Guerre en Ukraine: Kiev prudente après l’annonce du retrait russe de Kherson

11 novembre 2022 Mis à jour: 11 novembre 2022
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L’Ukraine a annoncé jeudi la reconquête d’une douzaine de villages dans la région de Kherson, dans le sud du pays, où Moscou a confirmé avoir entamé son repli, un nouveau revers majeur pour l’armée de Vladimir Poutine.

« Ce n’est pas l’ennemi qui se retire, ce sont les Ukrainiens qui chassent l’occupant en en payant le prix », a souligné dans la soirée le président Volodymyr Zelensky, prenant le contre-pied de l’armée russe qui a affirmé mercredi se retirer pour occuper de meilleures positions. « Cela a été obtenu par le courage, dans la douleur et avec des pertes », a ajouté le président ukrainien.

À la mi-journée, le commandant en chef de l’armée ukrainienne, Valery Zaloujny, avait annoncé que ses forces avaient avancé mercredi de 7 km, prenant le contrôle de « six localités dans la direction de Petropavlivka-Novoraïsk » et repris également « six localités dans la direction de Pervomaïske-Kherson ».

Volodymyr Zelensky a affirmé que c’étaient désormais au total « 41 villages » qui avaient été repris dans la région, où la contre-offensive ukrainienne a commencé en octobre.

L’armée russe a elle annoncé avoir commencé son retrait en déplaçant ses troupes de la rive droite (occidentale) où se trouve la ville de Kherson, à la rive gauche du fleuve Dniepr, un obstacle naturel théoriquement plus facile à défendre.

« Des unités du contingent de troupes russes manoeuvrent vers des positions aménagées sur la rive gauche du fleuve Dniepr », a indiqué le ministère russe de la Défense.

Le général Sourovikine, en charge de l’offensive russe en Ukraine, avait annoncé mercredi que le repli se ferait « très rapidement », sans donner de calendrier.

Un retrait russe accueilli sans triomphalisme

Côté ukrainien, l’annonce a été accueillie sans triomphalisme et avec circonspection, Kiev soupçonnant un piège. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait réagi mercredi avec une « extrême prudence ».

Relevant ne pouvoir à ce stade « ni confirmer, ni infirmer les informations relatives à un prétendu retrait des troupes russes de Kherson », le général Oleksiï Gromov, représentant de l’état-major ukrainien, a cependant souligné que, dos au Dniepr, les Russes n’avaient « d’autre choix que de fuir » face à la poussée ukrainienne.

À Mykolaïv, grande ville du sud à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Kherson, des habitants sont méfiants sur les intentions du Kremlin.

Des images satellites montraient encore ces derniers jours les Russes creusant des lignes de tranchées sur la rive gauche du Dniepr, de l’autre côté du fleuve.

Ces positions pourraient permettre aux Russes d’être très bien placés pour cibler les troupes ukrainiennes qui entreraient dans Kherson.

Pour le Igor Kossorotov, un mécanicien de 59 ans, « les Russes vont tout simplement mettre en ruines la ville et puis voilà »« Ils la feront couler dans le fleuve ».

Vladimir Poutine en difficulté ?

De son côté, le Kremlin n’a fait aucun commentaire, le briefing quotidien de son porte-parole ayant été annulé jeudi.

Le président américain Joe Biden a, lui, estimé que l’annonce du repli constituait « la preuve que (les Russes) ont de vrais problèmes ».

Un retrait russe « serait une nouvelle victoire » pour Kiev, a salué pour sa part le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, depuis Rome.

Le départ de Kherson, s’il se confirme, constitue un nouveau cinglant revers pour Moscou, déjà contraint d’abandonner la région de Kharkiv (nord-est) en septembre.

D’autant que Vladimir Poutine avait revendiqué fin septembre l’annexion de quatre régions ukrainiennes, dont Kherson, et ordonné le 21 septembre la mobilisation de quelque 300.000 réservistes pour consolider les lignes russes.

Le président russe avait prévenu que la Russie défendrait « par tous les moyens » ce qu’elle considère désormais comme son territoire.

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