« Les adultes ne doivent pas faire peur aux enfants, mais gérer leur propre peur », déplore Marie-Estelle Dupont

14 janvier 2022 Mis à jour: 14 janvier 2022
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Marie-Estelle Dupont, psychologue clinicienne et psychothérapeute, s’est confiée dans une interview accordée au Figaro. Elle pointe la gestion de cette crise sanitaire, mettant en lumière les nombreux dommages collatéraux qui en découlent, notamment sur le développement des enfants « qui prennent sur eux, mais craquent ».

« L’État a voulu centraliser la gestion de la crise, bridant les acteurs de terrain », déplore Marie-Estelle Dupont. De ce fait, de nombreux problèmes ont vu le jour et les enfants en pâtissent, la peur étant un facteur grandissant de leur mal-être. La psychologue clinicienne préconise tout d’abord de « rassurer sur la faible létalité de la maladie ». « Les adultes ne doivent pas faire peur aux enfants, mais gérer leur propre peur », conseille-t-elle, dans la mesure où l’enseignant est « une figure d’exemplarité » et « doit transmettre l’idée qu’apprendre et réfléchir l’emporte sur une peur exagérée ».

« La grippe et la bronchiolite ne nous ont jamais fait fermer de classe »

Par rapport à l’allègement du nouveau protocole sanitaire, la psychothérapeute fait remarquer qu’il est « pénible de constater qu’il faut des grèves pour que la montagne accouche d’une souris ». Pour elle, cela montre que « les dégâts sur la santé des enfants ne comptent pas pour les décideurs ». Pour étayer ses propos, elle pointe « le chaos dans les familles, la maltraitance instaurée par cette obsession délirante du virus au détriment de la santé physique et mentale de toutes les classes d’âge », constatant que « seul le risque de désorganisation de l’école et de mouvement social les fait réagir ».

« Nous avons oublié nos devoirs envers les mineurs : veiller à leur santé et leurs apprentissages. Ce chaos scolaire a dégradé les deux. Une société qui désorganise l’école pour une maladie qui ne touche pas gravement les enfants est une société malade », se désole-t-elle, ajoutant que « la grippe et la bronchiolite ne nous ont jamais fait fermer de classe. […] On enseigne aux enfants qu’au moindre risque, on doit se cloîtrer chez soi. Quelles valeurs ! »

« Même un chien ne porte pas une muselière huit heures par jour »

Marie-Estelle Dupont a par ailleurs vivement critiqué le port du masque, qui entraîne de nombreux dégâts, à plusieurs niveaux. Pour elle, le masque est d’abord « une maltraitance physique et psychique », les chiffres et des études le prouvent et l’OMS l’a aussi rappelé. « Même un chien ne porte pas une muselière huit heures par jour », a-t-elle lancé en guise de comparaison. Sans compter que « dès le plus jeune âge, on observe des retards de parole en maternelle liés au port du masque chez les adultes », pointe-t-elle.

Un autre facteur observé est le manque de discernement de certains enseignants, qui humilient et mettent une « pression inutile et dangereuse sur leurs élèves », par exemple lorsque ceux-ci ont le masque sous le nez dans la cour. D’ailleurs, on observe une conséquence à ces agissements, « cela engendre méfiance, paranoïa, climat de délation » chez les jeunes, s’indigne-t-elle, précisant que cela les conditionne « à être la pire version d’un être humain : malade et mauvais ». « On en fait des psychotiques désocialisés, des dépressifs, ou de futurs adultes violents », blâme-t-elle.

« On leur transmet la peur, la culpabilité, et la déshumanisation »

La liste des dommages collatéraux à cette crise sanitaire est vertigineusement longue : l’obsession du virus, les phobies scolaires, les troubles d’apprentissage, la tristesse, l’anxiété, l’insomnie, la colère, les troubles alimentaires, la désocialisation, l’addiction aux écrans, sans oublier les multiples pensées négatives chez les enfants telles que l’idée qu’ils sont dangereux, que l’autre est un danger, que le toucher est mauvais.

« On leur transmet la peur, la culpabilité, et la déshumanisation », regrette amèrement Marie-Estelle Dupont qui voit les consultations psy et les hospitalisations en pédopsychiatrie exploser, avec de surcroît, une augmentation considérable de tentatives de suicide chez les moins de 15 ans. « Certains services de pédopsychiatrie ont vu les admissions multipliées par trois ou quatre l’année dernière », souligne-t-elle et « il est temps de mettre fin à des décisions qui montent chacun les uns contre les autres et terrorisent nos petits, qui prennent sur eux, mais craquent ». Selon elle, « on déplace le problème », puisqu’on ne préserve « ni les enseignants ni l’hôpital » et que les conséquences sont coûteuses pour tout le monde.


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