L’Ukraine interdit définitivement son Parti communiste; Pékin garde le silence

11 juillet 2022 Mis à jour: 12 juillet 2022
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Une cour ukrainienne a récemment décidé d’interdire définitivement le Parti communiste d’Ukraine (PCU) et de confisquer ses actifs dans le cadre de la guerre russo-ukrainienne. Les analystes estiment que cette décision reflète l’éveil des gens du monde entier face aux dangers de l’idéologie communiste ainsi que des partis et des mouvements d’extrême gauche qui se fondent ouvertement ou discrètement sur cette idéologie. Le Parti communiste chinois au pouvoir en Chine n’a pas réagi à cette interdiction, bien qu’il soit proche du PCU.

La huitième cour d’appel administrative de Lviv a publié une déclaration accompagnant le verdict : « La cour a satisfait aux demandes du ministère de la Justice de l’Ukraine : les activités du Parti communiste d’Ukraine ont été interdites ; les biens, fonds et autres actifs du Parti, de ses organisations régionales, municipales et de district, de ses cellules primaires et d’autres entités structurelles ont été transférés à l’État. »

La décision de la cour de Lviv est définitive.

Un coup dur pour le Parti communiste chinois

Des navires de guerre iraniens, russes et chinois lors des manœuvres navales conjointes dans l’océan Indien. Selon la déclaration d’un représentant de la marine iranienne du 21 janvier 2022, l’Iran, la Russie et la Chine ont entrepris des exercices navals conjoints pendant trois jours dans l’océan Indien, cherchant à renforcer la « sécurité commune ». (Bureau de l’armée iranienne/AFP via Getty Images)

Li Yuanhua, ancien professeur à l’Université normale de la capitale à Pékin, a expliqué à Epoch Times, le 8 juillet, que l’interdiction par l’Ukraine de son Parti communiste porte un coup dur au Parti communiste chinois (PCC).

« En fait, l’Ukraine s’est rendu compte que la confiance de la Russie était basée sur le soutien secret du Parti communiste chinois lorsqu’elle a envahi ce pays. L’Ukraine a également vu que, dans ce monde, seuls les pays communistes n’ont aucune moralité. Grâce à la guerre, les Ukrainiens ont une compréhension plus profonde des dangers que les partis communistes représentent pour l’humanité. C’est pourquoi ils ont rendu un verdict aussi clair. »

Lee Yeau-tarn, professeur à l’université nationale Chengchi de Taïwan, a précisé le même jour à Epoch Times que l’Ukraine, après l’invasion russe, a interdit plusieurs partis politiques de gauche qui ont été prorusses. Il a soutenu que l’interdiction permanente des partis et des groupements procommunistes en Ukraine reflète le réveil des forces démocratiques internationales.

« La Russie a envahi l’Ukraine, le virus du PCC (Covid-19) fait rage dans le monde, on voit aussi la suppression [de la liberté] à Hong Kong par le Parti communiste chinois, ses menaces envers Taïwan, ses revendications territoriales et son occupation d’îles et de récifs en mer de Chine méridionale. La Russie et le PCC ont mené des manœuvres militaires conjointes près de la mer du Japon. Tout cela montre leur intention de subvertir l’ordre international actuel qui est basé sur les règles de la démocratie libérale », a-t-il déclaré. « Dans ces circonstances, la résolution de l’Ukraine de rompre définitivement avec eux a clairement montré que la démocratie libérale et la dictature totalitaire ne peuvent pas coexister. »

Le 21 septembre 1991, un habitant de Bakou, capitale de la République soviétique d’Azerbaïdjan qui faisait à l’époque partie de l’Union soviétique, utilise une hache pour découper une image en bois de Vladimir Lénine – chef du premier régime communiste de l’histoire instauré en Russie en 1917. (Anatoly Sapronenkov/AFP/Getty Images)

Concernant la confiscation des biens du Parti communiste d’Ukraine, Li Yuanhua a indiqué : « Les biens du Parti communiste chinois, par exemple, appartiennent au peuple chinois. Confisquer les biens du Parti communiste d’Ukraine, c’est rendre à la nation et au peuple les biens du peuple pris par le Parti communiste de l’Union soviétique (qui ont été partiellement hérités par le PCU). C’est une décision juste. »

Il a souligné que les pays qui ont été dirigés par les régimes totalitaires communistes ont une profonde compréhension du mal que l’idéologie communiste a apporté aux êtres humains.

« Comme la République tchèque auparavant, les pays d’Europe de l’Est, dont l’Ukraine, se sont également débarrassés des toxines communistes. Cette fois, l’interdiction permanente du Parti communiste en Ukraine par la loi, y compris la confiscation de ses biens, est en fait le choix du peuple ukrainien. »

Li Yuanhua a également noté que cette interdiction est un signal adressé aux membres du Parti communiste chinois : « Si le peuple chinois se rend compte que le Parti communiste chinois amène un désastre à l’humanité tout entière, il devrait quitter ce Parti dès que possible et choisir un avenir meilleur au lieu de suivre le PCC jusqu’au bout. »

Mettre fin à l’héritage communiste

Le Parti communiste d’Ukraine (PCU) a été la branche locale du Parti communiste de l’Union soviétique (PCUS) – le parti au pouvoir en Ukraine à l’époque soviétique. Après l’effondrement de l’Union soviétique, en 1991, l’Ukraine a obtenu son indépendance, tandis que son Parti communiste, ainsi que le Parti communiste de la fédération de Russie, a succédé au PCUS. Dès le 30 août 1991, la Verkhovna Rada (Parlement ukrainien) a annoncé l’interdiction du PCU et de ses activités. Toutefois, la Cour constitutionnelle ukrainienne a invalidé cette interdiction en décembre 2001.

Le 9 avril 2015, la Verkhovna Rada a adopté une série de lois de décommunisation (abandon de l’héritage de l’État communiste autoritaire), notamment dans le cadre de la loi « sur la condamnation des régimes totalitaires communistes et nazis » qui interdit l’utilisation de symboles communistes ou nazis.

Bien que le Parti communiste n’ait été formellement interdit en Ukraine avant la récente décision judiciaire, la Commission électorale centrale a rejeté la candidature de son chef, Petro Symonenko, à l’élection présidentielle de 2019. Ceci en raison du fait que le statut et le symbolisme de son parti n’étaient pas conformes aux lois de décommunisation.

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