  soit démonté l’Emancipation Memorial, le 23 juin 2020. (Tasos Katopodis/Getty Images)

Dix façons de détruire l’Occident

Dans son livre, M. Kisin a inclus une liste intitulée « Dix façons de détruire l’Occident ».

La liste aborde la théorie critique de la race, le découragement et la promotion du socialisme via le « mauvais capitalisme ». Mais selon M. Kisin, la plus grande menace de la liste est probablement la dernière : « Être un idiot utile ».

« Dix façons de détruire l’Occident :

  • 1. Tout voir en termes de race, toujours ;
    2. Accepter de vivre en se méprisant soi‑même;
    3. Tout rendre politique (absolument tout) ;
    4. Forger ses opinions politiques selon ce que disent les célébrités ;
    5. Ne jamais oublier que « la vérité est un mensonge » ;
    6. Promouvoir le socialisme face au « mauvais capitalisme » ;
    7. Commencer une bataille sur l’identité de genre ;
    8. Avaler le cocktail édulcoré du relativisme culturel ;
    9. Encourager des frontières poreuses ;
    10. Être un idiot utile. »

Selon M. Kisin, les scientifiques occidentaux qui ont développé la bombe atomique dans le cadre du projet Manhattan et ont finalement apporté la technologie nucléaire à Staline croyaient au communisme.

« Ils la lui ont donnée parce que le communisme était cette belle idéologie à laquelle ils croyaient. C’est le pouvoir des idées perverses, et cela peut amener les gens à faire des choses terribles tout en croyant que c’est très bien. »

Jusque‑là l’écrivain s’est focalisé sur l’identification et l’explication du problème et n’a pas encore eu le temps de réfléchir à la façon d’atteindre les personnes endoctrinées par une idéologie haineuse.

M. Kisin estime qu’une partie du problème réside dans le fait que les populations croient aveuglément leur gouvernement, par‑dessus tout, même pour les sauver de la pandémie de Covid‑19.

Mais le gouvernement ne peut pas résoudre tous les problèmes. Il y a beaucoup de choses qu’il ne peut pas contrôler, et parfois, malheureusement, certains doivent mourir.

« Nous pensons que s’il y a un problème, c’est que le gouvernement a fait une erreur et que nous avons besoin de renforcer le gouvernement pour régler le problème. Si on persévère dans cette voie, alors quel que soit le problème, la réponse est davantage de gouvernement. »

Le découragement, l’ennemi intérieur

Certes, il existe des forces extérieures qui tentent de déstabiliser l’Occident sur un plan social, culturel ou économique, mais ce sont les forces internes qui doivent avant tout inquiéter les Occidentaux, déclare M. Kisin, car si elles ne sont pas combattues, la société implosera.

« Le problème n’est pas que des gens malveillants courent partout et veulent faire empirer les choses. Le problème, ce sont les gens qui adhèrent à l’idéologie qui donne [aux personnes malveillantes] la permission de faire des choses terribles au nom d’un mieux utopique. »

L’une des menaces internes les plus dangereuses en Occident est le découragement, poursuit‑il.

De nombreux Occidentaux manquent de confiance dans les mérites de leur propre société, préférant utiliser une utopie imaginée comme comparaison avec une société réelle, dans laquelle il est impossible d’éliminer tous les échecs moraux ou sociaux parce que la nature humaine est imparfaite.

La plupart n’ont pas même conscience d’avoir été découragés à leur insu. Ils ne comprennent pas que leur manque de confiance dans la société ou dans leur propre culture n’est pas normal.

« Cette autoflagellation sans fin est en quelque sorte considérée comme normale, mais elle ne l’est pas. Nous sommes dans une société très spécifique actuellement, une société qui se remet continuellement en question. »

Tant que l’Occident s’en tiendra fermement à ses principes et à ses valeurs fondatrices, les forces extérieures ne pourront rien, ajoute l’auteur.

« Tant que nous gardons confiance en nous et que nous restons prêts à nous défendre et à défendre ce en quoi nous croyons, alors nous n’avons rien à craindre. »

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