Mes amis tibétains et les « Coréens des toits » connaissent bien le contrôle des armes à feu

22 mars 2021 Mis à jour: 22 mars 2021
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J’ai de nombreux amis tibétains. Que ce soit au Tibet, dans le passé, ou plus tard, aux États-Unis, lorsque les Tibétains relatent l’histoire de leur famille lorsque le Parti communiste chinois (PCC) a envahi le Tibet, beaucoup d’entre eux débutent leur récit par un même événement : la confiscation complète des armes à feu.

La plupart des Tibétains sont nomades, de sorte que les armes sont importantes dans leur vie. Ils peuvent les utiliser contre les animaux sauvages et d’autres êtres humains comme moyen d’autodéfense.

En 1950, le PCC et les représentants du Dalaï-Lama ont signé l’accord en 17 points visant à ne pas mener de « réformes » dans les zones du Tibet contrôlées par le Dalaï-Lama, ce qui visait à préserver les institutions et le mode de vie ancestral des Tibétains. Mais sur la rive occidentale de la rivière Jinsha, l’une des premières choses qu’a faite l’armée communiste fut de confisquer les armes à feu à grande échelle. Après l’échec d’un soulèvement en 1959, les Tibétains des provinces de Qinghai, Gansu et Sichuan se sont révoltés et ont fui en grand nombre. Ils ont fui vers le centre du Tibet, souvent en grands groupes, par tribus entières se comptant par milliers.

L’armée communiste chinoise les a poursuivis et interceptés, et un grand nombre de Tibétains sont morts en cours de route, dont des personnes âgées, des personnes vulnérables, des femmes et des enfants.

Un Tibétain que je connais, qui avait 8 ans lorsqu’il a fui le Qinghai, a raconté l’histoire de sa tribu qui a refusé de rendre les armes, s’est défendue, a fui et a finalement été exterminée. Ses parents et ses frères et sœurs sont tous morts. Il est le seul survivant de sa famille, après avoir été sauvé et adopté par d’autres Tibétains.

Après 1959, le PCC n’a plus reconnu l’accord en 17 points. Le Tibet, qui a été la première région à faire l’expérience de la politique « un pays, deux systèmes » du PCC, est passé sous le contrôle total du PCC.

Un autre de mes amis venait de la rive ouest de la rivière Jinsha, qui faisait partie de l’ancienne zone de gouvernement local tibétain. En 1959, lorsque le PCC a commencé à interdire les armes à feu dans tout le Tibet, son père et plus de 50 membres de sa tribu sont partis dans les montagnes avec des armes à feu et ont combattu le PCC. Un an plus tard, le PCC a forcé le groupe à se rendre en prenant leurs familles comme otages, dont la plupart ont finalement été abattues.

Non seulement le Tibet, mais aussi d’autres minorités ethniques, notamment les Mongols, les Kazakhs, les Ouïghours et les Yi, ont été contraints de rendre leurs fusils extrêmement obsolètes. En guise de compensation, ils ont été autorisés à garder des couteaux de petite et moyenne tailles pour être utilisés aux champs.

Toutefois, au cours de la dernière décennie, les couteaux ont également été considérés comme une menace majeure par le PCC.

Au Xinjiang et au Tibet, en particulier chez les Ouïghours et les Tibétains, un registre est requis pour l’achat de couteaux. Au Xinjiang, même pour les couteaux de cuisine, une carte d’identité et un code QR doivent être gravés sur le couteau.

Pour les Chinois Han, les restrictions sont encore plus sévères. Je me souviens clairement d’un grand panneau accroché dans une gare : « Toute personne portant un couteau tel qu’une dague est passible de deux ans de rééducation par le travail. » La rééducation par le travail est une mesure administrative de longue date du PCC qui échappe à la règle de droit et qui autorise les bureaux de sécurité publique à emprisonner des personnes pour une période allant jusqu’à trois ans pour diverses accusations sans décision de la Cour.

Le régime chinois a aboli le système de rééducation par le travail en 2013.

En matière de contrôle des armes à feu et des couteaux, le PCC ne « discrimine » aucun groupe ethnique. Tous doivent se soumettre, sans dissidence.

La ruée vers les armes aux États-Unis

Aux États-Unis, nombreux ont été ceux à se précipiter pour acheter des armes à feu pour la même raison : assurer leur protection.

Selon le système national de vérification des antécédents judiciaires en temps réel (National Instant Criminal Background Check System, NICS) du FBI, plus de 7,7 millions de demandes de vérification des antécédents judiciaires pour l’achat d’armes ont été acceptées dans tout le pays en janvier et février, soit une augmentation de plus de 2 millions par rapport aux 5,4 millions de vérifications d’antécédents effectuées pour la même période l’année précédente. Il s’agit également d’une augmentation de 5 millions par rapport aux 2,7 millions de vérifications d’antécédents effectuées au cours de la même période il y a dix ans, en 2011.

Une enquête de la Fondation nationale pour les sports de tir (National Shooting Sports Foundation, NSSF) montre que près de 5 millions d’Américains ont acheté une arme à feu pour la première fois en 2020.

Certains nouveaux propriétaires d’armes à feu ont déclaré à Epoch Times s’inquiéter de leur capacité à se défendre dans un contexte où certains politiciens favorisent des politiques de gauche.

Des « Coréens des toits » 

Si vous pensez que jamais les Américains ne se retrouveront dans la même situation d’impuissance et de désespoir que mes amis tibétains, rappelez-vous les « Coréens des toits » (Roof Koreans) lors des émeutes de Los Angeles en 1992.

En 1992, des émeutes ont été déclenchées après l’acquittement de quatre officiers – dont trois de race blanche – liés au passage à tabac de Rodney King, un Afro-Américain. Les émeutes ont duré quatre jours, ont fait 53 morts, ont conduit à plus de 45 000 interventions liées à des incendies et ont engendré plus d’un milliard de dollars de dégâts matériels, selon un rapport de l’Agence fédérale de gestion des urgences (Federal Emergency Management Agency) (pdf).

Les magasins appartenant à des Coréens ont été particulièrement visés lors de ces émeutes de 1992. Les Américains d’origine coréenne auraient subi la moitié de tous les dommages matériels survenus à Los Angeles, selon Stanley Sue, professeur de psychologie à l’université de Californie, Los Angeles (pdf)

Dans l’après-midi du 29 avril, une foule nombreuse s’est rassemblée à quelques kilomètres du Koreatown, également connu sous le nom de West Los Angeles (étant situé à l’ouest du centre-ville). Plusieurs grands gangs de Los Angeles ont déclaré une trêve afin de pouvoir travailler ensemble pour organiser un raid sur Koreatown.

Le grand groupe de manifestants violents était armé d’un grand nombre de fusils et de munitions volés dans les magasins. La police de Los Angeles n’était pas en mesure d’assurer la protection des citoyens locaux. Le 30 avril, les résidents coréens ont commencé à former leurs propres équipes de défense armées.

Lorsque les manifestants violents ont fait irruption dans Koreatown, ils ont été confrontés à une milice plus organisée. Les Coréens qui possédaient de petits magasins et des stations-service étaient armés jusqu’aux dents, se tenant sur le toit de leur entreprise dans une guerre totale contre les manifestants violents, s’appuyant sur des fortifications faites de béton, de véhicules et de meubles.

En Corée, tous les Coréens devaient effectuer un service militaire obligatoire, et même les Coréens les plus démunis recevaient une formation militaire officielle de quatre ans. Ils avaient clairement plus d’expérience du combat que les manifestants violents. Depuis ce jour, les Coréens ont été surnommés « Coréens des toits« .

« Je n’oublierai jamais le spectacle des épiciers coréens sur le toit tenant des fusils pour se protéger des pillards », a déclaré le chroniqueur Clarence Page, lauréat du prix Pulitzer, lors d’une audition devant la Commission américaine des droits civils dans l’auditorium de l’Office of Personnel Management en 1992 (pdf).

Et si les Coréens des toits n’avaient pas eu d’armes ?

Au début, l’Amérique était peu peuplée et il n’y avait pas encore d’État de droit. Une famille dont les biens étaient menacés ne pouvait attendre un mois que la police arrive à cheval pour la défendre, de sorte que le droit de posséder une arme allait de soi. Plus tard, c’est grâce à la milice que les États-Unis ont obtenu leur indépendance.

Le succès de l’autogouvernance

Le droit de posséder des armes à feu prévu dans la Constitution des États-Unis ne relève toutefois pas uniquement de raisons historiques. Les pères fondateurs des États-Unis voulaient créer une société dotée d’un gouvernement au champ d’action limité qui s’appuierait principalement sur l’autonomie des citoyens pour atteindre le succès économique, la stabilité sociale et la prospérité. Par conséquent, l’auto-armement de la population civile est à la fois la cause et l’effet du maintien du gouvernement au champ d’action limité.

Les armes à feu doivent faire l’objet d’une gestion, mais la façon dont la gestion est faite est un réel enjeu.

Dans la société moderne, les armes à feu aident en fait les défavorisés plutôt que les puissants. Imaginez si la population civile ne détenait pas d’armes à feu aux États-Unis, n’importe quel criminel pourrait cambrioler à souhait n’importe quelle propriété. En particulier dans les quartiers où la population est âgée, ces criminels, étant généralement assez jeunes et forts, pourraient n’avoir aucune contrainte et balayer le quartier à coups de bâton ou à mains nues. Toutefois, la donne est changée lorsque les résidents possèdent des armes à feu. Une grand-mère de 80 ans pourrait être encore très meurtrière, et les criminels doivent donc réfléchir à deux fois avant de pénétrer dans une propriété privée.

Une interdiction complète des armes à feu ne pénaliserait que les citoyens respectueux des lois, car les criminels trouveraient toujours le moyen de s’en procurer, ce qui ne les rendrait que plus omniprésents. Le nombre de policiers est limité, et il est difficile de prévenir la criminalité au moment même où elle se produit. Interdire la possession d’armes à feu pourrait n’agrandir qu’encore plus la faille de sécurité.

La pression exercée par le président Joe Biden et certains démocrates en faveur d’un contrôle plus strict des antécédents judiciaires et des armes à feu semble mettre la charrue devant les bœufs.

D’une part, l’ouverture des frontières signifie ouvrir la porte au crime organisé, et une intervention limitée de la police entraîne de ce fait une augmentation du taux de criminalité global. D’autre part, interdire la possession d’armes à feu équivaut à affaiblir la capacité des citoyens à se protéger.

Je soupçonne certains de vouloir une augmentation du taux de criminalité en flèche aux États-Unis, pour que cela conduise au chaos et justifie l’instauration d’un supra-État de surveillance. J’espère qu’il ne s’agit là que d’une théorie du complot sans fondement. Toutefois, c’est ce que font les régimes communistes.

Ayant vécu sous un régime communiste, je ne peux m’empêcher de me méfier de cette possibilité.

Alexander Liao est un journaliste qui couvre les affaires internationales, en particulier aux États-Unis, en Chine et en Asie du Sud-Est. Ses articles ont été publiés dans des journaux et des magazines financiers aux États-Unis et à Hong Kong.

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