Mike Pompeo : la stratégie de Pékin représente une menace croissante

30 mars 2022 Mis à jour: 5 avril 2022
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La prochaine stratégie sécuritaire américaine devrait se concentrer sur la question de s’opposer efficacement à l’autoritarisme. Elle devrait reconnaître la souveraineté de Taïwan afin de dissuader l’agression communiste chinoise, a déclaré l’ancien secrétaire d’État américain Mike Pompeo.

« Se trouver dans une situation ambiguë est vraiment, vraiment dangereux », a-t-il averti lors d’une interview accordée le 28 mars au groupe d’experts Hudson Institute.

« Les autoritaristes utiliseront cette ambiguïté contre vous à chaque fois. Nous devons reconnaître que Taïwan est une nation indépendante et ne fait pas partie du Parti communiste chinois (PCC). »

Le PCC affirme que Taïwan est un territoire sécessionniste, bien qu’elle soit gouvernée de manière indépendante depuis 1949 et qu’elle n’ait jamais été contrôlée par l’État-parti chinois.

Les États-Unis maintiennent actuellement une doctrine « d’ambiguïté stratégique » par rapport à Taïwan, selon laquelle ils n’affirment ni ne nient qu’ils accorderaient une assistance militaire à cette nation insulaire au cas où son indépendance serait menacée par le régime chinois.

Mike Pompeo a fait ces commentaires lors d’une discussion sur la prochaine stratégie de sécurité nationale de l’administration Biden, qui devrait être bientôt publiée.

Au cours de la dernière année, l’administration Biden a utilisé une stratégie intérimaire qui reconnaît la Chine comme un « concurrent stratégique » – une désignation premièrement mentionnée dans la stratégie de sécurité nationale de l’administration Trump – la stratégie que Pompeo a aidé à élaborer.

Cependant, Pompeo a expliqué que ce terme serait actuellement trop mou, compte tenu des actions répressives croissantes effectuées par le PCC sous la direction de son chef Xi Jinping.

« Nous avons utilisé le mot ‘concurrent' », a-t-il indiqué. « Aujourd’hui, j’utiliserais le mot ‘adversaire’ si j’écrivais moi-même ce texte. »

Mike Pompeo a précisé qu’il ne pensait pas que l’administration actuelle comprenait vraiment la menace que représente le PCC, et que la décision de Washington de mettre des questions comme le changement climatique avant les relations de plus en plus conflictuelles avec la Chine envoyait le message erroné au niveau international.

« Le pouvoir communiste chinois lui-même comprend profondément ce qu’est le pouvoir et il ne respecte que le pouvoir« , a-t-il souligné.

« Il n’y a pas si longtemps, le président Biden a rencontré un groupe de soldats. Il a dit à ces soldats, des militaires en uniforme, que le changement climatique représentait le plus grand risque pour la sécurité des États-Unis d’Amérique. Je pense que c’est très révélateur de ce qu’il croit personnellement. »

L’ancien secrétaire d’État a expliqué que de telles convictions avaient un impact direct sur la capacité des États-Unis à dissuader leurs adversaires. Il a qualifié « d’énorme erreur » la décision de l’administration Biden de déléguer son envoyé spécial pour le climat, John Kerry, comme personne à établir le premier contact diplomatique direct avec le régime chinois.

Mike Pompeo s’est également interrogé sur la sagesse de la volonté de l’administration Biden de travailler avec des régimes autoritaires tels que la Russie – et ce, malgré la guerre agressive menée par ce régime en Ukraine.

« Ils sont assis à la table aujourd’hui avec les Russes », a-t-il commenté, faisant référence au travail diplomatique mené par l’administration Biden avec la Russie dans le but de rétablir l’accord sur le nucléaire iranien de l’ère Obama. « Ce n’est pas de la stratégie. C’est de l’ignorance. C’est naïf et dangereux, surtout pour les États-Unis. »

Pompeo a mis en garde que les nombreux défis résultant de l’acceptation diplomatique des dirigeants autoritaires pourraient encourager de nouvelles agressions ou répressions de la part du PCC.

« [Le PCC] ne voit pas de danger pour sa stratégie visant l’hégémonie mondiale », a noté Pompeo. « Je ne vois rien qui puisse amener Xi Jinping à changer sa vision [de la Chine] en tant qu’empire du Milieu et de puissance hégémonique. »

« Je pense que son recours au hard power (puissance dure) et au pouvoir [du PCC] ne pourront qu’être encouragés par cela. »

Pompeo a averti que la mise en œuvre d’une stratégie efficace prend des décennies, et non des mois, et que Xi Jinping et le PCC pourraient changer de tactiques pour contraindre Taïwan à l’unification avec l’État-parti qui règne sur la Chine continentale.

« Les tactiques [de Xi Jinping] pourraient bien changer, mais je ne pense pas que son objectif soit modifié », a-t-il mis en garde.

À cette fin, Pompeo a insisté que la meilleure ligne de conduite pour l’Amérique serait de reconnaître officiellement Taïwan comme une nation indépendante, d’accroître ses activités d’entraînement et de partage de renseignements avec Taïwan et de l’aider à se doter d’une capacité militaire capable d’engendrer des coûts énormes à la Chine en cas d’invasion.

« [Taïwan] peut voir qu’elle doit renforcer ses capacités pour s’assurer qu’elle ne sera pas la prochaine victime d’un dirigeant autocratique qui décide que l’agression est la solution à tous les problèmes », a martelé Mike Pompeo.

Andrew Thornebrooke est un journaliste qui couvre les questions liées à la Chine, en particulier la défense et la sécurité. Il est titulaire d’une maîtrise en histoire militaire de l’université de Norwich.

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