MÉDIAS – Le danger d’être journaliste en Chine

Un incident récent qui a attiré l’attention des médias chinois met en relief les dangers que courent les journalistes en Chine lorsqu’ils font leur travail.

D’après un article publié le 1er février par le Beijing Time, deux journalistes identifiés sous les noms de Chen et Li,  d’une station de télévision de la province de Hebei, enquêtaient discrètement sur une usine dans un village du comté Quzhou, soupçonnée de polluer la zone.

Le 25 janvier, quand ils sont entrés dans l’usine, ils ont été entourés par huit hommes de main qui ont commencé à les frapper et leur ont pris caméra, téléphones portables et portefeuilles. Un des journalistes a été attaché et menacé : un suspect lui a dit qu’il serait jeté dans un puits et noyé. C’est seulement quand le journaliste a répondu, « si tu me tues, tu en subiras les conséquences » que l’homme a reculé.

Depuis, la police de Quzhou a arrêté les suspects. Le propriétaire de l’usine est également emprisonné. Quand la police a pu récupérer la caméra des journalistes, toutes les images avaient été effacées.

Les journalistes ont été envoyés dans un hôpital de la région pour y être soignés.

Le Beijing Time a appris que l’usine ne disposait pas de licence d’exploitation ni d’un système d’évacuation des déchets.

Les affiches à son entrée indiquaient qu’elle hébergeait une coopérative d’élevage de chèvres. En réalité, c’était une usine de peinture industrielle pour les arceaux à vélos, les ordinateurs ainsi que d’autres produits. Elle opérait depuis deux mois. Après les violences contre les journalistes, les autorités locales ont détruit l’usine.

Un journaliste prend une vidéo devant une carte de Beijing et de la province de Hebei, le 22 octrobre, 2017. (Wang Zhao/AFP/Getty Images)

Les journalistes en Chine font fréquemment face à de telles violences. Au courant du mois de janvier, les médias chinois a révélé qu’un journaliste de la télévision provinciale du Shanxi a été battu alors qu’il enquêtait sur un hôpital qui demandait des sommes exorbitantes aux familles qui souhaitaient sortir de la morgues leur proche décédé.  Quand le journaliste est arrivé à l’hôpital, une dizaine de jeunes gens ont couru vers lui et l’ont roué de coups. Il a ensuite été jeté dans une chambre de la morgue, dans laquelle il est resté enferme 20 minutes avant d’être libéré.

En 2011, le journaliste Li Xiang enquêtait sur le sujet des « huiles de gouttière » (de l’huile frelatée recyclée pour être utilisée à nouveau en cuisine) dans la ville de Luoyang, province de Henan. Alors qu’il retournait chez lui, il a été agressé et poignardé plusieurs fois. Il a succombé à ses blessures. Les autorités locales ont parlé de crime crapuleux, mais nombreux ont soupçonné qu’il avait simplement été éliminé.

Version originale

 
La rédaction vous conseille

Chine: un hôpital construit pour tuer

Chine: un hôpital construit pour tuer
LIRE LA SUITE
 
 
 

Pont effondré de Gênes: des « Allah Akbar » pour les victimes musulmanes

Pont effondré de Gênes: des « Allah Akbar » pour les victimes musulmanes
Quatre "Allah akbar" ont retenti dans un silence respectueux lors d'une parenthèse ménagée en hommage à deux victimes ...
LIRE LA SUITE
 

Définir ce qu’est un génocide

Définir ce qu’est un génocide
Quelle est la différence entre un génocide froid et un génocide brûlant ? C'est l'une des questions importantes abordées ...
LIRE LA SUITE
 

La Chine et les États-Unis décident de reprendre les négociations commerciales : la bourse réagit

La Chine et les États-Unis décident de reprendre les négociations commerciales : la bourse réagit
Les actions américaines ont progressé à la suite de l’annonce que les États-Unis et la Chine ont convenu ...
LIRE LA SUITE
 

Aretha Franklin, la Reine de la Soul, s’en est allée

Aretha Franklin, la Reine de la Soul, s’en est allée
La légende américaine de la Soul Aretha Franklin, interprète d'immenses succès, est décédée jeudi à 76 ans, suscitant ...
LIRE LA SUITE