L’épouse de Gao Zhisheng, avocat chinois des droits de l’homme disparu depuis cinq ans, promet de continuer les recherches

26 août 2022 Mis à jour: 26 août 2022
FONT BFONT SText size

Gao Zhisheng, surnommé « la conscience de la Chine », a disparu alors qu’il était assigné à résidence en 2017. Cela fait cinq ans et sa femme, Geng He, poursuit ses recherches.

Geng a récemment partagé ses réflexions sur la recherche de Gao auprès de l’édition en langue chinoise d’Epoch Times.

Elle a toujours admiré son mari pour sa grande sagesse et sa persévérance à défier le régime communiste. Les recherches pour le retrouver se poursuivront autant qu’il le faudra.

Les recherches continuent

Geng a déclaré qu’un ami s’était rendu dans la ville natale de Gao le 9 août dans l’espoir de trouver des réponses à certaines pistes. Cependant, la visite a été écourtée en raison de très fortes pluies.

La famille a engagé des avocats pour rechercher Gao via différents réseaux, tels que les bureaux de la sécurité publique, l’Association des avocats de Pékin et le ministère de la Justice, mais les demandes des avocats ont été rejetées en raison de l’absence d’un avis de détention. Gao avait été emmené contre son gré et les autorités n’ont émis aucun avis de détention. Pour l’heure, il n’y a aucune trace de lui.

La famille est inquiète

En 2009, Geng a fui la Chine avec sa fille de 16 ans et son fils de 5 ans, avec l’aide de groupes religieux clandestins. Les États‑Unis leur ont offert l’asile.

Elle n’a pas contacté ses proches en Chine depuis six mois, car chaque appel téléphonique sert de prétexte pour le régime pour les harceler.

« Jusqu’à récemment, je ne savais pas que le régime avait confisqué les cartes d’identité de tous les membres de ma famille juste après que j’ai quitté la Chine », dit‑elle. Le régime cherche à intimider sa famille pour qu’elle arrête de rechercher Gao.

En Chine, sans carte d’identité, on ne peut pas même acheter un ticket de bus. Le beau‑frère de Geng, gravement malade, s’est suicidé en avril 2021 car, sans pièce d’identité, il ne pouvait pas obtenir d’ordonnances pour son traitement contre le cancer. Les autorités ont refusé de lui rendre sa carte d’identité à cause d’appels téléphoniques que Geng avait passés à sa sœur.

La sœur aînée de Gao s’est suicidée en mai 2020. Elle était déprimée après des années de harcèlement par la police et la disparition de son frère.

Geng a déclaré que sa famille ne lui a pas dit ce qui s’était passé pendant très longtemps, car les autorités les auraient davantage persécutés s’ils l’avaient tenue au courant.

Geng a déclaré : « Je me sens coupable d’avoir mis tous les membres de ma famille dans une situation aussi difficile et éprouvante. »

Geng He, l’épouse de l’avocat des droits de l’homme Gao Zhisheng, et ses deux enfants, son fils Tiangyu (au c.) et sa fille GeGe (à dt.), lors de son arrivée à New York le 14 mars 2009. (Epoch Times)

Portrait de Gao réalisée au moyen de balles vides

Le 20 juin, Geng a publié sur son compte Twitter une vidéo la montrant avec ses enfants en train de réaliser un portrait de Gao à l’aide de douilles de balles vides.

Ce type d’activité lui apporte du réconfort. La famille s’y adonne pour ne jamais oublier de sauver Gao. Depuis cinq ans, la peur et la culpabilité « sont la norme » dans la vie de cette famille, explique‑t‑elle.

Ils se rendront à Washington vers le 20 septembre pour une série de conférences de presse et dévoileront le portrait au Musée des Victimes du communisme.

Geng explique que le portrait de Gao est aussi destiné à éclairer un peu ses enfants.

Les violations des droits de l’homme commises par le PCC : un nouveau tournant

La disparition de Gao est considérée comme un cas emblématique des violations des droits de l’homme commises par le régime communiste.

Sous le Parti communiste chinois (PCC), la population est brutalisée au quotidien.

« Afin de maquiller ses crimes, d’un côté le PCC persécute les dissidents avec des moyens terrifiants. D’un autre côté, il inonde le monde de ses réseaux d’influence et de corruption », a‑t‑elle déclaré.

Elle souhaite que les pays civilisés travaillent ensemble pour mettre fin à l’influence dangereuse du PCC.

Le 15 septembre, elle participera à une manifestation organisée au Texas en l’honneur du 20e anniversaire de la China Aid Association. Geng espère attirer l’attention sur le cas de son mari lors de l’événement.

La conscience de la Chine

Geng ne manque jamais de rappeler le courage de son mari, qui a défié le régime. Elle a déclaré : « Il les voit clairement, et il ne se soumettra pas à eux ; il ne coopérera pas, ni ne fera de compromis. »

Geng a mentionné un dialogue entre Gao et un fonctionnaire, qui, selon elle, mérite d’être connu.

Alors qu’il était emprisonné, la police essayait de le faire changer de position, envoyait différentes personnes, tentait diverses méthodes de torture. Un jour on essaya même de l’amadouer à base de balles de pistolet enrobées dans du sucre. Rien de tout cela ne fonctionnait.

Finalement, un haut fonctionnaire est venu le voir et lui a dit que la plupart des gens recherchaient soit la gloire, soit le profit. Gao a répondu qu’il ne voulait ni l’un ni l’autre. Le fonctionnaire a déclaré que le comportement de Gao n’avait plus rien d’humain.

Gao a répondu : « C’est pour préserver mon nom, pas pour coopérer avec les puissants. Il est inapproprié de dire que je n’étais pas intéressé par l’argent, car j’avais plusieurs propriétés à Pékin. »

Geng a expliqué qu’à Pékin, Gao ne lui parlait jamais des affaires qu’il traitait en tant qu’avocat. Elle n’a pu faire le bilan de ses dossiers qu’après avoir quitté la Chine. « Il ne me disait rien, de peur que je m’inquiète. »

Grace Ge (GeGe) , fille de l’avocat des droits de l’homme Gao Zhisheng, lors d’une conférence de presse le 17 septembre 2014, devant le Capitole à Washington, D.C. À côté d’elle se trouve le membre du Congrès Chris Smith (Parti républicain-New Jersey). (Tiffany Wu/Epoch Times)

Victimes des violations des droits de l’homme

Gao est devenu une victime de la persécution du PCC parce qu’il s’est occupé de multiples affaires relatives aux droits de l’homme en Chine, telles que les pratiquants de Falun Gong ou les victimes de démolitions forcées de propriétés. Il ne s’est jamais arrêté malgré les avertissements de l’Association des avocats de Pékin, ceux de l’appareil judiciaire et la répression qui s’est progressivement mise en place.

Enfin, en 2005, le Bureau de la justice de Pékin a fermé son cabinet d’avocats et lui a retiré sa licence. Il a été arrêté en août 2006 et condamné à trois ans de prison et cinq ans de probation pour incitation à la subversion.

Pendant cette période, la famille de Gao était constamment harcelée par la police. Des agents se sont même installés dans leur maison. Pendant les Jeux olympiques de 2008, sa fille n’avait pas le droit d’aller à l’école. Toute cette pression a finalement poussé Geng He à fuir la Chine avec ses enfants.

Le 13 août 2017, Gao a soudainement disparu alors qu’il était assigné à résidence.

Depuis plus de cinq ans, le régime ignore les requêtes internationales qui l’exhortent à révéler l’endroit où se trouve Gao.

Haizhong Ning et Hong Ning ont contribué à cet article.

***
Chers lecteurs,
Abonnez‑vous à nos newsletters pour recevoir notre sélection d’articles sur l’actualité.
https://www.epochtimes.fr/newsletter

Soutenez Epoch Times à partir de 1€

Comment pouvez-vous nous aider à vous tenir informés ?

Epoch Times est un média libre et indépendant, ne recevant aucune aide publique et n’appartenant à aucun parti politique ou groupe financier. Depuis notre création, nous faisons face à des attaques répétées pour faire taire nos informations. C'est pourquoi, nous comptons sur votre soutien pour défendre notre journalisme indépendant et pour continuer, grâce à vous, à faire connaître la vérité.

Recommandé