Législatives tchèques: Les communistes risquent une défaite historique

6 octobre 2021 Mis à jour: 6 octobre 2021
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Une vidéo intitulée « Adieu camarades » est devenue virale à la veille des législatives tchèques de vendredi et samedi, qui risquent d’évincer du parlement le Parti communiste, 32 ans après la chute du régime lors de la révolution de velours de 1989. 

Le clip montre une file d’attente devant l’épicerie et rappelle les longues queues omniprésentes à l’époque de l’économie planifiée communiste dans l’ancienne Tchécoslovaquie, entre 1948 et 1989.

Risque de se retrouver sans aucun député

Plus de trois décennies après le renversement du régime totalitaire, le parti communiste de Bohème et Moravie (KSCM) risque de se retrouver sans aucun député, pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

« Leur base électorale est en train de disparaître ou de les quitter au profit d’autres partis », explique à l’AFP Otto Eibl, chef du département de sciences politiques à l’université Masaryk de Brno.

« Ils ne sont manifestement pas en mesure de se renouveler pour assurer leur survie », souligne-t-il.

Selon les sondages, les communistes tchèques risquent de ne pas franchir le seuil d’éligibilité des 5%, dans ce scrutin qui va tester sa capacité de séduire de jeunes électeurs.

Exode de ses membres et ses électeurs

Le parti communiste de Bohème et de Moravie est aussi confronté à un exode de ses membres et ses électeurs qui lui reprochent son soutien au gouvernement actuel du milliardaire populiste Andrej Babis.

Il a déjà essuyé de lourdes pertes lors des élections régionales l’année dernière.

Katerina Konecna, députée communiste tchèque au Parlement européen, admet que son parti n’a pas réussi à s’adapter à un système politique démocratique dans lequel « les partis qui gagnent sont ceux qui arrivent à se vendre ».

Son président Vojtech Filip, à la tête du parti communiste tchèque depuis 2005, a juré de partir après les élections. Il avait rejoint l’organisation en 1983.

Peu de choses ont changé au fil de ses mandats successifs.

Il y a trois ans, les communistes ont accepté, après trois décennies passées dans les rangs d’opposition, l’offre du Premier ministre milliardaire Andrej Babis de soutenir tacitement le gouvernement minoritaire de son mouvement populiste ANO (pour « Action des citoyens mécontents » et dont le sigle se prononce « oui » en tchèque), avec les sociaux-démocrates de gauche.

 M. Babis cité dans l’enquête des Pandora Papers

Classé sixième fortune tchèque par l’hebdomadaire financier « Euro », M. Babis fait partie des 35 hommes politiques impliqués dans l’enquête des Pandora Papers, publiée dimanche par des médias du monde entier où il est accusé d’avoir utilisé des paradis fiscaux pour cacher des millions ce qu’il nie catégoriquement, tout comme les accusations antérieures de conflit d’intérêts.

« En rejoignant le gouvernement, les communistes ont perdu leur statut de parti protestataire », observe Josef Mlejnek, politicologue à l’université Charles de Prague.

« Il y a maintenant des partis protestataires plus actifs, et en plus, Babis a récupéré une partie des électeurs retraités », dit-il à l’AFP.

Le Premier ministre populiste, un ancien communiste répertorié comme collaborateur de la police secrète communiste dans les années 1980, a courtisé les électeurs de gauche et de droite avec des augmentations de retraites et d’autres avantages.

« Andrej Babis a une excellente équipe de marketing »

« C’est un énorme rival, un énorme problème. Andrej Babis a de l’argent et une excellente équipe de marketing, ce qui fait défaut au Parti communiste », reprend Mme Konecna.

Mme Konecna, qui peut se targuer d’avoir probablement « la plus grande portée sur les réseaux sociaux de tous les membres du parti » avec 20.000 sympathisants sur Facebook, convient que le parti manque cruellement de sang neuf.

« Ce ne sera pas facile, mais j’ai déjà une équipe de jeunes communistes qui travaillent dur », dit-elle.

MM. Mlejnek et Eibl s’accordent à dire que si les communistes sont évincés du parlement, ils n’y reviendront jamais plus. « Ce serait le terminus pour les communistes », prévient M. Eibl.

 

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