La mort de la liberté et de la vérité à Hong Kong

8 janvier 2022 Mis à jour: 19 février 2022
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Actuellement, dans le monde entier, la guerre est déclarée contre la vérité. Cette guerre se manifeste sous différentes formes. Le plus souvent, c’est sous la forme de campagnes de désinformation ou d’informations erronées.

Pour paraphraser le sénateur américain Hiram Warren Johnson, « la vérité est la première victime de la guerre ».

En Chine, la guerre contre la vérité perdure depuis des décennies. Toutefois, les effets de cette guerre sont disparates : certaines régions et personnes ont été plus touchées que d’autres. Prenons le cas de Hong Kong par exemple, un endroit où la vérité se meurt d’une façon particulièrement pénible à voir.

Au cours de l’été 2020, le Parti communiste chinois (PCC) a ostensiblement introduit sa nouvelle loi draconienne, prétendument conçue pour « rendre la ville plus sûre ». En réalité, cette loi a permis d’enchaîner Hong Kong en facilitant la condamnation des manifestants prodémocratie.

Cette loi, qui a porté un coup fatal à l’autonomie de Hong Kong, a été introduite pour réprimer les actes de subversion (envers le Parti communiste chinois (PCC) et Xi Jinping) et les actes de terrorisme, ainsi que la collusion avec des forces étrangères ou extérieures.

Bien sûr, comme de nombreux lecteurs le savent déjà, le PCC joue sur les termes. Aux yeux de Pékin, quiconque s’écarte du programme validé par Xi Jinping est coupable de subversion.

La nouvelle loi a été annoncée par Carrie Lam, la quatrième et actuelle cheffe de l’exécutif de Hong Kong. Bien que Mme Lam nie avec véhémence sa totale soumission à Pékin, il est très difficile d’imaginer qu’il en soit autrement. Une réalité d’autant plus tangible pour les journalistes dédiés à dénoncer l’hypocrisie et les caprices du PCC.

La marionnette de Xi Jinping

L’ONG internationale Reporters sans frontières qui se consacre à la sauvegarde du droit à la liberté d’information a qualifié Mme Lam de « prédatrice de la liberté de presse ». Mme Lam, nous dit-on, « n’a pas tardé à révéler son vrai visage : celui d’une marionnette du président chinois Xi Jinping ». Depuis 2017, lorsqu’elle a accédé au pouvoir (ou quel que soit le pouvoir qui lui est accordé par Pékin), a continuellement soutenu les « politiques liberticides » de Xi Jinping envers les médias.

À l’été 2021, le soutien de Mme Lam a culminé avers la fermeture d’Apple Daily, le plus grand journal prodémocratie de la ville. Jimmy Lai, le fondateur du journal, et six de ses employés étaient accusé de « Conspiration en vue de collusion avec des forces étrangères ».

Courageux est le mot qui devrait être réservé aux personnes héroïques telles que Jimmy Lai qui a 74 ans. En 2019, lorsque le sentiment anti-PCC était à son comble dans la ville, M. Lai est descendu dans les rues pour encourager les gens à se défendre contre Pékin. Pour cela et d’autres « crimes », M. Lai a été condamné à une peine de 20 mois de prison.

Puis, au 28 décembre 2021, les procureurs ont porté de nouvelles accusations contre M. Lai et les six employés susmentionnés. Selon le South China Morning Post, les nouveaux chefs d’accusation portent sur un « complot présumé en vue d’imprimer, de publier, de vendre et de distribuer des ‘publications séditieuses’ ». Avec ces nouvelles accusations montées de toutes pièces, M. Lai pourrait bien finir ses jours en prison – tout cela pour avoir eu l’audace de dire la vérité.

Jimmy Lai, magnat des médias prodémocratie de Hong Kong, est conduit dans un fourgon de police alors qu’il se rend au tribunal pour être inculpé en vertu de la nouvelle loi draconienne sur la sécurité nationale imposée par Pékin, le 12 décembre 2020. (Peter Parks/AFP via Getty Images)

Depuis l’arrestation de Jimmy Lai, la cheffe de l’exécutif n’a pas manqué de critiquer sans relâches le magnat tant apprécié. C’est ce qui lui vaut de rejoindre en 2021 la « Galerie des prédateurs de la liberté de la presse » établie par Reporters sans frontières. Ainsi figure-t-elle désormais sur cette liste noire qui comprend 37 chefs d’État et de gouvernement, dont le secrétaire général du Parti Xi Jinping, le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, le président russe Vladimir Poutine, qui a supervisé l’assassinat d’au moins 21 journalistes ou le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman, qui a donné son feu vert pour l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi.

À Hong Kong, Mme Lam a joué un rôle central pour mettre au ban la vérité. Le dernier clou du cercueil a été planté le 29 décembre, lorsque Stand News, le média prodémocratique, a officiellement fermé ses portes.

À l’instar d’Apple Daily, Stand News avait pour vocation de livrer la vérité, sans fard ni filtre. Comme l’a rapporté Reuters, des policiers ont fait une descente dans ses locaux, ont « gelé ses actifs et arrêté ses dirigeants » pour des délits présumés de « publication séditieuse ».

Selon les mots de l’auteur Sakshi Kharbanda : « Il n’y a pas de meilleur outil que la presse pour catéchiser le gouvernement. Les brutes attaquent, censurent, emprisonnent et assassinent les journalistes parce que la vérité dissidente menace leur survie et desserre leur emprise sur le pouvoir. »

Aujourd’hui, le mot « diversité » a des connotations négatives. Pourtant, pour que la démocratie – et en fin de compte la vérité – prévale, une diversité de points de vue est nécessaire. Personne n’a le monopole de la vérité, ni Carrie Lam, ni Xi Jinping, ni personne.

Comme l’a noté M. Kharbanda, les régimes tyranniques cherchent à protéger leur peuple « de la diversité des points de vue », en leur servant une « version alternative de la vérité (celle de l’État) » – également connue sous le nom de propagande. C’est ainsi que la déformation de la vérité conduit à la mort de la vérité. Elle commence par une menace et se termine par un coup de poing. Ses victimes sont des personnalités comme Jimmy Lai.


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Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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