Les mesures prises contre Djokovic sont illégales : le gouvernement australien se tire une balle dans le pied

12 janvier 2022 Mis à jour: 12 janvier 2022
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Si l’on va droit au but, les autorités australiennes, celles du gouvernement de l’État de Victoria plus précisément, n’ont absolument pas leur mot à dire quant à la visite de la star du tennis Novak Djokovic. Le virus de Wuhan, plus communément appelé Covid‑19, constitue le parfait prétexte pour faire valoir que le joueur risque de contaminer quelqu’un et pour contester sa venue. En réalité celle-ci est tout à fait légitime. On constate que c’est un schéma typique, et il est plus musclé encore pour tout Australien ayant l’audace de revenir de l’étranger.

Si on sait que le joueur n’infectera personne (et pour Djokovic c’est incontestable), le gouvernement australien devrait arrêter de lui bloquer la route et devrait lui permettre de participer à l’Open d’Australie. C’est en réalité une grave erreur politique doublée d’une injustice flagrante et d’un abus de pouvoir.

Son statut de personne sans risque ne devrait pas même être débattu, puisqu’il a récemment contracté le virus et s’en est remis. En effet, certaines autorités estiment que cela lui confère une plus grande immunité et donc une moindre probabilité de porter ou de transmettre le virus.

Il est tout à fait justifié d’exiger qu’il soit testé et contrôlé éventuellement de temps à autre, comme il l’était sans doute avant de venir. Pour le reste, il devrait être épargné sans faire l’objet de sanctions.

Tout responsable politique qui pense autrement ou, plus encore, estime qu’il faut imposer des injections obligatoires contre le Covid‑19, adopte une position qui ne correspond pas à ce que l’Australie était encore il y a peu, une démocratie constitutionnelle soumise à l’État de droit.

Ce n’est pas aux gouvernements d’insister pour que les gens soient vaccinés. D’autant moins avec un vaccin par trop récent, non testé de manière rigoureuse, n’offrant aucune garantie en termes de protection contre les infections ni en termes de réduction de la transmission. De fait, une question s’impose parmi les médecins : « À quoi servent ces injections et ces rappels successifs ? »

Des vaccins Covid-19 disposés dans un réfrigérateur au centre médical familial de Sydney Road à Balgowlah, à Sydney, en Australie, le 10 janvier 2022. (Jenny Evans/Getty Images)

Pourquoi, alors qu’il avait obtenu son visa et était en route pour l’Australie, le gouvernement a‑t‑il décidé de faire de lui un exemple ?

Il est possible que les médias aient fait preuve d’une certaine hostilité à l’égard de Djokovic à l’annonce de sa venue en Australie, dans la mesure où l’on pensait qu’il avait des idées bien arrêtées sur la vaccination.

Il y a un énorme ressentiment en Australie, tout à fait compréhensible, on s’indigne du traitement terrible, aussi scandaleux que superflu, infligé au peuple australien autour du virus. Au lieu de vouloir canaliser cette colère contre Djokovic, il serait plus approprié de l’orienter comme il se doit contre les dirigeants politiques ayant maltraité le peuple australien et neutralisé les contre‑pouvoirs si normaux autrefois dans le système constitutionnel.

On soupçonne facilement certains membres de ce gouvernement de coalition d’avoir vu une opportunité politique dans l’expulsion de Djokovic. Une décision motivée non seulement par son opposition à la vaccination, mais aussi par la volonté d’exposer l’hypocrisie évidente du gouvernement travailliste de l’État de Victoria.

Fervents partisans de la vaccination obligatoire, les Victoriens souhaitent tout de même que Djokovic soit la vedette de l’Open d’Australie à Melbourne. D’autant que le n°1 mondial dans le classement ATP et détenteur du record de 20 titres en Grand Chelem, a remporté non moins de neuf titres à l’Open d’Australie. C’est une star.

Novak Djokovic joue un revers pendant son match de demi-finale du simple messieurs contre le Suisse Roger Federer, lors de la onzième journée de l’Open d’Australie 2020, au Melbourne Park, le 30 janvier 2020 à Melbourne, en Australie. (Photo par Darrian Traynor/Getty Images)

En 2020, lorsque le gouvernement fédéral a pris connaissance de l’épidémie, il était juste d’interrompre temporairement les vols en provenance de Chine (bien que le contrôle, en pratique, ait été bâclé).

Ensuite, cependant, les gouvernements australiens ont géré le virus d’une manière épouvantable. L’adoption du modèle communiste, les confinements aussi inutiles que néfastes pour des millions de citoyens et la création d’une dette publique colossale, ne pourront jamais être justifiés. Le remède fut pire que le mal.

Le gouvernement fédéral a blâmé les États pour ces excès. En réalité, cependant, c’est ce même gouvernement fédéral qui les a financés. Ce même gouvernement qui s’est abstenu de mettre à profit son considérable pouvoir pour garder les frontières intérieures ouvertes, assurer la pérennité des personnes en entreprise, des emplois ou des enfants à l’école.

Panneau indiquant « Rentrez directement chez vous et isolez-vous » visible à la sortie d’un site de test de Covid-19 au centre commercial Highpoint, le 4 juillet 2020 à Melbourne, en Australie. (Photo : Asanka Ratnayake/Getty Images)

En essayant de manipuler l’opinion publique afin qu’elle soit favorable à l’expulsion de Djokovic, le gouvernement fédéral n’aurait pas pu se montrer plus intolérant. Au mépris du bon sens de tant de personnes, voilà le champion traité comme un criminel de droit commun. On lui refuse l’accès aux avocats et aux responsables du tennis. Il est 4 heures du matin et il doit se justifier, fournir les documents, tout cela n’étant que le prélude théâtral à la décision déjà prise de révoquer son visa.

Le juge Anthony Kelly anticipant l’affaire a déclaré :« Un professeur accompagné d’un médecin, [tous deux] éminemment qualifiés ont produit et fourni au requérant une exemption médicale… Cette exemption médicale et la base sur laquelle elle a été accordée ont été séparément (vérifiées)… par un autre groupe d’experts spécialistes indépendants, mis en place par le gouvernement de l’État de Victoria. Et ce document s’est retrouvé entre les mains du délégué. »

Le juge a ajouté : « Le point sur lequel je me pose vraiment des questions est de savoir ce que cet homme aurait pu faire de plus. »

Il convient de rappeler à la classe politique que ce jugement reposait sur un dossier bien monté qui ne remettait pas en cause la validité des règlements.

C’est pour ne pas causer plus de torts au joueur de tennis, que les avocats ont probablement décider d’éviter l’argument (pourtant légitime) selon lequel toute réglementation imposant une double vaccination, au lieu de simplement exiger la preuve de l’absence d’infection, pourrait bien être illégale.

En effet, l’élaboration de tels règlements pourrait bien constituer un délit civil passible de poursuites en vertu de la loi sur l’abus de pouvoir dans l’exercice d’une fonction publique, comme cela a été récemment constaté dans l’affaire de l’interdiction du bétail vivant, à savoir dans l’affaire Brett Cattle Company Pty Ltd contre le ministre de l’Agriculture (2020).

Il reste une dernière question. Pourquoi le gouvernement fédéral a‑t‑il demandé à son avocat d’informer le juge Kelly sur le fait que le ministre de l’Immigration Alex Hawke allait examiner la possibilité d’exercer un pouvoir d’annulation personnel sur le visa de Djokovic.

Dans une telle configuration, c’est finalement le ministre Hawke qui porte toute la responsabilité de l’affaire et qui sera critiqué pour tout ce qu’il fera ou ne fera pas. Si ce dernier tente d’expulser Djokovic, il bénéficiera d’un scandale mondial qui réduira sans aucun doute sa carrière politique à néant.

Comme a conclu le juge Kelly : «  En un sens, les enjeux se sont intensifiés au lieu de s’atténuer. »

David Flint est un professeur de droit émérite, connu comme un des principaux chefs de file du mouvement des Australiens pour la monarchie constitutionnelle (ACM) et pour son mandat à la tête de l’Australian Broadcasting Authority (ABA), une agence gouvernementale australienne de réglementation de la radiodiffusion, des radiocommunications et télécommunications. Il a également été président de l’Australian Press Council, chargé de promouvoir des normes élevées de pratique médiatique et du World Association of Press Councils (WAPC), qui regroupe les diverses associations nationales de ce type au nom de la défense et de la liberté d’une presse responsable.


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Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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