Les pratiquants de Falun Gong au Canada harcelés de plus belle à l’approche du XXe Congrès national du PCC

10 octobre 2022 Mis à jour: 10 octobre 2022
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Certains rapportent que Pékin a intensifié ses campagnes de harcèlement et de persécution à l’encontre des dissidents en Chine et à l’étranger à l’approche de la réunion nationale du régime communiste. Les membres d’une pratique spirituelle chinoise et d’autres dissidents au Canada disent être victimes d’une augmentation des agressions, du harcèlement et de l’intimidation.

Jeff Lee est un habitant de la région de Toronto et le porte-parole du Falun Gong, une discipline spirituelle persécutée en Chine. Selon M. Lee, il y a eu une augmentation des incidents visant les pratiquants de Falun Gong dans tout l’Ontario. Dans certains cas, les agresseurs ont parcouru plus de 100 kilomètres pour harceler les pratiquants.

D’après les preuves qu’il a recueillies, il a de « très bonnes raisons » de croire que le Parti communiste chinois (PCC) est à l’origine de ce harcèlement. Il pense que l’augmentation des cas est due au prochain Congrès national, l’importante réunion quinquennale des membres les plus hauts placés du Parti.

Le XXe Congrès national se tiendra à Pékin et durera une semaine. Il commencera le 16 octobre. C’est un des événements les plus importants du PCC. Plus de 2000 délégués – représentant les 90 millions de membres du Parti – choisissent le nouveau comité central, qui compte environ 200 membres. On élit également les 25 membres du Politburo, l’organe de direction suprême du Parti.

« Chaque fois qu’il y a un événement majeur dans le Parti, le PCC lance des arrestations massives, emprisonne et même tue tous ceux qu’il considère comme des adversaires », explique M. Lee pour Epoch Times. « Le XXe Congrès national est le plus important des événements dont [le PCC] doit assurer la sécurité. »

Le chef du Parti communiste chinois Xi Jinping lors de la session d’ouverture du XIXe Congrès du Parti communiste à Pékin, le 18 octobre 2017. (Kevin Frayer/Getty Images)

Lors d’une conférence de presse tenue le 27 septembre, le ministère chinois de la Sécurité publique, qui supervise les forces de police du pays, a salué le succès de son « Opération 100 jours ». Celle-ci a conduit à l’arrestation de plus de 1,43 million de ressortissants depuis le 25 juin. Le ministère a déclaré avoir résolu 640.000 affaires pénales grâce à cette opération.

Selon l’édition en langue chinoise d’Epoch Times, lors de cette opération, la police n’a pas manqué de prendre pour cible de nombreux Chinois n’ayant commis aucune infraction : des civils, des dissidents, des militants, des pétitionnaires et des pratiquants de Falun Gong.

Entre juillet et août, au moins 1043 pratiquants de Falun Gong ont été arbitrairement arrêtés, selon Minghui.org, un site Internet qui documente la persécution du Falun Gong. Au total, 614 maisons ont été fouillées illégalement et 62 personnes ont été envoyées de force dans des centres de lavage de cerveau.

Le Falun Gong, également appelé Falun Dafa, est une pratique spirituelle qui allie des exercices de méditation à des enseignements moraux fondés sur trois principes : la vérité, la bonté et la patience. Cette pratique est persécutée depuis 23 ans en Chine. Les pratiquants sont torturés, soumis à des abus sexuels. Certains décèdent, victimes de prélèvements forcés d’organes.

Concernant les cas de harcèlement survenus à Toronto, M. Lee a déclaré qu’il en avait référé à la Gendarmerie royale du Canada et qu’il envisageait également de déposer une requête auprès du Tribunal des droits de l’homme de l’Ontario.

Harcèlement, menaces

Selon M. Lee un cas récent de harcèlement à Toronto se distingue particulièrement.

Le 4 avril, un homme portant un masque et une casquette de baseball a déchiré une bannière appartenant à une pratiquante de Falun Gong qui méditait au Nathan Phillips Square dans le centre-ville de Toronto.

Veillée aux bougies devant le consulat de Chine à Toronto, le 13 juillet 2019. Les participants tiennent des photos de pratiquants de Falun Gong morts persécutés en Chine. (Handout)

« L’homme s’est approché de la bannière de Falun Dafa et l’a déchirée sans raison. Il l’a ensuite jetée, puis il est parti », a déclaré la pratiquante, Mme Qiao.

Le 30 septembre, le même homme a agressé un autre pratiquant de Falun Gong dans le même quartier, a déclaré M. Lee. L’homme a griffé le pratiquant, qui a essayé de filmer l’agression, mais l’homme a attrapé son smartphone. La victime a réussi à arracher son téléphone. L’homme s’est alors enfui.

Les tentatives d’intimidation ont également augmenté selon M. Lee. Dans certains cas, un ressortissant chinois s’approche soudain des pratiquants, les prend en photo à bout portant tout en proférant des menaces.

Selon « Silent Invasion », le livre de Clive Hamilton publié en 2018 sur les opérations d’influence du PCC à l’étranger, le Falun Gong figure « en bonne place sur la liste des cibles du régime au Canada ». Cette situation continue de s’aggraver, selon l’auteur, avec l’emprise croissante du régime communiste sur les sociétés occidentales ces dernières années.

Les dissidents pris pour cible

Sheng Xue, une figure centrale du mouvement pro-démocratie chinois d’outre-mer au Canada, a déclaré avoir été victime d’une recrudescence de cyberattaques et de diffamation sur les médias sociaux ces dernières semaines.

Aux alentours du 27 septembre, Mme Sheng a rencontré des difficultés à accéder à Internet via son téléphone et son iPad, alors que les membres de sa famille n’avaient aucun problème avec leurs appareils. Elle a contacté son opérateur, qui a essayé plusieurs options pour résoudre le problème. Ils ont  notamment changé son modem, mais le problème a persisté.

Le 1er octobre, alors que Mme Sheng s’apprêtait à participer à une réunion en ligne sur le PCC avec un think tank indien, son accès à Internet a brusquement été coupé.

Le plus troublant, selon Mme Sheng, est la multiplication des attaques contre elle sur les médias sociaux par « l’armée des 50 cents » du PCC. L’armée des 50 cents est composée de personnes engagées par le PCC qui utilisent des comptes de médias sociaux et publient des contenus Internet dans le but de façonner l’opinion publique. Ces personnes écrivent souvent des messages qui font l’éloge des politiques du Parti, d’autres qui réprimandent les contestataires. Ils sont apparemment payés un demi-dollars par message.

Après que Mme Sheng a publié sur son compte Twitter, le 29 septembre, une vidéo dans laquelle elle parlait du terrorisme d’État et de la répression du PCC, un grand nombre de membres de l’armée des 50 cents ont laissé des commentaires contenant des injures et des insultes. Ils l’ont notamment traitée de « traîtresse ». Certains ont publié des photos truquées d’elle, de manière à faire croire qu’elle se livrait à des activités sexuelles.

Des commentaires similaires ont été laissés sur d’autres vidéos et posts qu’elle a publiés les jours suivants.

S’exprimant pour Epoch Times, Mme Sheng a déclaré que « c’est probablement parce que le XXe Congrès national approche » et que le PCC fournit des fonds pour de telles attaques visant à réprimer les dissidents étrangers.

Elle a déjà été la cible de telles attaques, mais rarement par autant de trolls en même temps. Il est « improbable », selon elle, qu’un nombre aussi important d’attaques ne soient pas coordonnées.

« L’ampleur observée cette fois-ci est sans précédent. »

La dernière attaque en ligne d’une ampleur similaire remonte à 2016, lorsqu’un compte Twitter nommé « Global Snow-Sweeping Alliance » [Alliance mondiale pour balayer la neige] a été créé et a publié de nombreux messages l’attaquant. Le prénom de Mme Sheng, « Xue », signifie « neige » en Chinois. Ce compte Twitter a depuis été supprimé.

Mme Sheng a déclaré qu’elle avait bloqué les comptes de l’armée des 50 cents après de précédentes attaques, mais, cette fois, « ils sont tout simplement trop nombreux ».

Selon elle, ce déluge d’attaques est la preuve que le PCC est « de moins en moins sûr de lui et toujours plus craintif ». Il tente de faire taire les détracteurs du régime à l’étranger.

« C’est probablement lié au XXe Congrès national… et aussi à la fête nationale chinoise du 1er octobre. C’est pourquoi ils agissent avec autant de frénésie », a déclaré Mme Sheng.

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