Morbihan : une maison de famille sommée d’être détruite aux frais de ses propriétaires en raison de la loi Littoral à Arradon

3 juillet 2021 Mis à jour: 3 juillet 2021
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À Arradon (Morbihan), une maison datant de la fin du XXIe siècle et construite sur le domaine public maritime, doit être détruite. Ayant bénéficié d’un sursis jusque-là, les propriétaires sont désormais au pied du mur, sommés de la démolir à leurs frais.

Parce qu’elle dépend de la loi Littoral de 1986, cette belle bâtisse de pierre surmontée d’une tourelle offre une vue majestueuse sur le golfe du Morbihan. La famille Triboulet, actuelle propriétaire des murs – et non pas du terrain de 300 m² qui appartient au domaine public maritime – a joui de ce cadre exceptionnel durant un siècle, rapporte France 3 Bretagne. C’est d’ailleurs grâce aux autorisations d’occupation temporaire (AOT) du domaine public qui, parce qu’elles ont été reconduites tacitement tous les dix ans, que les Triboulet ont pu en profiter jusque-là. Mais la situation est des plus incertaine à ce jour.

« L’État n’est pas là pour démolir ce qu’ont su préserver nos parents et nos grands-parents »

Depuis 1992 en effet, les propriétaires ont tout tenté, en passant du tribunal administratif à la cour européenne des droits de l’homme. Essuyant refus sur refus, ils ne peuvent plus désormais bénéficier de ces autorisations. En 2011 pourtant, Nicolas SarKozy leur a accordé une dernière autorisation d’occupation temporaire pour les dix années qui ont suivi. Mais l’échéance arrive désormais à grand pas et d’ici le 1er janvier 2022, les Triboulet devront se plier à la démolition de cette charmante habitation, ayant reçu une injonction. La famille Triboulet s’est d’ailleurs réservé la somme de 15 000 € en prévision de cette cruelle fin.

Christophe Triboulet, l’un des actuels propriétaires, vient habituellement séjourner dans cette bâtisse à la belle saison. « L’État n’est pas là pour démolir ce qu’ont su préserver nos parents et nos grands-parents », s’indigne-t-il. « Cette maison a une histoire extraordinaire. Elle a été donnée à mon grand-père, le Général Brosset, compagnon de la Libération, commandant des Forces françaises libres. Ma mère, qui a aujourd’hui 86 ans, l’a toujours connue », raconte-t-il encore à France 3.

« La démolition n’est pas envisageable »

Mais cette démolition ne peut se faire sans l’accord de l’architecte des bâtiments de France, la baie dans laquelle se trouve la maison ayant été classée par la direction des affaires culturelles. Peut-on y voir par là une lueur d’espoir ?

De plus, Christophe Triboulet, pour qui « la démolition n’est pas envisageable », a l’intention d’interpeller une nouvelle fois le chef de l’État. « Nous voulons juste à nouveau obtenir une autorisation d’occupation temporaire ‘tacite’, comme cela a été le cas auparavant », explique-t-il.

L’une des solutions pour éviter cette démolition serait de racheter le terrain, mais celui-ci « vaut aujourd’hui une fortune vu la flambée de l’immobilier dans le Morbihan », indique encore Christophe Triboulet. « Nous ne pouvons pas racheter le terrain », ajoute-t-il au nom de la famille. Une autre issue serait que les collectivités locales rachètent la bâtisse.

« Pour moi, cette maison restera là ad vitam æternam. Seuls la nature et le réchauffement climatique pourront la détruire ! » a déclaré Christophe Triboulet, qui ne s’avoue pas vaincu. Il a d’ailleurs créé une page Facebook (Sauver Pen er men), ainsi qu’une pétition en ligne (qui a déjà recueilli presque 43 000 signataires à ce jour), dans le but de sensibiliser les autorités – à commencer par Emmanuel Macron – sur ce problème saillant.

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