Les CDC recommandent d’administrer les injections Covid le même jour que les autres vaccins chez les enfants: côté fabricants, aucune étude de sécurité

4 juillet 2022 Mis à jour: 4 juillet 2022
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Les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC), dans des recommandations mises à jour le 24 juin, affirment que les enfants dès l’âge de 6 mois peuvent recevoir simultanément des injections de Covid‑19 et d’autres vaccins de routine. Pourtant aucune étude de sécurité n’a été menée par les fabricants quant au mélange des vaccins.

Depuis le 18 juin, les CDC soutiennent officiellement les injections Covid‑19 à ARNm (trois doses de Pfizer ou deux doses de Moderna) pour les enfants âgés de 6 mois à 5 ans. Sur son site Web l’agence sanitaire conseille de faire ces injections le même jour que les vaccins de routine.

Pourtant, auparavant, Pfizer et Moderna ont signalé aux membres de l’Advisory Committee on Immunization Practices (ACIP) qu’ils ne disposaient d’aucune information quant aux risques de mélanger les vaccins. L’ACIP, où le « Comité consultatif sur les pratiques de vaccination », est responsable de fournir aux CDC les recommandations sur les vaccins. Les laboratoires ont fait savoir que leurs études se cantonnaient à la sécurité et l’efficacité de la technologie à ARNm.

« Nous n’avons pas autorisé l’immunisation concomitante pour cette première étape encore à l’étude », a déclaré le Dr Rituparna Das, vice‑présidente responsable des vaccins Covid‑19 chez Moderna, aux membres du comité lors d’une réunion le 18 juin. « Nous avons demandé aux enquêteurs de décaler le vaccin contre la grippe d’environ deux semaines et de décaler les autres vaccins de routine de quatre semaines. »

« Et donc, nous n’avons pas encore de données sur l’administration concomitante. Nous sommes tout à fait d’accord pour dire qu’il s’agit d’un élément important, et nos futures études porteront sur l’administration concomitante, tant en termes d’immunogénicité que de réactogénicité », a‑t‑elle ajouté.

Idem chez Pfizer. Le Dr William Gruber, vice‑président de la recherche clinique et du développement des vaccins Pfizer, a indiqué que son laboratoire ne disposait pas non plus d’information sur cette question. Rien. Pfizer a demandé à ses chercheurs d’attendre deux semaines avant et après que les enfants reçoivent une injection Covid‑19 pour leur administrer des vaccins inactivés et des rotavirus, et quatre semaines pour les autres vaccins à virus vivants.

Une vue générale du siège des Centres de contrôle et de prévention des maladies à Atlanta, en Géorgie, le 23 avril 2020. (Tami Chappell/AFP via Getty Images)

Pourtant, les CDC ont décidé de recommander la « coadministration » des injections Covid‑19 avec d’autres vaccins de routine, tout en admettant qu’il y a un manque d’informations de sécurité.

« Les injections de Covid‑19 peuvent être administrées sans tenir compte du moment où les autres vaccins sont administrés », écrit l’agence sanitaire. « Cela inclut l’administration simultanée du vaccin Covid‑19 et d’autres vaccins le même jour. »

« Les données évaluant les résultats de l’administration simultanée des vaccins Covid‑19 et d’autres vaccins sont actuellement limitées, y compris toute augmentation potentielle de la réactogénicité lorsque le Covid‑19 et d’autres vaccins sont administrés lors d’une seule visite. »

Les CDC n’ont pas répondu à une demande de renseignements sur l’éventuelle mise à jour de leur recommandation de coadministration, Pfizer et Moderna n’ayant pas encore réalisé les essais nécessaires.

Les exigences de sécurité s’effondrent concernant la coadministration

Une fois que le vaccin Covid‑19 de Pfizer a été autorisé pour les enfants de 5 à 11 ans, Epoch Times a contacté la Food and Drug administration (FDA) et les CDC pour s’enquérir des études de sécurité sur lesquelles reposait cette recommandation de coadministration.

Les CDC n’ont répondu à aucune des nombreuses demandes d’Epoch Times. La FDA s’est contentée de déclarer que « les pages pour chaque vaccin autorisé indiquent qu’il n’y a pas d’information sur la coadministration du vaccin spécifique Covid‑19 avec d’autres vaccins ».

Finalement nous avons compris ce qu’il en était après avoir passé au crible une session de questions‑réponses du 15 juin du comité consultatif de la FDA.

Dans une réponse à une question sur les études de coadministration, le Dr Doran Fink, un chercheur de la FDA, a signalé que la FDA n’avait pas « systématiquement demandé ou exigé » de telles études, à moins que l’entreprise ne demande l’homologation du vaccin pour les nourrissons de moins de six mois.

« Nous avons régulièrement demandé des études de coadministration pour l’homologation des vaccins destinés aux très jeunes enfants, ceux âgés de moins de six mois, car, vous savez,  les délais dans l’échéancier de vaccination sont si courts qu’il est difficile d’éviter la coadministration », a déclaré le Dr Fink.

« Mais nous n’avons pas systématiquement demandé ou exigé d’études sur la coadministration pour les enfants plus âgés. Cependant nous avons toujours encouragé les fabricants de vaccins à étudier la sécurité et à évaluer l’interférence immunitaire de la coadministration lorsqu’ils introduisent un nouveau vaccin dans le calendrier pédiatrique, et nous nous attendons à ce que des études soient réalisées prochainement », a‑t‑il ajouté.

Le Dr Michael Nelson, membre du comité consultatif de la FDA, s’est avoué inquiet par ce manque d’informations :

« Je peux vous dire que si nous n’obtenons pas une réponse rapide à la question de la coadministration, cela constituera un obstacle pour réaliser ces trois doses de vaccin, et probablement [aussi] pour le vaccin Moderna [à deux doses seulement]. Le fait de devoir faire ce vaccin isolément va constituer un grand défi pour les familles et les enfants ici aux États‑Unis. »

Une fillette de 5 ans reçoit un vaccin Pfizer Covid-19 le 8 novembre 2021. (Michael M. Santiago/Getty Images)

Une étude obsolète sortie du grenier

La recommandation des CDC concernant l’administration simultanée des vaccins Covid‑19 et d’autres vaccins repose sur une étude de 1994 citée sur la page Web de l’ACIP. C’est en s’appuyant sur cette étude que l’ACIP affirme que « la base scientifique pour l’administration simultanée des vaccins repose sur des preuves expérimentales et une vaste expérience clinique ».

Pourtant, cette étude ne repose que sur des données de sécurité et d’immunogénicité de vaccins pédiatriques sans ARNm, et ce, pendant les deux premières années de la vie seulement.

Plus encore, une équipe suisse a réalisé une étude en 2019, en passant en revue 50 recherches antérieures comparant l’administration simultanée et l’administration décalée de mêmes vaccins chez les enfants entre 1999 et 2019. Au final, l’équipe a constaté qu’il n’y avait pas vraiment d’informations concernant la sécurité de la coadministration.

« Les preuves concernant la sécurité des vaccins coadministrés par rapport aux vaccins administrés séparément sont principalement basées sur des essais cliniques, or ceux‑ci étaient avant tout conçus pour évaluer [des différences] dans l’efficacité et non une disparité en termes de sécurité », ont écrit les auteurs.

Et d’ajouter : « En résumé, les preuves disponibles sur une disparité en termes de sécurité entre la coadministration ou l’administration séparée de vaccins chez les enfants sont limitées et non concluantes. »

Ils ont également noté que des recherches de plus grande envergure doivent être menées pour étudier la question.

« Nos résultats indiquent que des études dédiées à la coadministration de vaccins avec un échantillon de plus grande taille sont nécessaires pour obtenir des preuves statistiques sur une augmentation ou une diminution potentielle des événements indésirables. »

Le Dr James Johnston, médecin généraliste, estime que les parents devraient envisager d’espacer les vaccins s’ils craignent que leur enfant reçoive plusieurs vaccins le même jour.

En janvier 2022, le Dr Johnston expliquait à Epoch Times :« Je suis pour le choix du patient. Je pense que les patients, les parents, devraient examiner les risques et les avantages de chaque vaccin, examiner la maladie, sa prévalence et la possibilité de la traiter, et espacer les vaccins auxquels ils consentent, afin de donner au système immunitaire le maximum de chances de se remettre de cette ‘fausse guerre’ . »

« En langage vaccinal, vous essayez d’induire une immunité sans l’infection réelle. Vous créez une fausse guerre pour tromper le système immunitaire afin qu’il produise une immunité, alors espacez ces guerres autant que possible et vous aurez moins d’effets secondaires fâcheux, à mon avis. »

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