La manœuvre de la Chine dans les eaux libres du détroit de Taïwan est « dangereuse » et viole le droit international selon le commandement américain pour la région indo-pacifique

5 juin 2023 Mis à jour: 5 juin 2023
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La dernière agression du parti communiste chinois, cette fois-ci, contre un navire américain, était « risquée », a déclaré l’armée américaine à la suite d’une interaction potentiellement dangereuse dans les eaux internationales du détroit de Taïwan samedi.

L’USS Chung-Hoon, accompagné du NCSM Montréal, effectuait le 3 juin un « transit de routine du sud au nord du détroit de Taïwan », « conformément au droit international », a indiqué le Commandement américain pour l’Indo-Pacifique (USINDOPACOM) dans un communiqué publié samedi en fin de journée.

Le destroyer à missiles guidés du Parti communiste chinois (PCC), le Luyang III DDG 132 de l’Armée populaire de libération – Marine, « a dépassé le Chung-Hoon sur son côté bâbord et a croisé sa proue à 150 mètres », a déclaré le commandement, obligeant le destroyer à missiles guidés américain à ralentir à 10 nœuds pour « éviter une collision ».

Les actions [de la Chine] ont violé les « règles de la route » maritimes qui garantissent la sécurité du passage dans les eaux internationales », a fait valoir le commandement.

« Les libertés de navigation et de survol en haute mer s’appliquent dans les eaux où l’interaction dangereuse s’est produite » a-t-il ajouté.

Faisant partie de la 7e flotte américaine, le destroyer lance-missiles Arleigh Burke USS Chung-Hoon et la frégate NCSM Montréal de la Marine royale canadienne ont traversé le détroit conformément aux lois internationales concernant la haute mer, selon l’armée américaine.

Les destroyers de missiles guidés USS Lassen (à gauche) et USS Chung-Hoon (à droite) sont en route dans la mer du Japon le 27 juillet 2010. (John J. Mike/U.S. Navy via Getty Images)

« Les navires traversent un corridor dans le détroit qui est au-delà de la mer territoriale de tout État côtier », selon une déclaration de la 7e flotte. « Le transit bilatéral de Chung-Hoon et de Montréal à travers le détroit de Taïwan démontre l’engagement des États-Unis et de leurs alliés et partenaires en faveur d’un Indo-Pacifique libre et ouvert ».

« Une telle coopération représente la pièce maîtresse de notre approche d’une région sûre et prospère où les aéronefs et les navires de toutes les nations peuvent voler, naviguer et opérer partout où le droit international le permet ».

Mauvais signal

L’armée du PCC a défendu ses actions en déclarant que le transit envoyait un « mauvais signal » et qu’elle avait « géré » la situation conformément aux lois et règlements du régime chinois.

« Les pays concernés créent délibérément des incidents dans la région du détroit de Taïwan, provoquent délibérément des risques, sapent malicieusement la paix et la stabilité régionales, et envoient un mauvais signal aux forces ‘indépendantistes de Taïwan' », selon un communiqué samedi en fin de journée du commandement du théâtre oriental de l’Armée populaire de libération de la Chine.

Tan Kefei, porte-parole du ministère chinois de la Défense nationale, a cité les remarques du ministre chinois de la défense, Li Shang, lors d’une réunion à huis clos avec le ministre singapourien de la défense, Ng Eng Hen.

« La Chine ne tolérera jamais que les autorités du Parti démocrate progressiste (DPP) au pouvoir sur l’île tentent de ‘solliciter le soutien de l’étranger’ tout en recherchant ‘l’indépendance de Taïwan’, pas plus qu’elle n’acceptera les efforts des forces extérieures visant à ‘utiliser Taïwan pour contenir la Chine' », a affirmé Tan Kefei.

En règle générale, le PCC reproche aux « forces séparatistes » le refus de Taïwan de se plier à son régime communiste. Taïwan est une démocratie libérale autonome.

Cependant, à l’approche des élections générales de Taïwan en 2024, le PCC espère gagner de l’influence sur la politique intérieure taïwanaise. Le vice-président Lai Ching-te (ou William Lai), candidat à la présidence du DPP, est le seul candidat taïwanais à la présidence à avoir explicitement déclaré qu’il s’opposait au pouvoir tyrannique du PCC. Il se dit « anti-CCP, pas anti-Chine ».

À lire aussi : Le plan du PCC pour conquérir Taïwan et le reste du monde

Le sénateur américain Rick Scott (Parti républicain – Floride) a écrit sur Twitter samedi en fin de journée : « L’Amérique n’est pas effrayée par les actions navales dangereuses, non professionnelles et illégales de la Chine communiste. Le détroit de Taïwan est une zone d’eaux internationales et la marine américaine ne sera jamais poussée hors de sa trajectoire par un régime prétendant stupidement le contraire. »

Le ministère taïwanais de la Défense nationale, qui surveille les mouvements dans les mers et les cieux autour de Taïwan, a assuré que le transit américain de samedi était normal et a dit au PCC que c’était lui qui perturbait la paix, la stabilité et la sécurité dans la région avec ses « actions provocatrices. »

« Le maintien de la paix et du développement stable du détroit de Taïwan et de la région est la responsabilité partagée des pays libres et démocratiques du monde entier », a affirmé le ministère. « Toute mesure visant à accroître la tension et le danger ne contribuera pas à la sécurité régionale. »

« Le ministère de la Défense nationale appelle les autorités chinoises à respecter le droit à la liberté de navigation, à éviter les actions excessivement provocatrices et à maintenir conjointement la paix, la stabilité et la sécurité dans la région. »

Les navires de guerre américains traversent les eaux internationales du détroit environ une fois par mois. Toutefois, il est plus rare qu’ils le fassent aux côtés de navires de pays alliés.

Plus de 40% du trafic mondial de conteneurs maritimes passe par le détroit de Taïwan, passage commercial international crucial. Il s’agit de la principale route maritime entre l’Europe et la Chine, le Japon et les États-Unis.

Tensions persistantes

Le 4 juin, le ministère de la Défense de Taïwan a déclaré qu’au cours des 24 heures écoulées depuis 6 heures du matin samedi, il avait détecté 15 avions militaires chinois et sept navires de guerre chinois autour de Taïwan, ce qui se produit presque quotidiennement depuis que le PCC a intensifié son agression ouverte contre Taïwan à la fin de l’année 2020.

Deux des avions de l’APL ont à nouveau pénétré dans la zone d’identification de défense aérienne (ADIZ) du sud-ouest de Taïwan. Les forces armées de Taïwan ont réagi en lançant des avions de patrouille aérienne de combat, des navires de la marine et des systèmes de missiles terrestres, a ajouté le ministère.

Les incidents dans le détroit surviennent alors que des responsables gouvernementaux se sont réunis à Singapour pour le dialogue Shangri-La, du 2 au 4 juin, afin de discuter des questions de défense en Asie. Le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, et ses homologues d’autres pays de la région Asie-Pacifique, dont la Chine, étaient présents.

Les États-Unis et leurs alliés ont exprimé leur soutien et leurs actions en faveur du maintien d’un « Indo-Pacifique libre et ouvert », conformément au droit international, en réponse au mépris par le PCC des normes internationales convenues dont il est signataire.

Le PCC revendique la souveraineté sur Taïwan et tente d’affirmer sa souveraineté dans les régions de la mer de Chine méridionale situées à l’intérieur de sa ligne des neuf traits, ce qui a déclenché un tollé de la part de tous les autres États-nations présents dans ces eaux et dont les revendications sont reconnues par la Convention des Nations unies sur le droit de la mer.

Dans une autre mesure destinée à accroître les tensions régionales, le PCC a publié le 15 mai de nouvelles règles permettant aux garde-côtes chinois d’arrêter les étrangers considérés comme responsables de crimes contre des citoyens chinois ou l’État chinois, même s’ils ont été commis en dehors des eaux territoriales de la Chine.

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