Mouvements dans les médias: quelques milliardaires bousculent le paysage

8 mars 2023 Mis à jour: 8 mars 2023
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L’univers des médias, c’est la tectonique des plaques : opposés dans certains projets, alliés dans d’autres, quelques gros investisseurs sont en train de remodeler le paysage en provoquant des mouvements en chaîne.

Daniel Kretinsky

Le magnat tchèque a accéléré ses investissements dans les médias français. En décembre, son groupe de presse CMI France est entré au capital du studio de podcast Louie Media. Trois mois auparavant, Kretinsky avait renfloué le quotidien Libération à hauteur de 15 millions d’euros sans pour autant en devenir actionnaire. En octobre 2021, CMI France a lancé l’hebdomadaire Franc Tireur, après avoir racheté depuis 2018 les magazines du groupe Lagardère Active (dont Elle et Télé 7 jours), l’hebdo Marianne, des parts dans Le Monde et plus de 5% du groupe TF1.

Par ailleurs, Kretinsky s’est allié à Stéphane Courbit (la société de production Banijay) et à l’investisseur Pierre-Edouard Stérin pour tenter de reprendre la maison d’édition Editis. Il est également intéressé par la reprise d’une partie du géant informatique Atos.

Vincent Bolloré

Le milliardaire réputé très à droite dirige un empire avec son groupe Vivendi : il contrôle la chaîne Canal+ et ses petites sœurs (C8 et CNews) ainsi que les magazines du groupe Prisma (Voici, Capital, Femme actuelle…).

Il est aussi en train d’avaler Lagardère (Europe 1, Paris Match, JDD…), dont il détient désormais 57% du capital. La finalisation de cette prise de contrôle est toutefois conditionnée au feu vert des autorités européennes de la concurrence, qui l’examinent jusqu’au 23 mai. Ce sont d’ailleurs les règles de concurrence européennes qui ont contraint Vivendi à céder ses parts dans Editis pour pouvoir absorber Lagardère.

Xavier Niel

Celui qui a chamboulé les télécoms avec l’opérateur Free a tenté de faire de même avec la télé en postulant à la reprise de la fréquence de M6. Malgré l’échec de cette candidature en février, Niel reste très présent dans les médias: il est actionnaire des groupes Le Monde (Le Monde, Télérama…), Nice-Matin, France-Antilles ou de Paris-Turf. Il a aussi financé la création cet automne du média économique d’investigation en ligne L’Informé.

Rodolphe Saadé

PDG de l’armateur CMA-CGM, il a fait une entrée remarquée dans le monde des médias. Après une bataille judiciaire contre Xavier Niel, CMA-CGM est devenu en octobre propriétaire du groupe La Provence (quotidiens La Provence et Corse Matin). Puis il s’est invité fin 2022 au capital de M6, dont il possède quelque 8%.

Signe qu’il pourrait ne pas s’arrêter là, Saadé vient de recruter Laurent Guimier, ex-directeur de l’information de France Télévisions, pour diriger la branche médias de CMA-CGM. Quelles que soient ses ambitions, l’armateur en a les moyens : il a enregistré en 2022 un bénéfice net record de plus de 23 milliards d’euros, surpassant les groupes du CAC 40.

Stéphane Courbit

Son groupe Banijay est un mastodonte de la production télé, avec une centaine de sociétés dans le monde et de nombreuses émissions et séries à succès (« Koh-Lanta », « Peaky Blinders »…). Avant l’alliance avec Kretinsky et Stérin pour Editis, Courbit s’était associé à Rodolphe Saadé pour racheter M6 à l’Allemand Bertelsmann, qui a finalement renoncé à vendre début octobre. Les projets concurrents étaient ceux de… Niel et Kretinsky.

Pierre-Édouard Stérin

La vente d’Editis a mis en lumière ce catholique et libéral revendiqué. Il a bâti son succès sur la société Smartbox (coffrets cadeaux), avant d’investir dans le site de réservation de restaurants La Fourchette puis de fonder en 2009 la société d’investissements Otium Capital. Fin 2021, Stérin a créé un « Fonds du Bien commun », qu’il s’est engagé à alimenter avec sa fortune personnelle pour financer des projets philanthropiques.

Charles d’Anjou

Cet homme d’affaires russophile finance le média Omerta, créé en ligne fin 2022 et qui se décline en version papier trimestrielle depuis fin février. Dirigé par Régis Le Sommier, ex-responsable de Paris Match et ancien de la chaîne russe RT France, Omerta a été qualifié de média pro-russe. Chez d’autres gros acteurs, c’est pour l’instant statu quo.

C’est le cas de Patrick Drahi et son groupe Altice (BFMTV, RMC…), de Bernard Arnault, PDG du géant du luxe LVMH (qui contrôle Les Echos, Le Parisien et Radio Classique), de Dassault (Le Figaro), de François Pinault (Le Point) ou de Bouygues (TF1, dont le projet de fusion avec M6 a échoué en septembre).

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