Les sept hommes à la tête de la Chine

29 octobre 2022 Mis à jour: 31 octobre 2022
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Menés par Xi Jinping, six hommes ont foulé le tapis rouge du Grand Hall du Peuple à Pékin ce 23 octobre. Ces puissants responsables composent désormais le Comité permanent du Politburo, l’organe décisionnel suprême du régime. Xi Jinping est de nouveau le chef du Parti, à ce titre, il est à la tête du Politburo. Durant les assemblées à huis clos du Congrès quelque 370 cadres du Parti triés sur le volet, ont « voté » (approuvé sans contester) pour les membres du Politburo.

La composition du Comité permanent du Politburo à l’issue du XXe Congrès du Parti consolide le pouvoir de Xi Jinping. Trois membres du Comité permanent Politburo se sont maintenus d’un mandat à l’autre, quatre ont été remplacés. Les quatre membres nouvellement nommés sont des protégés et des alliés de Xi Jinping.

Voici une brève présentation des sept hommes forts à la tête du Parti pour les cinq prochaines années.

Xi Jinping

Le dirigeant chinois Xi Jinping  dans le Grand Hall du Peuple à Pékin le 23 octobre 2022. (Wang Zhao/AFP via Getty Images)

Xi Jinping est de nouveau le chef d’État de la Chine. C’est son troisième mandat de cinq ans en tant que secrétaire général du Parti. Personne ne s’est maintenu au pouvoir aussi longtemps depuis Mao, le « Grand Timonnier ». Mao a dirigé la Chine jusqu’à sa mort en 1976, pendant 27 ans.

Xi Jinping a également conservé son poste de chef de la Commission militaire centrale, l’organe militaire suprême de l’État, en charge de diriger les forces armées de tout le pays.

Il est pratiquement certain de rester le secrétaire général du Parti à vie. En 2018, lors de la révision de la constitution, il avait déjà pris les devants et fait supprimer la limitation du nombre de mandats. Il est probable qu’il fasse désormais prolonger la durée des mandats. Tout s’éclairera après les législatives qui auront lieu au printemps prochain.

Son mandat doit normalement se terminer fin 2027. Mais il n’y a aucun successeur potentiel dans la nouvelle composition du Comité permanent. Ce qui indique que le dirigeant de 69 ans planifie de prolonger son mandat.

Lorsqu’en 2007, Xi Jinping a rejoint le Comité permanent du Politburo, il était clair, au vu de son âge et de la composition du Comité, qu’il remplacerait le chef du Parti de l’époque, Hu Jintao, en 2012.

Aujourd’hui, cinq des sept membres du Comité permanent, dont Xi Jinping, ont plus de 65 ans, Ding Xuexiang, qui a maintenant 60 ans, est le plus jeune. Cela signifie qu’aucun d’entre eux ne sera assez jeune pour prendre la tête du Parti en 2027. Depuis des décennies, les membres du gouvernement de 68 ans ou plus au moment du Congrès prennent leur retraite.

Li Qiang

Li Qiang, secrétaire du Parti communiste de Shanghai, applaudit lorsqu’il est présenté comme membre du Comité permanent du Politburo du PCC, à Pékin le 23 octobre 2022. (Noel Celis/AFP via Getty Images)

Le numéro 2 du Parti est Li Qiang, secrétaire du Parti de Shanghai. Le poste le plus puissant de Shanghai est souvent considéré comme un tremplin vers le Politburo. En 2017, le prédécesseur de Li Qiang, Han Zheng, a lui aussi été promu au Comité permanent.

Plus tôt cette année, les spéculations abondaient sur le fait que la carrière politique de Li Qiang était condamnée en raison du confinement interminable de Shanghai. Enfermés chez eux pendant deux mois, les 26 millions d’habitants de la ville ont eu beaucoup de mal à s’approvisionner en nourriture et en médicaments. Aujourd’hui la population est en colère.

L’ascension politique de Li Qiang montre que « les critères pour obtenir l’approbation de Xi Jinping sont le rapprochement physique, la loyauté absolue et l’obéissance », explique Feng Chongyi pour Epoch Times, professeur d’études chinoises à l’Université de technologie de Sydney.

Li Qiang, 63 ans, est un proche allié de Xi Jinping. Lorsque Xi Jinping était secrétaire du Parti de la province du Zhejiang, Li Qiang était à la tête de Wenzhou, une grande ville du Zhejiang. En 2004, Li Qiang a été promu secrétaire général du Zhejiang, devenant ainsi le bras droit de Xi Jinping.

Après avoir pris les rênes lors du XVIIIe Congrès national en 2012, Xi Jinping a promu Li Qiang au poste de gouverneur de la province du Zhejiang. Trois ans plus tard, Li Qiang devenait secrétaire du Parti de la province du Jiangsu, une riche province côtière qui jouxte Shanghai. En 2017, il est devenu secrétaire du Parti de Shanghai. Aujourd’hui, Li Qiang est pressenti pour être le prochain Premier ministre.

Zhao Leji

Zhao Leji, à Pékin, le 25 octobre 2017. (Wang Zhao/AFP/Getty Images)

Le ponte de la lutte contre la corruption, Zhao Leji, est un des deux membres (sans compter Xi Jinping) à avoir conservé son poste au sein du Comité permanent. Zhao Leji était jusqu’à récemment à la tête de la Commission centrale d’inspection disciplinaire. En d’autres termes, à ce jour, c’est lui l’architecte de la campagne anticorruption de Xi Jinping, visant à purger le Parti de ses ennemis politiques, à savoir tous ceux restés fidèles à l’ancien dirigeant du PCC, Jiang Zemin.

Cet homme de 65 ans a également dirigé le Département de l’organisation du Parti, un organe puissant chargé de nommer les hauts responsables. Selon la Brookings Institution (think tank à Washington), Zhao Leji a contribué à la promotion de nombreux alliés de Xi Jinping.

Zhao Leji a commencé sa carrière politique dans la province de Qinghai, au nord-ouest du pays, où il est né, et a gravi les échelons de la bureaucratie provinciale. Il est devenu secrétaire du Parti de Qinghai en 2003. Zhao Leji a ensuite occupé le poste de secrétaire du Parti de la province du Shaanxi avant d’arriver à Pékin en 2012.

Wang Huning

Wang Huning à Pékin le 5 mars 2018. (Wang Zhao/AFP via Getty Images)

Le second membre qui parvient à conserver son poste au sein de l’organe directeur du Parti est Wang Huning, un théoricien chevronné.

Wang Huning, 67 ans, est une figure politique rare qui a servi trois chefs du Parti, réussissant à traverser les luttes politiques féroces et les remaniements quinquennaux.

« Il n’est le fidèle d’aucun dirigeant en particulier », explique Feng Chongyi. « C’est un idéologue qui a les faveurs du Parti. »

L’ancien professeur et doyen de la faculté de droit de l’Université Fudan a élaboré les textes idéologiques des trois derniers dirigeants chinois ; Les trois représentations de Jiang Zemin ; La théorie du concept de développement scientifique de Hu Jintao, et plus récemment Les Pensées de Xi Jinping.

Les trois représentations ont globalement été conçues pour assimiler les élites financières libérales dans l’appareil du PCC. La théorie du concept de développement scientifique touche à des questions socio-économiques, telles que développement durable, le revenu minimum, l’ouverture démocratique. Dans La pensée de Xi Jinping, il est entre autres question d’appliquer « un communisme aux caractéristiques chinoises » (i.e. prendre du recul avec les règles internationales), de promouvoir « une communauté de destin pour l’humanité » (i.e. de dominer le monde), maintenir le concept de « un pays, deux systèmes » tout en faisant avancer la réunification nationale (i.e. établir un seul système).

Selon Dylan Loh professeur adjoint à l’université technologique de Nanyang, « la présence de Wang Huning indique que la convergence idéologique entre le Parti et Xi Jinping va se poursuivre et même s’approfondir ».

Cai Qi

Cai Qi à Pékin le 23 octobre 2022. (Wang Zhao/AFP via Getty Images

Nouveau venu au sein du Comité permanent, Cai Qi connaît Xi Jinping depuis plus de vingt ans. Cai Qi travaillait déjà sous Xi Jinping à l’époque où celui-ci occupait des postes de pouvoir dans les provinces de Fujian et de Zhejiang. Une fois que Xi Jinping est devenu le chef du Parti, Cai Qi a été promu à Pékin avant de devenir le secrétaire du Parti de Pékin en 2017. La même année, il a rejoint le Politburo, malgré les contestations. En tant que n°1 de Pékin, Cai Qi est connu pour avoir eu la main ferme, il a notamment rasé des quartiers entiers dans la banlieue de Pékin en expulsant de force près de 100.000 travailleurs migrants.

Le 30 octobre, Cai Qi devient Premier secrétaire du Secrétariat général du PCC, supervisant le travail de propagande et d’idéologie du Parti.

Ding Xuexiang

Ding Xuexiang à Pékin le 23 octobre 2022. (Wang Zhao/AFP via Getty Images)

En tant que bras droit de Xi Jinping, l’accession de Ding Xuexiang au Comité permanent n’est pas une surprise, même s’il n’a jamais été secrétaire du Parti au niveau provincial.

Les liens entre Ding Xuexiang et Xi Jinping pourraient remonter à 2007, à l’époque où Xi Jinping a brièvement occupé un poste de Secrétaire du Parti de Shanghai, Ding Xuexiang était le Secrétaire général de la ville et le principal assistant de Xi Jinping. En 2013, quelques mois seulement après que Xi Jinping soit devenu le dirigeant de la Chine, Ding Xuexiang a rejoint Pékin, pour y occuper d’abord le poste de directeur adjoint du Bureau général et enfin celui de directeur du Bureau général. Le Bureau général est un organe puissant qui gère les affaires administratives de la haute fonction.

Le sexagénaire a accompagné Xi Jinping lors de nombreux voyages à l’étranger.

« Ding Xuexiang a probablement passé plus de temps avec Xi Jinping que tout autre fonctionnaire au cours des cinq dernières années », explique pour Reuters Neil Thomas, analyste principal Chine et Asie du Nord-Est de l’Eurasia Group,

Li Xi

Li Xi, à Pékin, le 23 octobre 2022. (Wang Zhao/AFP via Getty Images)

Li Xi est le secrétaire du Parti de la province du Guangdong. Cette région du sud de la Chine est très puissante économiquement. En 1983, selon la Brookings Institution, Li Xi a été nommé par Xi Zhonxun, le père de Xi Jinping au poste de secrétaire du Parti pour la province du Gansu. C’est à cette époque qu’il s’est rapproché de la famille Xi et plus particulièrement de Xi Jinping. Ils sont restés amis depuis lors.

Globalement, pendant trente ans, la carrière politique de Li Xi se cantonnait au nord-ouest de la Chine, les provinces du Gansu et du Shaanxi. En 2015, il a été promu secrétaire du Parti de la province du Liaoning (nord-ouest).

« En tant que secrétaire du Parti de Liaoning, Li Xi s’est illustré pour sa grande fermeté contre la corruption. Il affichait clairement son soutien à Xi Jinping quand celui réclamait une application plus stricte de la discipline au sein du Parti », selon Cheng Li, directeur du John L. Thornton China Center de la Brookings Institution, pour Reuters.

Li Xi succéde à Zhao Leji à la tête de la Commission centrale d’inspection disciplinaire, c’est donc lui qui sera désormais en charge la campagne anticorruption de Xi Jinping. Pour les analystes, l’avancement politique de Li Xi indique que Xi Jinping a l’intention d’intensifier sa campagne anticorruption.

« Je pense que [la lutte contre la corruption] après le XXe Congrès du Parti sera féroce », affirme Zheng Xuguang, commentateur et économiste chinois basé aux États-Unis. « Ce sera probablement une purge acharnée. »

Luo Ya, Ning Haizhong, Annie Wu, Reuters ont contribué à cet article.

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