Les Vosges alsaciennes, l’escapade proche

Vous rêvez de lâcher prise le temps d’un week-end prolongé et d’oublier le quotidien en vous aérant l’esprit ? Alors prenez la route des Vosges alsaciennes, là où les collines se coiffent de ruines médiévales, les coteaux se couvrent d’une mer de ceps, les vallées boisées offrent de superbes randonnées et le ciel s’y étire plus vaste qu’ailleurs. N’hésitez pas à emmener les enfants, l’Alsace leur laissera un souvenir ébouriffant !

Loin du flot des touristes, le petit village de Kintzheim s’avère une halte idéale pour rayonner dans la région. (Christiane Goor et Charles Mahaux)

Le parc Naturel régional des Vosges du Nord est la porte d’entrée de ce territoire tout en rondeur. Vallées boisées, prairies, étangs et denses forêts de feuillus dessinent un paysage préservé mais déjà la route file sur les contreforts du massif. Les premiers villages de la route des Vins surgissent nichés dans des vallons dont les pentes exposées au sud se couvrent d’une horde de piquets qui soutiennent les vignes : Rosheim, Dambach-la-Ville et enfin Kintzheim, premier camp de base pour visiter ce terroir. Ce petit village viticole qui aligne quelques demeures cossues à colombages est idéalement situé entre plusieurs parcs thématiques et au pied du célèbre château du Haut-Koenigsbourg qui émerge dans un isolement farouche au-dessus d’une haute butte de grès.

Kintzheim au cœur de la Route des Vins

Partir à la découverte du château sous la houlette d’une guide en costume d’époque est un véritable must pour les enfants convertis en marmitons. (Christiane Goor et Charles Mahaux)

Sa visite émerveille petits et grands, surtout si elle est théâtralisée et que les enfants y sont accueillis pour servir de marmitons dans les cuisines du château. Une manière ludique de découvrir les coulisses passionnantes de ce géant de pierre qui est passé de main en main durant toute son histoire. Après deux siècles d’abandon, les ruines du château furent restaurées pour satisfaire les ambitions de Guillaume II, à l’époque où l’Alsace était rattachée au IIème Reich. L’empereur allemand y avait vu l’occasion de magnifier la germanité de l’Alsace !

A 800 mètres d’altitude, le château du Haut-Koenigsbourg offre une vue à 360° dur la plaine alsacienne. (Christiane Goor et Charles Mahaux)

Avec sa position exceptionnelle de nid d’aigle, le panorama qui se dégage du haut du grand bastion est immense sur les retombées des Vosges sur la plaine alsacienne. On comprend mieux de là-haut que la ligne crénelée du massif vosgien ait pu servir de socle à de nombreux châteaux-forts dont les ruines séculaires montent aujourd’hui la garde.

Le décor d’un château en ruines apporte une dimension supplémentaire au spectacle du vol des grands rapaces. (Christiane Goor et Charles Mahaux)

Vieux domaine royal, le village de Kintzheim a aussi son château perché sur un éperon rocheux. Aujourd’hui ses ruines servent de cadre à la Volerie des Aigles, un centre important de reproduction de rapaces en captivité. Les fauconniers y présentent un spectacle inédit de vol des plus grands oiseaux du monde : aigles, condors, pygargues, vautours, une patrouille fascinante dont le vol majestueux va de pair avec le site exceptionnel du château où sont disséminés les perchoirs des animaux.

Des singes en Alsace, voilà qui change des cigognes ! Pour le plus grand plaisir des enfants… (Christiane Goor et Charles Mahaux)

La forêt voisine abrite la Montagne des Singes, un étonnant parc animalier où plus de 200 macaques de barbarie évoluent librement d’un arbre à l’autre dans des conditions relativement proches de la vie sauvage. Curieux et gourmands, certains s’approchent des chemins forestiers balisés par des barrières en bois, attirés par le pop-corn que les enfants leur tendent timidement d’une main ouverte. Des séances de nourrissage permettent aux guides d’expliquer le mode de vie des magots qui n’hésitent pas à prendre la pause devant les objectifs des photographes.

Les perles du vignoble : Ribeauvillé, Riquewihr, Kaisersberg, …

Les vestiges des 3 châteaux des Ribeaupierre surplombent aujourd’hui la ville de Ribeauvillé. (Christiane Goor et Charles Mahaux)

De val en coteau, la route des Vins serpente au pied des Vosges sur environ 170 km. Les rangs serrés des ceps dessinent une marqueterie subtile dont le dessin varie au gré du terrain. La forêt bleue qui escalade les contreforts de la montagne interrompt l’avancée de la vigne. Des villages rythment le déroulé de la route, tous dominés par le clocher pointu de leur église. Certains sont plus cossus, marqués par le sceau du négoce et ils affichent fièrement leurs traditions.

Ribeauvillé étire ses belles maisons anciennes à colombages qui abritent des petites boutiques où l’on peut déguster les meilleurs crus du terroir. Aux alentours, les vestiges de trois châteaux rappellent la puissance des seigneurs de Ribeaupierre dont la petite ville était un fief.

Découvrir Kaisersberg depuis la forteresse c’est une autre manière d’appréhender le bâti d’une typique petite ville alsacienne avec la densité de ses maisons à colombages serrées les unes contre les autres. (Christiane Goor et Charles Mahaux)

Kaisersberg a su préserver sa splendeur médiévale avec un patrimoine bâti impressionnant que l’on découvre depuis le haut du donjon circulaire, beau vestige d’une forteresse impériale du 12ème siècle. La ville s’est développée de part et d’autre de la rivière Weiss enjambée par un pont fortifié construit en blocs de grès rose des Vosges. Fontaines chantantes, balcons débordant de décorations, enseignes en fer forgé, façades en torchis et colombages, linteaux ciselés, autant de détails qui donnent à tous ces villages un air de famille.

Riquewihr est un festival de demeures à colombages qui racontent le goût du détail et de l’élégance à découvrir même dans les petites ruelles empreintes de calme et de mystère. (Christiane Goor et Charles Mahaux)

Riquewihr n’en est pas moins la star de ce chapelet de bourgades. Reine du riesling, son terroir est célébré depuis le Moyen-Age pour sa production des vins les plus légers d’Alsace. Mais tout ici y est pittoresque et harmonieux : une enceinte fortifiée, des ruelles paisibles grossièrement pavées, des façades à colombages envahies par des glycines bleues qui complètent la palette des tons pastel des maisons surmontées d’immenses toits couverts de tuiles plates et un festival d’enseignes colorées.

Le Val d’Argent

Le Val d’Argent, un camaïeu de verts. (Christiane Goor et Charles Mahaux)

Quand on quitte la route des Vins pour celle des Crêtes sur la croupe boisée des Vosges, on découvre un pays bucolique, entre grandes forêts et vastes pâturages, des pentes douces et des ruisseaux d’eau fraîche sans oublier des fermes disséminées au cœur des pacages. La vallée de Sainte-Marie-aux-Mines est encadrée par deux crêtes qui culminent au col des Bagenelles. Ici c’est le paradis des randonneurs car les cimes ne nécessitent pas des approches interminables et le plongeon dans le camaïeu de verts de ce territoire atypique est enivrant.

Pour les passionnés du genre, la scierie-musée Vincent est un des rares établissements en Alsace à avoir conservé son parc de machines. (Christiane Goor et Charles Mahaux)

On est au cœur du Massif Vosgien, dans le Val d’Argent, entre l’Alsace et la Lorraine, sur une terre couverte à 60 % par la forêt. Jadis on y naissait forestier, comme le montre la scierie-musée Vincent, une exploitation qui a traversé les époques au gré des évolutions technologiques jusqu’à fermer ses portes en 1990. La richesse du patrimoine industriel conservé lui a valu cependant d’être classée monument historique.

Tellure est un complexe moderne et couvert est construit sur une véritable mine d’argent du 16ème siècle. (Christiane Goor et Charles Mahaux)

Mais Sainte-Marie-aux-Mines est surtout célèbre pour son patrimoine minier. Le musée Parc Minier Tellure rend hommage aux siècles d’exploitation minière dans la vallée. La découverte de filons d’argent date de l’époque romaine mais elle a connu son essor au IXème siècle avec une exploitation de filons argentifères mais aussi du cuivre, du cobalt et de l’arsenic. 7 siècles plus tard ce ne sont pas moins de 80 mines qui sont mises à jour et près de 3000 mineurs y travaillent. La Guerre de Trente ans va sonner le déclin de cette période faste d’autant que les eaux envahissent les puits. Quand au XVIIIème siècle on reprendra l’exploitation en voulant creuser plus profondément les mines existantes, une crue souterraine va interrompre définitivement cet espoir. Aujourd’hui ce riche réseau souterrain est devenu un lieu de visites et d’explorations spéléologiques passionnantes pour le grand public.

Infos pratiques
Se loger : On a testé avec bonheur à Kintzheim une chambre d’hôtes au cœur du village www.au-coeur-d-alsace.fr; à Kaisersberg un hôtel à la porte des remparts, idéal pour s’y poser avec sa voiture tout en étant à 2 pas de la petite cité www.lesremparts.com; à Sainte-Marie-aux-Mines une auberge très cosy qui fait la part belle aux produits du terroir à découvrir au restaurant www.bagenelles.com

Gastronomie : charcuterie alsacienne, choucroute, fleischnaka (escargots de viande), tarte flambée, foie gras, bretzel, kugelhopf (variété de brioche), pain d’épice, etc… tout est à découvrir dans les auberges qui portent le nom de Winstub, à savoir un « bar-restaurant à vin » traditionnel. On y savoure une cuisine du terroir dans des décors aux couleurs de l’Alsace. A découvrir à Kaisersberg le Winstub du Château, juste en face de la fontaine.

La route des Vins d’Alsace : inaugurée en 1953, elle est la plus ancienne de France ! Ateliers de dégustation, marches gourmandes, fêtes du vin, le calendrier riche en manifestations pour déguster de bons vins est à découvrir sur www.route-des-vins-alsace.com/fr

La Route des Vins déroule un itinéraire enchanteur sur 170 km entre villages alsaciens et vignobles qui offrent une expérience gourmande et œnologique. (Christiane Goor et Charles Mahaux)

Sites à découvrir : www.massif-des-vosges.com, www.tourisme-alsace.com et pour des domaines plus précis : www.voleriedesaigles.com; www.montagnedessinges.com; www.haut-koenigsbourg.fr; www.tellure.fr (avec pour les enfants un parcours sensoriel souterrain qui permet d’appréhender un voyage au centre de la terre).

Écrit par Christiane Goor et Charles Mahaux

 
 
 
 

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