Les Philippines décidées à faire valoir leurs droits en mer de Chine méridionale

26 mai 2022 Mis à jour: 26 mai 2022
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Le nouveau président Ferdinand Marcos Junior a prévenu jeudi qu’il ne permettrait pas à la Chine de « piétiner » les droits des Philippines en mer de Chine méridionale, dont les deux pays se disputent plusieurs zones.

La Chine revendique sa souveraineté face aux Philippines, Brunei, la Malaisie, Taïwan et le Vietnam sur la majeure partie de cet espace  maritime riche en ressources et par lequel transitent chaque année des milliers de milliards de dollars de marchandises.

« Notre droit territorial »

« Nous avons un jugement très important en notre faveur et nous l’utiliserons pour continuer à faire valoir nos droits territoriaux. Il ne s’agit pas d’une revendication. C’est déjà notre droit territorial », a déclaré M. Marcos dans une interview à la presse locale.

La Cour permanente d’arbitrage de La Haye a donné raison à Manille en 2016, estimant que les revendications de Pékin sur la majeure partie de la mer de Chine méridionale étaient sans fondement.

Mais la Chine ignore cet arbitrage, et le prédécesseur de M. Marcos Jr, Rodrigo Duterte, avait choisi de ne pas insister afin de ne pas froisser Pékin, espérant en retour des milliards de dollars d’investissements.

M. Marcos, qui a été proclamé président mercredi et prendra ses fonctions le mois prochain, assure qu’il ne « permettra pas qu’un seul millimètre de nos droits côtiers maritimes soit piétiné ».

« Nous parlons de la Chine. Nous parlons avec la Chine de manière cohérente et avec une voix ferme », a-t-il déclaré.

Adopter les principales politiques de son prédécesseur, Rodrigo Duterte

Et d’ajouter cependant: « nous ne pouvons pas entrer en guerre avec eux. C’est la dernière chose dont nous avons besoin aujourd’hui ».

Pékin, par la voix du porte-parole du ministère des Affaires étrangères Wang Wenbin a assuré jeudi que sa position sur le jugement de 2016 n’avait pas changé.

« La Chine est disposée à poursuivre la communication et le dialogue avec les Philippines afin de gérer les différends de manière appropriée et de défendre ensemble la paix et la stabilité de la région de la mer de Chine méridionale », a déclaré M. Wang.

Fils de l’ancien dictateur du même nom, M. Marcos Jr est le premier candidat à la présidentielle à remporter la majorité absolue depuis que son père a été renversé en 1986, contraignant sa famille à l’exil aux États-Unis.

Le nouveau président a adopté les principales politiques de son prédécesseur, Rodrigo Duterte, dont la fille Sara Duterte, sa colistière, a été proclamée nouvelle vice-présidente.

Trouver un équilibre entre la Chine et les Etats-Unis

En termes de politique étrangère, M. Marcos a dit ne pas vouloir adopter « l’approche peu orthodoxe » de son prédécesseur, qui avait l’habitude de déstabiliser les diplomates avec sa rhétorique incendiaire et sa nature imprévisible.

Il a indiqué vouloir trouver un équilibre entre la Chine et les Etats-Unis, qui rivalisent pour avoir les liens les plus étroits avec l’administration philippine.

« Nous sommes un petit acteur parmi de très grands géants de la géopolitique. Nous devons tracer notre propre chemin », a déclaré M. Marcos.

« Je ne souscris pas à (la logique) de Guerre froide où nous avions ces sphères d’influence, où vous étiez sous la coupe soit de l’Union soviétique soit des Etats-Unis », a-t-il ajouté.

« Je pense que nous devons trouver une politique étrangère indépendante où nous sommes amis avec tout le monde. C’est la seule solution ».

Les Etats-Unis entretiennent une relation complexe avec les Philippines et la famille Marcos.

Les Etats-Unis tiennent à maintenir leur alliance de sécurité avec Manille

Washington a soutenu Ferdinand Marcos pendant vingt ans à la tête de son ancienne colonie, avant de l’inciter à démissionner face à d’immenses manifestations et à s’exiler à Hawaï.

En cette période de fortes tensions, les Etats-Unis tiennent à maintenir leur alliance de sécurité avec Manille, qui comprend un traité de défense mutuelle et l’autorisation pour l’armée américaine d’entreposer des équipements dans plusieurs bases aux Philippines.

Le contentieux en mer de Chine méridionale est un obstacle majeur dans les relations entre Manille et Pékin et doit être résolu, explique Chester Cabalza, membre du think tank International Développement and Security Coopération basé à Manille.

« S’il n’y a pas d’avancée de la part de Marcos Jr et du (président chinois) Xi Jinping, Pékin aura le dessus dans nos relations stratégiques avec la Chine », a-t-il souligné.

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